Si l’allocution du président de Transition Mahamat Idriss Deby a sonné fort lors du dîner offert aux politico-militaires signataires de l’accord de Doha, beaucoup d’entre eux restent sceptiques entre un discours très sincère prononcé à leur égard et le sort qui leur est réservé depuis leur arrivée à N’Djamena.

Il est fort frustrant de voir très clairement que la majorité des promesses faites aux politico-militaires à Doha quand les travaux étaient finis, et le contraste saisissant à N’Djamena. Les promesses tenues ne sont pas traduites dans les faits.

Parmi les politico-militaires, prenons l’exemple de l’UFDD qui se trouve empêtré à courir derrière l’ex-CODNI pour satisfaire certaines choses propres aux travaux. Comme certains camarades, aucun véhicule n’est mis à disposition de leurs membres en dehors de ce que prévoit le protocole pour les allers-retours à la salle où se tient le dialogue. Pourtant à certains groupes des véhicules sont mis à disposition, les perdiems payés en avance pour certains, ou encore un groupe est assez privilégié, car il a reçu deux ses perdiems tandis que plus de la moitié des délégués de l’UFDD n’ont rien reçu jusqu’à présent (dimanche 04 septembre 2022).

Qui sont ceux qui à la présidence sous les pieds de Mahamat Kaka font des affaires entre les locations des véhicules de leurs parents, leurs amis, et coupent les perdiems de certains groupes politico-militaires, et continuent dans l’impunité la plus criante. Il a fallu venir à N’Djamena pour constater de visu l’injustice caractérisée de certains qui se disent responsables, qui se servent de l’État au lieu de le servir.

Il a aussi dit à l’endroit des politico-militaires qu’il faut en urgence prendre son billet et venir rapidement avant l’ouverture du dialogue le 20 août dernier. Qu’il faut venir et les billets seront remboursés rapidement sur place. Une infime des politico-militaires auraient obtenus le remboursement après des pressions par connaissance interposée, mais le problème reste entier.

Si le problème persiste encore, c’est par la faute des méthodes affairistes que font certains responsables au sommet de l’État et ces personnes sont connues.

L’UFDD a accepté d’aller dans le sens de la paix, en étant la locomotive à Doha, et c’est qui résulte de son comportement fier et digne à N’Djamena. Certains s’évertuent à la pousser dans ses retranchements en voulant la pousser à la faute. Ceux-là mêmes qui font semblant d’être dans la démarche du PCMT, mais qui restent de vrais saboteurs, jouant de l’arithmétique et s’enfonçant dans le communautarisme.

Il faut vite rétablir le seuil de confiance, parce que ces comportements n’aident aucun facteur d’adhésion d’un groupe s’il arrivait à savoir qu’on se joue de la confiance des gens, et l’absence de la parole donnée.

La paix à un prix, et vouloir saboter tout processus tient simplement à un fil. Généralement ceux qui sabotent ont toujours une avance sur la sincérité.

 

Allocution du PCMT à l’occasion du diner offert aux groupes armés signataires de l’accord de Doha.

Officiers Généraux, membres du Conseil Militaire de Transition ;

– Monsieur le Président du Conseil National de Transition ;

– Monsieur le Premier Ministre de Transition ;

– Messieurs les Présidents des Grandes Institutions de la République ;

– Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement ;

– Chers frères signataires de l’accord de Doha ;

– Distingués invités ;

– Mesdames, Messieurs.

C’est avec un grand plaisir et une profonde fierté que je vous retrouve mes chers compatriotes, ce soir, pour la toute première fois, dans cette enceinte symbolique de la République, après la signature officielle de l’Accord de Paix de Doha.

En cette circonstance heureuse, je ne saurais me priver de rendre grâce à Dieu, le Tout Puissant, pour cette grande bénédiction qui se traduit à travers les présentes retrouvailles fraternelles et cordiales.

Au nom du Peuple Tchadien, du Conseil Militaire de Transition, du Gouvernement et au mien propre, je tiens à souhaiter à vous tous, la cordiale bienvenue chez vous, auprès de vos familles respectives que, j’espère, vous avez retrouvées dans la joie et la santé.

Ici, vous êtes à la maison, chez vous-mêmes, sur la terre de vos aïeux, le pays de Toumaï, le berceau de l’humanité.

– Chers frères et sœurs ;

– Mesdames, Messieurs.

Une fois de plus, je tiens à saluer le choix de la raison que vous avez fait en acceptant de signer l’Accord de Paix de Doha et vous en remercier vivement.

Merci d’avoir entendu les pleurs des orphelins et les larmes des veuves. Merci d’avoir contribué à allumer la flamme de l’espoir au profit d’un peuple qui a trop souffert de la guerre.

Ce sursaut patriotique permet, aujourd’hui, votre participation à cette grande rencontre nationale entre Tchadiens, de tous les horizons, autour de la table de la réconciliation, de la paix, de la fraternité et du dialogue pour discuter sereinement de l’avenir de notre pays.

– Chers frères et sœurs ;

– Mesdames, Messieurs.

Beaucoup parmi-vous ici présents, ont pris le chemin de l’exil et de la lutte armée alors que, personnellement, je faisais mes premiers pas dans la vie.

Comme moi, beaucoup d’autres jeunes tchadiens n’ont connu que la guerre et ses dérivés de violences, de destructions et de morts. Chacun de nous ici présents et l’ensemble des familles tchadiennes ont goûté l’amertume de la perte des êtres chers.

De manière schématique, notre pays n’a connu que la guerre depuis son indépendance. Alors, si la guerre est un trophée, le Tchad en serait le champion. Malheureusement, il n’y a ni trophée, ni triomphe dans l’effusion du sang. La guerre ne produit, en définitive, que de la désolation, de la destruction et de la déchirure.

Ce cycle infernal de guerre doit s’arrêter dans notre pays. Tous ensemble et résolument nous devons aspirer à la paix, agir dans la promotion de la paix, pour que nous puissions vivre en paix, dans notre propre pays et profiter des potentialités dont Dieu a doté notre béni pays.

– Chers frères et sœurs ;

– Mesdames, Messieurs.

Aucune paix véritable n’est possible tant et aussi longtemps qu’il subsiste en nous, des petites querelles intestines, des petites luttes égoïstes, des petites rancœurs entretenues, des petites revanches voulues et des petites discordes semées.

Il nous faut LIBERER nos cœurs de tout ce qui fragilise la paix. Il n’y a pas de raison que nous n’y arrivons pas, si sous d’autres cieux lointains nous contribuons, à notre corps défendant, au retour et à la construction de la paix. Cette paix doit être construite et consolidée d’abord et avant tout, chez-nous-mêmes et pour nous-mêmes.

Le plus difficile c’est de commencer à agir dans cette direction. Sur les traces de Doha, je vous invite à continuer à privilégier l’intérêt supérieur du TCHAD pour léguer à la postérité, un pays havre de paix où il fait bon vivre.

Je vous convie à rêver avec moi d’un TCHAD où les Tchadiens se donnent la main et discutent ensemble en frères sans se regarder dans la méfiance et l’incompréhension. Ce TCHAD est possible et à notre portée, œuvrons-y.

– Chers frères et sœurs ;

– Mesdames, Messieurs.

Le Tchad est UN, UNI ET INDIVISIBLE. Il en était ainsi HIER, il en est ainsi AUJOURD’HUI et il en sera ainsi DEMAIN.

Il n’y aura ni deux Tchad, ni deux peuples tchadiens. Le Tchad restera un, uni et indivisible à jamais.

Attention à ces officines étrangères et à ces divisionnistes tchadiens, tapis dans l’ombre, qui rêvent de compromettre l’Unité du Peuple Tchadien, et de disloquer l’Unicité de la République du TCHAD. Ceci est une ligne rouge.

Ces mêmes officines étrangères qui usent et abusent de la religion pour diviser les peuples et les pays ont réussi à disloquer l’unicité légendaire d’un grand pays voisin et rêvent de reproduire la même chose au Tchad, en manipulant certains esprits naïfs qui croient que la force du Tchad est dans sa division. Ils se trompent largement.

Nous serons sans pitié face à toute tentative de division, de quelconque nature que ce soit et d’où qu’elle vienne.

Ceux qui pèchent dans la misère de la jeunesse, payent des consciences innocentes parmi les jeunes, brandissent des slogans de divisons et agissent par procuration pour diviser de notre cher, grand, beau et uni pays seront traqués, démasqués et mis hors d’état de nuire par toutes les voies légales.

– Chers frères et sœurs ;

– Mesdames, Messieurs.

Fidèle à mon engagement de demeurer ouvert au dialogue, je lance une fois de plus, du haut de cette tribune, un nouvel appel patriotique à mes frères politico-militaires qui hésitent encore à rejoindre les assises du Dialogue National Inclusif et Souverain.

L’État garantira leur sécurité, leur protection et leur pleine participation à cet ultime rendez-vous de la refondation de notre République.

Dans l’esprit de l’Accord de Doha, vous aurez le choix de faire de vos formations politico-militaires des partis politiques légaux afin que vous puissiez, présenter, au moment venu, vos projets de société au suffrage souverain des tchadiens en participant aux élections libres, crédibles et démocratiques en perspectives.

Je tiens à vous assurer, en outre, que le Gouvernement respectera tous les engagements contenus dans l’Accord de Doha et j’en appelle au respect strict dudit accord par toutes les parties prenantes.

Le Tchad de demain ne se construira qu’avec l’apport collectif et le génie créateur de toutes les forces vives de la Nation.

– Chers frères et sœurs ;

– Mesdames, Messieurs.

Aux frères et sœurs encore sceptiques de l’intérieur, je leur demande de ne pas rater la marche de l’histoire, l’ultime rendez-vous du nouveau départ pour notre pays qui se tient actuellement et réunit l’écrasante majorité des composantes de notre peuple.

Toucher des miettes pour monter au balcon de l’illusion et de la division, c’est un choix mais aller dans la salle où se tient le rendez-vous de l’histoire et participer avec l’ensemble des représentants de la Nation à tracer les sillons du Tchad de demain, c’est encore mieux et patriotique.

– Chers frères et sœurs ;

– Mesdames, Messieurs.

Le Conseil Militaire de Transition n’est pas venu au pouvoir par la Force. Nous n’avons pas versé une seule goutte de sang tchadien. Nous n’avons pas l’intention de verser le moindre sang au sortir de cette Transition inclusive, consensuelle apaisée et exemplaire.

Nous avons la ferme conviction qu’il est, tout à fait, possible de parvenir à la normalité constitutionnelle dans la paix, la sérénité et l’harmonie.

Nous nous attelons à la création des conditions idoines à l’accession au pouvoir par les moyens pacifiques, à travers la tenue d’un Dialogue Nationale Inclusif et Souverain, qui en détermine, en toute souveraineté, les règles qui seront exécutoires.

Tournons la page de notre passé douloureux et écrivons une nouvelle page d’amour, de paix, de cohabitation, de vivre-ensemble et de justice sociale.

Oui ! Ce Tchad est possible. Que Dieu nous fortifie dans notre démarche inclusive pour sceller la paix, définitivement, dans ce beau et grand pays.

Que Dieu Vous Bénisse

Que Dieu Bénisse le Tchad

Je vous remercie

03 septembre 2022

 

Correspondance pour Tchadanthropus-tribune

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