L’année 2020 est une année difficile avec la crise sanitaire de la Covid-19, terrible pandémie qui n’a épargnée aucun pays. Elle fut plus particulièrement dure pour les Tchadiens qui vivent sous le joug d’un régime dictatorial depuis bientôt 30 ans.

Le 11 août 2020, notre pays a célébré le 60e anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale, mais, force est de constater que les Tchadiens vivent dans la pauvreté la plus totale, et ceci malgré l’exploitation du pétrole ayant rapporté près de deux milliards de dollars de revenus annuels depuis 2003, date de la vente des premiers barils sur le marché mondial.

Aujourd’hui, le citoyen tchadien vit avec moins de 2 dollars par jour dans un dénuement total. Il manque l’eau courante et l’électricité même au niveau de la capitale et des grandes villes. La famine est déclarée chaque année dans plusieurs régions malgré les retombées de la vente des matières premières engrangées par le régime. De plus, les services de santé, les écoles et les autres services sociaux de base sont inexistants. Cela dénote d’une administration désorganisée et d’un manque de volonté manifeste des dirigeants du pays d’améliorer la situation depuis trois décennies. Aussi, notre pays est cité par Transparency International parmi les 5 pays les plus corrompus de la planète, classé 187e pays sur 189 au niveau de l’indice de développement humain (IDH). Le bilan du pouvoir MPS est donc catastrophique sur tous les plans.

Sur le plan politique, l’instabilité gouvernementale est devenue chronique à tel point qu’un ministre reste en fonction parfois moins d’un mois au gouvernement. Les députés élus en 2015 sont toujours en place avec une prorogation par décret de leurs mandats jusqu’à nos jours. Les partis politiques disparaissent et réapparaissent au gré de la volonté du pouvoir.

Les droits de l’homme sont bafoués quasi-quotidiennement. Les responsables des associations des droits de l’homme les plus crédibles sont traqués et jetés en prison. C’est le cas de Mahamat Nour Ibedou arrêté en décembre 2019, puis libéré sous la pression des organisations internationales des droits de l’homme et de Baradine Berdeï Targuio arrêté en janvier 2020 par l’ANS, police politique du régime, et qui croupit toujours en prison. Toutes les arrestations sont faites de manière arbitraire pour des raisons fallacieuses.

En Avril 2020, les militaires ont arrêté 58 personnes (dont la plupart sont des civils piroguiers et éleveurs) accusées d’appartenir à la secte Boko Haram dans la région du Lac-Tchad, puis transférés à N’Djamena. Le 18 du même mois, le procureur de la république a annoncé la mort de 44 de ces prisonniers dans leur cellule de la gendarmerie N° 10. Selon plusieurs sources relayées par des organisations de la société civile crédibles, ces personnes auraient été tuées par asphyxie.

Le 20 Juillet 2020, la justice a condamné une dizaine de personnes dont plusieurs officiers proches du pouvoir ainsi que des membres des services de renseignement pour trafic de drogue. Mais, les vrais responsables dans cette affaire de narco-banditisme ne sont guère inquiétés, le menu fretin écope de diverses peines et jeté en prison. Cette affaire, faisant du Tchad, un État narcotrafiquant et dont le gouvernement a voulu étouffer à cause de l’implication de plusieurs proches du régime est loin d’être terminée compte tenu des nombreux rebondissements et dénonciations.

Trafics d’influence, népotisme, passe droits, vols, viols et trafics de drogue sont devenus des faits banals au Tchad. La dépravation des mœurs est encouragée par les dignitaires du régime qui organisent toutes sortes de déviance de manière décomplexée.

L’armée Tchadienne a été envoyée dans tous les pays en conflit pendant des années sans aucune formation adéquate et sans une juste rétribution. Les combattants des différents groupes politico-militaires ayant signés des accords avec le gouvernement sont totalement laissés à eux-mêmes. Faute d’insertion dans la vie active, ces derniers se mettent malheureusement à la disposition des milices en guerre en Libye. Nul n’ignore la disparition des jeunes tchadiens désespérés dans les confins du Sahara par manque de perspectives.

La décentralisation annoncée en grande pompe n’a jamais vu le jour. Le manque d’une organisation administrative a créé un grand désordre dans la gestion de nos régions et de nos villes et a donné un coup de grâce au respect de l’autorité de l’État. La carence de moyens matériels au niveau de l’administration locale et même de la capitale est apparue au grand jour en cette période pluvieuse à travers les images de désolation des populations démunies victimes d’inondations. Selon un sondage du Magazine Forbes, N’Djamena, la capitale du Tchad est la 11e ville la plus sale du monde.

C’est dans ce contexte de désolation et de désespérance de nos compatriotes que le président Idriss Déby, sans aucune honte ni gène, se proclame Maréchal du Tchad et détourne la fête nationale de notre pays pour organiser une cérémonie d’intronisation en cette période de coronavirus.

Au vu de ce constat amer et sachant que pour restaurer la dignité des Tchadiens et l’honneur du pays, un engagement sans faille et un sursaut national s’avèrent être une nécessité absolue, le Conseil National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD)  le Conseil National du Redressement (CNR) et le Mouvement pour la Paix la Reconstruction et le Développement (MPRD) invitent tous les Tchadiens à une prise de conscience collective mais aussi à une prise de décision rapide pour sauver notre pays. Ainsi, nos trois mouvements :

  • Appellent tous les compatriotes épris de justice à s’unir pour délivrer le pays du joug du système absolutiste et déprédateur ;
  • Lancent un appel à toutes les organisations de la société civile tchadienne, les partis politiques et les mouvements politico-militaires, où qu’ils se trouvent, à une large concertation pour préparer un avenir paisible à notre pays ;
  • Interpellent l’organisation des nations-unies (ONU), l’union Africaine (UA), l’union Européenne (UE) et les pays amis notamment les États-Unis d’Amérique, la Russie et la France à se pencher d’urgence sur le cas du Tchad afin d’éviter une « Libyanisation » du pays.

Pour le CNRD,                                                                                  

Dr Abdelsalam Kadjangaba,

Secrétaire national chargé de la Communication et Porte-parole             

Pour le CNR,

Dr Abdelaziz Kodok, Porte-parole

Pour le MPRD

Louekein Narmer, Secrétaire à la communication

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