Le président du Conseil militaire de transition sera investi, dans quelques jours, président de la transition, dont la durée a été prolongée à 24 mois. N’Djamena se prépare à accueillir plusieurs chefs d’État pour l’occasion.

Les délégués du Dialogue national inclusif et souverain (DNIS) lui ayant accordé le statut de président de la transition le 1er octobre, Mahamat Idriss Déby Itno prépare son investiture. Selon les informations de Jeune Afrique, une cérémonie sera organisée le 10 octobre à N’Djamena.

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Plusieurs chefs d’État ont déjà confirmé leur présence, parmi lesquels Denis Sassou Nguesso et Abdel Fattah al-BurhanInvité en tant que président de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Umaro Sissoco Embaló sera représenté par son Premier ministre, Nuno Gomes Nabiam.

Le très discret émissaire de Paul Biya

Mohamed Bazoum et Macky Sall, lequel est actuellement à la tête de l’Union africaine (UA), ont aussi été conviés. Quant à Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’UA et ex-ministre tchadien des Affaires étrangères, sa présence n’est pas garantie, compte tenu notamment de ses relations tendues avec l’exécutif local.

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Toujours selon nos sources, Paul Biya a, de son côté, très discrètement envoyé à N’Djamena un émissaire porteur d’un message de soutien à Mahamat Idriss Déby Itno : son fils, Franck Biya. Arrivé le 23 septembre au soir et reparti le 24 au matin, ce dernier a été pris en charge par les deux « Camerounais » de l’entourage présidentiel : le ministre des Finances, Tahir Hamid Nguilin, et le directeur de cabinet civil adjoint de la présidence, Abdelnasser Garboa. Missionnés par Mahamat Idriss Déby Itno, les deux hommes avaient été reçus à la fin d’août au palais d’Etoudi par Biya.

Ligne dure

Le 1er octobre, les délégués du DNIS ont adopté à l’unanimité plusieurs mesures cruciales pour la suite de la transition : sa prolongation de vingt-quatre mois et la possibilité pour ses dirigeants (autrement dit Mahamat Idriss Déby Itno et son Premier ministre, Albert Pahimi Padacké), de se porter candidats à la future présidentielle. Dès le 19 septembre, soit avant même les propositions du DNIS, l’UA avait réaffirmé qu’elle préconisait « qu’aucun membre du Conseil militaire de transition [CMT] ne [puisse] être candidat aux élections à la fin de la transition ». Dans l’entourage de Mahamat Idriss Déby Itno, on estime qu’il s’agit d’une ligne dure, directement influencée par Moussa Faki Mahamat.

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Le 5 octobre, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac) s’est montrée plus souple, assurant « prendre bonne note des conclusions du dialogue relatives au prolongement de la durée de la période de transition » et appelant à la « mise en œuvre consensuelle des recommandations du DNIS qui conduiront aux échéances électorales à venir ». Reste que, s’il est autorisé à se porter candidat, Mahamat Idriss Déby Itno fait toujours mystère de ses ambitions, bien qu’il soit pressé par certains partenaires extérieurs et par l’opposition de clarifier ses intentions.

Jeune Afrique

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