Au contact du Tchad profond le 10 juin dernier, plus précisément dans la région du Mandoul, à Koumra puis à Bol, le chef de l’Etat Idriss Déby a réuni les autorités administratives, les chefs traditionnels, les jeunes, les femmes, les responsables de la société civile et les dignitaires religieux pendant 150 minutes (deux heures et trente minutes) de discussions axées sur le développement de la région. 

Si l’ambiance était "très relaxe", des salves d’applaudissements et un discours élogieux du gouverneur Natoingar Baïnodji Barthélemy qui souhaite que "la population demande à Dieu Tout Puissant de (lui) accorder une longue vie et attend de l’élire encore en 2031 lorsque le Tchad sera un pays émergent", le chef de l’Etat est passé aux choses sérieuses, des vérités ont été dites et des remontrances faites à qui de droit.  

Intervenant peu avant le Président de la République, dans un discours, le gouverneur de la région du Mandoul, Natoingar Baïnodji Barthélemy a souligné que sa région se porte bien, le climat politique délétère s’est raffermi et ses fils regardent ensemble vers la direction de son essor socio-économique. « Le Mandoul vous soutient pour vos réalisations en faveur de la région ». Mais le chef de l’Etat ne semble pas être du même avis. 

La nouvelle stratégie d’Idriss Déby lors de ses déplacements 


Le Président Idriss Déby a adopté une nouvelle stratégie lors de ses déplacements qu’il dévoile. Elle consiste à informer de ses voyages à la dernière minute pour écarter la meute de délégations. « J’avais informé le gouverneur de la région du Mandoul de ma venue à Koumra, une heure trente minutes avant le décollage de mon avion de N’Djamena », a déclaré le Chef de l’Etat en l’entame de la rencontre.

 
Justifiant le pourquoi de cette stratégie, le Président de la République affirme : « il m’a été donné de constater que lorsque j’entreprends une tournée à l’intérieur du pays, je suis envahi par une meute de délégation venant de N’Djamena qui s’interpose entre moi et vous, du Tchad-profond. J’ai adopté cette stratégie en laissant sur le carreau à N’Djamena ce groupe pour me mettre d’échanger directement avec vous sans intermédiaire ». 

"J’ai l’impression d’être seul"

 
Se confiant à ses frères et sœurs du Mandoul, sur les multiples malversations et/ou détournements constatées dans la gestion des projets d’ouvrages et infrastructures socio-éducatives de basés initiés en faveur de la population sur l’ensemble du territoire national et la ville de Koumra en particulier, le Chef de l’Etat a déclaré dans un ton émouvant « Je ne suis pas du tout aidé dans la gestion de la chose publique. J’ai l’impression d’être seul. Sauf Dieu qui me soutient ». Chacun veut s’enrichir vite sur le dos des contribuables. « De grâce aimons le Tchad », a martelé le Chef de l’Etat. « Votre pays est l’unique au monde qui consacré 70% de son budget national au financement des infrastructures », a-t-il confié. 

Déby contraint de renoncer au chemin de fer par les interférences des puissances étrangères

Le Président de la République a affirmé rêver d’une chose, celui de voir les principales villes du Tchad relier entre elles par un chemin de fer. Idriss Déby révèle que ce projet serait déjà réalité "n’eut été l’influence et les interférences des puissances étrangères" qui l’ont contraint à y renoncer. Cependant, Déby reste op titiste ; "Inch’Allah, je le réaliserai car je trouve que c’est un moyen puissant de désenclaver le Tchad. Le développement du Tchad viendra de nous-mêmes, pour nous-mêmes et les générations futures en bénéficieront", souligne-t-il.

 
De nouveaux chantiers pour 2016

 
En off, le chef de l’Etat qui a annoncé dans la foulée l’ouverture d’autres chantiers en faveur de la région du Mandoul en 2016, a soufflé "Je sais que je suis entouré par peu d’hommes intègres".

 
S’agissant des infrastructures, il s’agit notamment de la construction d’un pont sur le Barh-Sara à Moissala, la construction à Koumra, de 10 km supplémentaire de voiries urbaines et le démarrage des travaux de bitumage du tronçon Moissala-Koumra après la réception du pont sur le Bahr-Sara.

 
L’excision, une pratique rétrograde et moyenâgeuse

 
S’adressant aux notables au sujet de l’excision, une pratique rétrograde et moyenâgeuse, le Chef de l’Etat a dit sèchement au garant des us et coutumes de prendre dans nos traditions les valeurs positives et de reléguer aux calendes de grecques les inepties. La Loi frappera fort toute exciseuse et/ou notable qui cautionneraient cette pratique, a-t-il tranché. 


Le Président demande à privilégier l’agriculture au travail de domestique et annonce la mise à disposition de 3.000 tracteurs


A la jeunesse du Mandoul, le Président de la République les a exhortés à aimer le travail de la terre, la terre nourricière. La vallée du Mandoul est une richesse agricole qui n’attend qu’à être exploitée. « Mes filles et fils du Mandoul qui partent en masse à N’Djamena pour travailler comme domestique sont invités à mettre en exergue les richesses agricoles de cette vallée ». Pour actionner la mécanisation de l’agriculture tchadienne, le Chef de l’Etat a annoncé la mise à disposition de 3.000 tracteurs qui seront gérés directement par des groupements organisés et structurés.

  

Tchadanthropus-Tribune avec Alwihda-Info

 

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