La juniore britannique, nouvellement arrivée au Tchad, compte tout mettre en œuvre pour se faire apprécier des autorités du pays. Elle prépare le développement de projets d’électrification gigantesques sur sa zone de production de Doba et à proximité de N’Djamena.

Enfin à la tête, depuis le 1er juin, des participations d’ExxonMobil et Petronas sur les gisements tchadiens de Doba, la junior britannique Savannah Energy commence déjà à avancer ses pions pour se faire bien voir des autorités de transition dirigées par Mahamat Idriss Déby, dit « Kaka« . La signature, le 27 mai, d’un protocole d’accord entre le ministre du pétrole, Djerassem Le Bémadjiel, et le directeur général de Savannah Energy, Andrew Knott, portant sur deux projets d’électricité renouvelable de 500 MW va contribuer à instaurer de bonnes relations avec les autorités et la population tchadiennes.

Du fait des craintes de ses salariés, qui redoutaient de perdre leur emploi ou de voir leurs avantages sociaux rognés, ExxonMobil avait eu toutes les peines du monde à mener à terme son désinvestissement. Après les manifestations de son personnel, la firme s’était résolue, à la fin de l’année 2021, à fermer temporairement le site de Komé et avait aussi fait le choix de remplacer en catastrophe sa directrice générale Carole Gall par Cécile Rauline (AI du 14/03/22).

Pourquoi électrifier ?

Savannah Energy travaille sur deux centrales solaires au Tchad. L’une à Komé, dans la zone de production, remplacera, à terme, celle qui fonctionne au pétrole brut. Depuis 2003, année du début de la production, ExxonMobil consommait entre 3 000 et 4 500 b/j pour cette centrale permettant ses activités d’extraction. Savannah veut ainsi éviter ce gaspillage et vendre sur les marchés internationaux le brut jusqu’alors brûlé pour la production d’électricité.

Il fait ainsi coup triple : plus de revenus, meilleur respect de l’environnement et accroissement du nombre de Tchadiens bénéficiant du courant dans la zone de production (Moundou et Doba) puisque la centrale générera 300 MW, ce qui dépasse largement la capacité de l’actuelle centrale au brut, et la classe comme la plus importante centrale solaire du continent, hors Afrique du Sud. Savannah Energy ne compte pas s’arrêter là et envisage de construire deux autres centrales solaires de 100 MW chacune pour alimenter la capitale N’Djamena et doubler ainsi la génération actuelle de la plus grande ville du pays.

L’équipe Perenco aux affaires

Andrew Knott et son vice-président, Yacine Wafy, ont choisi comme directeur Tchad de Savannah Energy, Nicolas de Blanpré. Ce dernier a été chaudement recommandé par le directeur des opérations de Savannah Energy, Antoine Richard, ainsi que par le directeur des opérations au Niger et Nigeria, Yannick Le Bloa. Les trois sont tous des anciens de la société familiale française Perenco.

Également sur les rangs pour acquérir les actifs d’ExxonMobil et Petronas, Perenco a tout tenté pour faire échouer le deal avec Savannah, et cela d’autant plus que ses anciens salariés ont rejoint la junior britannique (AI du 14/03/22). Fortement implanté dans les pays francophones africains, Perenco n’avait pas de présence au Tchad jusqu’à son rachat de Caracal Energy (Glencore) fin 2021.

Tchadanthropus-tribune avec Africa intelligence

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