Le syndicat national du secteur pétrolier PETROSYNAT menace d’entrer en grève d’ici à la semaine prochaine. Dans un communiqué du 12 août, le syndicat donne un préavis d’une semaine au géant pétrolier chinois CNPC – Chinese National Petroleum Company – pour prendre en compte ses revendications. Au-delà de la CNPC, ce sont les entreprises à capitaux chinois implantés sur le sol tchadien qui sont visées.

Le syndicat demande surtout à ce que l’entreprise chinoise respecte ses engagements, notamment la prise en charge des frais médicaux de ses employés, qui figure dans le contrat de travail, mais n’est pas toujours assuré par l’employeur.

« Il y a des délais. C’est-à-dire que, vous achetez le médicament, ça va prendre un mois, deux mois, avant d’être remboursé. Pourtant, nous n’avons pas les moyens : nous gagnons en deçà de 500 000 francs ! », s’exclame rappelle Issangwaï Djimasra, membre de l’Union des syndicats du Tchad.

Mais la revendication phare du syndicat est ailleurs : il exige de la CNPC un meilleur traitement des employés tchadiens. Un problème commun à toutes les entreprises chinoises implantées dans le pays, comme le dénoncent les syndicats. « Les employés nationaux qui travaillent dans les entreprises à capitaux chinois sont très maltraités d’un point de vue salarial », souligne Issangwaï Djimasra.

En cause, la rémunération inégale entre les salariés tchadiens et expatriés – qu’ils soient Français, Soudanais ou Indiens par exemple -, comme l’explique Koba Gnavourbé, délégué du personnel à la CNPC. « Le travailleur tchadien est moins bien rémunéré que les expatriés. Alors qu’un salarié tchadien gagne 500 000 francs CFA tout au plus, un Français, un Soudanais ou un Indien gagne 9 millions de FCFA ». Contactée par RFI, la compagnie pétrolière chinoise CNPC n’a pas répondu à nos questions.

Ces deux poids de mesure est au cœur des débats au Tchad : en avril dernier, une commission d’enquête parlementaire a été mise en place sur la situation des travailleurs tchadiens dans les entreprises chinoises. Mais ses conclusions ne sont toujours pas connues.

RFI

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