A peine 48 heures de son scandale dans la forêt de Farcha Millezi à la recherche des commissions dans une affaire louche, le ministre de la communication Oumar Yaya Hissein nous surprend une fois de plus. Il vient de reconduire l’ancienne équipe de la radio et télévision pour gérer le tout nouvel Office national des médias audiovisuels (ONAMA). Rappelons que le tandem Boukar Sanda-Adam Djibrine a été décrié pour son incompétence notoire, d’abord, à voix haute, par les députés, le 23 décembre 2018, lors de l’adoption du projet de Loi portant création de l’ONAMA. C’était une première d’entendre des parlementaires dénoncer presqu’à l’unanimité la mauvaise performance de l’équipe dirigeante d’un média public. Puis le 21 février 2019, lors de l’adoption en Conseil des ministres, du projet de décret portant organisation et fonctionnement de l’ONAMA, le Chef de l’Etat a particulièrement insisté sur « le professionnalisme et la compétence qui doivent guider cette structure ». Comble d’ironie, c’est le ministre Yaya, lui-même, qui a rapporté cette instruction du président de la république dans son compte rendu du Conseil des ministres de ce jour.

Quant au personnel de la radio et de la télévision, il n’a jamais caché son désarroi face à l’incompétence patente de l’équipe de la direction générale. Sa joie était perceptible lorsque les députés ont dit tout haut ce qu’il murmurait tout bas au sujet des tares de son dirigeant. D’ailleurs, un reporter en arabe aurait pris à ses dépens pour avoir traduit fidèlement le terme « échec » prononcé par les députés pour juger les résultats calamiteux de la direction générale de la radio et télévision. Boukar Sanda l’aurait suspendu sans aucun ménagement !

Revenons à notre ministre Yaya. En plaçant leur confiance en lui, les hautes autorités de la république ont de toute évidence voulu espérer une et une seule chose : rehausser le niveau de la profession dans les médias publics.

Pourquoi, alors, le ministre Oumar Yaya a osé cheminer en contrecourant des vœux du Chef de l’Etat et des honorables députés de la république ? Comment pourrait-il se justifier la prochaine fois qu’il se retrouverait devant l’Assemblée nationale ? Pourquoi vouloir vaille que vaille présenter le même plat périmé aux mêmes clients ? A-t-il réellement mesuré la portée de son acte ? S’agit-il d’une insouciance ou d’une incapacité de jugement ?

Tchadmedia croit avoir trouvé une explication à toutes ces questions : le ministre n’a pas le temps matériel de s’occuper de ce pour lequel il a été nommé. Il serait plus porter à courir derrière les affaires et les commissions.

En effet, nous étions le premier à révéler cette affaire rocambolesque d’un projet de lutte contre la vie chère. Nos confrères d’Alwihda, Tchadantropus, Tchad Today et bien d’autres en ont également fait écho. Un ministre de communication et de surcroit porte-parole du gouvernement censé encourager l’excellence se trouverait en pleine brousse en train de torpiller une initiative novatrice susceptible de soulager la souffrance de la population. Le ministre semble donc passer son temps à discuter affaire et commissions…très loin de son département ! Le bateau étant vide, serait-il étonnant de voir une horde d’incompétents à la manœuvre dans les médias publics ? Pas plus tard que deux semaines, les internautes tchadiens se sont frileusement déchaînés sur des bévues de la Télé-Tchad, extrêmement impardonnables sous d’autres cieux. Notre télé nationale s’est donc offerte en spectacle et en boucle pendant près de 72 heures en désignant des images parfois d’imminentes personnalités de la république par des noms différents. Des phrases entières mal construites ou des erreurs intolérables d’orthographes comme « AUREVIR » pour « au revoir », « de le CENSAD » pour « la CENSAD », etc.

Au moment où tous les hommes de média du pays se préparent à réfléchir ce 3 mai sur les défis de leur profession, un ministre de cette espèce pour le métier ne rassure guerre un meilleur lendemain pour nos amis de la presse publique. Même si en réalité, le plus perdant dans tout cela est le public tchadien qui aspire à une radio et télévision à la grandeur de son attente.

www.tchadmedia.com

1764 Vues

Il n'y a pas encore de commentaire pour cet article