Un certain « ras-le-bol » s’installe par un policier des unités spéciales engagé depuis plus de douze ans pour l’État tchadien.

Moukhtar Abdoulaye Atim, policier des unités spéciales à Ndjamena depuis plus de douze (12) ans, envoie une demande de rupture conventionnelle au ministère de la Sécurité publique. Selon lui, la corruption, les corrompus, et l’injustice ne chôment pas au sein de la Police nationale.

« Cela fait plus de douze (12) ans que je suis engagé dans la police. J’ai toujours voulu servir mon pays, le peuple tchadien et surtout lutter contre les injustices. Mon rôle est de protéger et servir la population tchadienne, être présent quand tout va mal, mais aussi quand tout va bien.

Depuis plus de dix ans, le rôle de la police n’est plus de protéger les droits et les libertés, mais plutôt de tous les détruire, comme le ferait le plus vil des oppresseurs.

De plus, l’instrumentalisation de la souffrance des policiers par les hauts responsables est passée sous silence. Certains policiers sont manipulés comme des marionnettes à la solde des hauts responsables politiques, profiteurs et malhonnêtes qui tirent les ficelles. Je ne sais pas s’il s’agit d’une guérilla ou d’une troupe de la sécurité privée réservée à ceux de hauts responsables politiques qui se trouve au sein de la Police nationale ?

Beaucoup des policiers souffrent de traumatismes psychologiques, mais ils n’ont aucune prise en charge. La majorité d’entre eux ne laisse rien paraître et continue à travailler normalement.

En plus, les policiers n’ont pas le droit de former de syndicat au Tchad. Si nous n’avons pas le droit de nous syndiquer, comment pouvons-nous faire passer nos revendications afin de dénoncer nos conditions de travail ?

Entre corruption, injustice, retards de salaire, des difficultés à se loger ou payer nos loyers et répercussions sur nos familles, la majorité des policiers sont endettés. Ces genres des conditions poussent les policiers à arnaquer la population.

Lorsqu’un Tchadien voit un policier, il se demande ce qui va lui arriver, les Tchadiens ne sont plus rassurés tellement qu’ils font face à la recrudescence d’escroqueries des policiers.

Plusieurs policiers déplorent également les conditions dans lesquelles ils ont démarré leur carrière parce qu’ils ne bénéficient pas de diverses promotions ni d’avancement au grade, car ils ne font pas partie des quelques privilégiés.

Est-ce que vous imaginez la décadence d’un pays comme le Tchad qui se dit démocratique ?

Je refuse de cautionner ce genre de dérives et encore moins d’être considéré comme un sous-citoyen. Ces oppresseurs se servent de notre souffrance dans la police. Ils ont dénaturé les missions auxquelles je me suis engagé.

J’ai beaucoup des choses à dévoiler sur les dangers de la corruption, de l’injustice et sur certains secrets de gens qui bossent à la Police nationale. Je pourrais en dire plus, mais je préfère me limiter à ce témoignage pour le moment.

Je déclare officiellement ma démission au sein de la Police nationale, car je refuse d’être témoin des corrompus. »

Moukhtar Abdoulaye Atim

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