Nous risquerons de surprendre certains en faisant cet analyse. Mais il faut voir cette situation en prenant le recul nécessaire.

En tant qu’opposant au régime d’Idriss Déby, nous voudrons le vaincre, ou avoir l’opportunité de le vaincre à la loyale en le battant sur le terrain politique, mais ne pas attendre sa mort, ou sa maladie pour s’esclaffer. Idriss Déby peut tomber malade, Il peut mourir comme chacun d’entre nous, et il n’est pas le surhomme comme l’aimeraient le dire ses griots.

Nous l’avions déjà écrit en début de semaine, qu’une absence prolongée en dehors du pays d’un chef de l’État ne s’explique que si et seulement si ses communicants expliquent au peuple tchadien le comment du pourquoi de cette absence prolongée ?

Là encore, les ouailles de Ngardiguina ont failli et manqué de faire correctement leur travail. Ils ont l’art de mettre en musique les louanges faites par dévotion, à ériger des albums photos des cérémonies, mais ne jamais faire le job dans le bon sens. Pendant plus de 4 jours que la population est sens dessus dessous, qu’avaient-ils fait ces responsables de la communication pour rassurer les Tchadiens, ne serait-ce que par un communiqué disant la vérité, ou un communiqué coupant court aux rumeurs affolantes ?

Ailleurs, dans d’autres pays, les services de communications font une communication d’ensemble pour prévenir l’avenir. Chez nous même ceux qui ont fait des études dans ce domaine deviennent des cancres, de simples ventriloques.

Ce qui nous étonne aussi est cette ingratitude envers le même Idriss Déby qui a contribué à mettre en place les matricules 90 (ceux qui sont venus du Darfour dans les malles du MPS en 1990). Nous entendons ça et là que ceux-là mêmes se sont constitués en groupes (Wattsup), indiquant des ordres dans l’armée et la DGSSIE (garde présidentielle) que leur patron est en pis et qu’il vaille ne pas laisser sortir son épouse de la présidence. Que si les évènements se précipitaient ils n’obéiront à aucune instance qu’ils n’auraient pas choisie.

Bref, nous autres Tchadiens nous avons un avis bien indiqué sur les matricules 90. Ils sont venus au Tchad grâce à Déby, il les a laissés devenir plus tchadiens que les habitants et les fils de ce pays, et aujourd’hui ils se font plus royalistes que le roi. Ils ont pillé, vidé ce pays avec lequel ils n’ont aucune attache, en induisant dans l’erreur certains de nos compatriotes. Et maintenant par-dessus tout ils veulent la peau de celui qui leur a ouvert les portes, fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui.

Comme hier certains ont trahi l’ex-président Hissein Habré, ils ne manqueront pas de trahir, si ce n’est déjà fait ce Déby qui leur a tout donné. Mais les Tchadiens ne sont point bêtes, et le moment viendra pour rétablir les vérités. Nous faisons évidemment la différence de nos frères Zaghawa du grand Biltine (Zone Iriba et Kapka) connus depuis la nuit des temps. Il y a aussi ceux qui sont dans l’opposition et dont en bientôt 30 ans, n’a point profité du régime Déby.

Mais pour les matricules 90, directement ou indirectement, ils ont bien profité ce système avant de l’indexer quand tout profit s’est estompé. La perte des intérêts subalternes fait que face à eux le même Déby est devenu mauvais, jusqu’au point ou une bonne majorité souhaite sa mort. “Eb“ pour une bonne éducation qui reconnaît même un minime bienfait de l’autre. La fixation que les Tchadiens font sur l’ensemble Zaghawa émane du comportement des matricules 90.

La majorité de ces gens ne connaissait du Tchad que la frontière. Ils sont venus s’installer, devenus des millionnaires, milliardaires. Certains sont allés au Canada et en Europe avec des passeports diplomatiques pour étudier, faire du tourisme, l’aventure et revenir se faire des situations au Tchad en laissant d’autres Tchadiens méritants sur le carreau. Aujourd’hui après avoir siphonné ce pays, beaucoup sont devenus des réfugiés au Canada, en Angleterre, en France ou ailleurs, quoi que… Il y ‘a des vérités qui rattrapent. Et tout cela directement ou indirectement grâce à Dieu et Déby.

Face à tout ce tohu-bohu, Idriss Déby et sa délégation ont quitté la ville de Paris mercredi dernier en fin de matinée pour N’Djamena dans son propre avion (non médicalisé) et il aurait atterri à la base militaire Adji Kosseï. Ce qui amplifie la rumeur encore ce qu’il n’y a pas eu de dispositif de pré saillance des ministres venus l’accueillir comme à l’accoutumée, ni militaires pour rendre les honneurs. Ses véhicules sont venus le récupérer incognito et direction le palais des Itno. Une manière cynique de laisser les causeries continuer de plus belle où intox et vérité font bon ménage.

Mais même Déby doit savoir que la maladie n’est pas une honte, il n’est pas infaillible et rien ne fait qu’il veuille se cacher de cette manière, comme les apparatchiks de l’ancienne URSS. Il doit aussi comprendre qu’il a des obligations envers les Tchadiens, de dire la vérité sur sa situation. S’il veut arborer le mépris envers la majorité des Tchadiens qui ne l’aiment pas parce qu’il le sait, qu’il le fasse pour ses compagnons qui continuent de penser qu’il a 7 vies.

Le conseil de ministres de ces jours ne s’est pas tenu non plus. Cela présume de beaucoup de supputation et il faut le dire certain se posent la question si ce n’est pas le maitre des lieux qui aime aussi laisser parler pour voir les effets.

En somme, les Tchadiens doivent voir la lutte autrement. Ceux qui combattent la dictature sous toutes ses formes les armes à la main, ceux qui dénoncent la dictature de quelques manières qui soit, les opposants démocratiques et autres, doivent se dire que la seule victoire satisfaisante est celle de contribuer à un véritable changement de manière loyale, mais pas souhaiter que Déby meurt pour aspirer à un changement. Nous autres nous n’en serions pas satisfaits, car le changement espéré doit être celui du système MPS et ses corolaires des matricules 90. Il n’y a pas à singulariser la lutte sur une personne. Donc qu’Idriss Déby soit malade ou va mourir ne peut encenser une lutte, au contraire son échec à vouloir bouter hors du siège l’adversaire politique.

Dans le groupe Social Média pour le changement, des militaires et officiers responsables dans les régiments de l’armée et à la DGSSIE se donnent le mot, de se tenir prêt, et d’agir pour chacun se défendre et défendre les siens si le pouvoir tanguait. Ce qui se raconte frise le froid dans le dos. On commente et en faisant l’inventaire des Beris intellectuels capables de prendre la relève comme si ce Tchad est une transition monarchique. Et ce qui se rapporte doit élever notre attention que plus jamais ce pays ne sera gouverné de la manière qui a sévi pendant 29 ans.

Tchadanthropus-tribune

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