Le président des Transformateurs Dr Succès Masra a réagi à la levée de la suspension de trois mois des sept politiques dont son parti après les événements du 20 octobre dernier. Il estime que cette décision est un non-événement et appelle à la fin du plan de succession dynastique au Tchad.

Il n’y aura pas fallu longtemps après l’annonce de la levée de suspension des 7 partis politiques qui ont appelé la manifestation du 20 octobre, réprimée dans le sang par l’armée pour que le président des Transformateurs réagisse. « Notre peuple est imperturbable face aux gesticulations du père et du fils », annonce Dr Succès Masra qui rappelle : « le père nous avait qualifiés de parti illégal pendant trois ans ». Est-ce que, se demande-t-il, « vous avez l’impression que cela a arrêté la marche à côté de ce peuple vers la terre promise de justice et d’égalité »? Sa réponse est « non » !

« Si pendant trois ans nous avons résisté à un père Maréchal, ce ne sont pas les gesticulations de trois mois, nous qualifiant maintenant de parti d’insurgés face à un pouvoir qui n’a pas été élu », qui va les gêner dans leur marche.

« Nous les laissons face à leur propre contradiction », précise le président des Transformateurs pour qui les autorités de transition ont crée de nouveaux problèmes et en essaient eux-mêmes de résoudre. « Ils croient ainsi donner l’illusion d’un progrès », fustige-t-il. Cette décision n’est qu’un « non évènement » et l’essentiel pour lui, « c’est pourquoi nous sommes arrivés à ce 20 octobre et toutes les conséquences qui s’en sont suivies ».

Cette situation est le fait que la junte a selon lui, « refusé d’honorer sa parole et a perdu son honneur, qui, en tuant massivement a perdu son âme ». Et la junte, complète-t-il, récidive « après le 27 avril 2021, le 20 octobre 2022 avec les mêmes méthodes montrent bien qu’on ne peut plus leur faire confiance ».

S’il estime que la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac) a clairement montré sa partialité, l’Union Africaine (Ua) aura montré sa faiblesse et son incapacité à décider a cause des influences. « Il ne reste que les Nations-Unies devant lesquelles nous avons porté ce sujet. Parce que nous ne croyons pas au système judiciaire à la solde de cette junte, nous avons porté le problème devant la Cour pénale internationale », révèle Dr Succès Masra.

Sur le plan judiciaire, il demande que la Cour pénale internationale fasse son travail. « Chacun doit expliquer pourquoi ils ont tué massivement des Tchadiens en ciblant une communauté, une communauté religieuse et des personnes venant d’une partie du pays », insiste-t-il.

 

De l’autre côté, note le président des Transformateurs « les Nations-Unies qui sont les seules garant de l’autodétermination des peuples », doivent statuer sur cette situation. « Ce combat qui est devant nous, c’est le combat entre la dynastie armée avec des accompagnateurs minutieusement choisis d’un côté et de la démocratie sur la base de la justice et de l’égalité de l’autre », précise-t-il.

Si ce plan de succession dynastique ne s’arrête pas, rappelle Succès Masra, « nous demandons solennellement au niveau des Nations-Unies, la rupture à l’amiable négociée sous l’égide des Nations-Unies pour qu’il y ait d’un côté, les Tchadiens qui croient à la dynastie armée avec les accompagnateurs qui se mettront ensemble et de l’autre côté, un 2ème Tchad où il y aura la démocratie avec des Tchadiens venant de toutes les régions, de toutes les religions et qui croient à l’autodétermination d’un peuple qui doit pouvoir choisir ses dirigeants », assure-t-il.

Le Tchadanthropus-tribune avec le pays

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