Lorsque nous avions entendu parler du recrutement à la raffinerie de Djarmaya, nous étions vraiment enthousiasmés et motivés à contribuer d’une manière ou d’une autre à l’émergence de notre cher pays. Ainsi donc certains d’entre nous qui auparavant travaillions avec les grandes compagnies comme Schlumberger, Glencore, Esso et gagnions mieux que la raffinerie avions démissionné de nos postes pour rejoindre la raffinerie de Djarmaya. L’objectif visé était la nationalisation rien que celui-ci.

Une fois retenus comme employés via le cabinet Africa Consulting et après un an d’intense formation par une institution internationale dénommée IRA, nous étions affectés dans nos unités respectives de production.

Arrivés sur le terrain, c’était une guerre froide avec les Chinois, ils nous refusaient catégoriquement de toucher à un instrument voire à une verrerie.Tous les logiciels, les manuels, les registres étaient en chinois. Ils se cachaient même pour effectuer certaines opérations. C’était vraiment un grand défi à relever. Vu le fâcheux comportement des Chinois à notre égard, nous avons compris qu’avec ces gens là il n’y aura point de transfert de technologies mais plutôt d’arrachement des postes.

Ayant compris le système, nous avons constitué rapidement une équipe dynamique engagée et complice avec nos anciens (les Tchadiens). Petit à petit, nous sommes parvenus à traduire les manuels, les cahiers de registre, à décrire les procédures…. C’est ainsi qu’après des couteaux tirés que nous nous sommes parvenus à nous imposer et à travailler au même titre que les techniciens chinois. La nationalisation était bien visible et notre compétence était bien remarquable.

De ce fait, les Chinois ayant senti que la présence de leurs techniciens est insignifiante, ont voulu chercher des poux sur nos têtes. Ils nous ont soumis à un test d’opération sans aucune intervention chinoise pendant plus de trois mois. Nous avons bien passé ce test, aucune reproche nous ait faite et le défi était relevé. C’est pourquoi 50 opérateurs et techniciens chinois devraient rentrer en décembre 2019 et les autres progressivement.
Vu le sacrifice, le travail acharné des nationaux et la pression de l’ex DGA, les Chinois n’avaient d’autres choix que de laisser la place aux nationaux.

Tout allait à merveille jusque le jour oú une certaine Valerie Commelin vient à la tête de la raffinerie comme DGA. Aussitôt arrivée, les Chinois renoncent à l’idée de la nationalisation des postes de techniciens à la fin de décembre 2019 et décident de la ramener à contrecourant. Facilement manipulable et insouciante du programme politique et social du Chef de l’Etat, Valerie se lance dans la manoeuvre orchestrée par les Chinois en ramenant les fabriqués des Chinois Allafi Emmanuel Nadingar et Mennal Zakaria à la tête de la ressource humaine.

C’est ainsi qu’ils ont mis en marche un rouleau compresseur des nationaux afin de stopper la nationalisation de notre unique raffinerie en renvoyant sans aucun motif et d’une manière brutale plus de 62 techniciens. Ils n’ont ciblé que les unités techniques où la nationalisation a beaucoup plus avancé. Par exemple l’unité de Distribution de l’électricité renvoie 6/6, le laboratoire 9/10, l’unité d’épuration d’eau 5/6,… Ils ont réussi leur coup pour l’instant mais qu’ils sachent qu’ils ont gagné la bataille et non la guerre. Nous ne nous laissons pas faire, pire encore sur notre sol, nous lutterons corps et âme jusqu’à ce que la justice soit faite.

Peu importe tout ce macabre, tout ce découragement. Nous ne baisserons jamais les bras, inchAllah vaille que vaille avec l’intervention des vrais patriotes nous reviendrons et progressivement d’autres nous suivront afin de pouvoir atteindre l’objectif visé, celui de la nationalisation de notre unique raffinerie. Ce qui est rassurant c’est que Dieu est au contrôle de tout et il nous suffit comme garant.

Achta Hamid Saleh

Tchadanthropus-tribune

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