Généraux, lobbyistes ou encore diplomates… L’opposant tchadien Succès Masra, ciblé par les autorités de transition le 9 septembre, peut s’appuyer sur un aréopage de personnalités très connectées à Paris.

L’audio a fait le tour des messageries WhatsApp. On y entend Succès Masra, la voix suffocante, appeler « à l’aide » et demander l’intervention du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Le message a été enregistré le vendredi 9 septembre lors de l’assaut, par les forces de l’ordre tchadiennes, du quartier général du parti de Succès Masra, les Transformateurs.

A 5 550 kilomètres de N’Djamena, à Paris, l’appel de l’ancien fonctionnaire de la Banque africaine de développement (BAD) a, lui aussi, circulé sur l’ensemble des réseaux franco-africains. A moins de 40 ans, Succès Masra est en effet l’un des opposants africains les plus connectés à la capitale française. Diplômé de Sciences Po Paris, titulaire d’un doctorat en économie de la Sorbonne, le profil de Succès Masra suscite depuis plusieurs années les sollicitations du Tout-Paris du lobbying dans un pays tenu depuis quarante ans par les gradés zagawas.

Des soutiens issus du monde militaire

Parmi les personnalités actives depuis déjà plusieurs années auprès de Succès Masra, figure Jean-Renaud Fayol, le créateur de la société d’intelligence économique Axis & Co, située à Paris. Depuis plusieurs décennies, cet ancien de Saint-Cyr tente de soutenir plusieurs mouvements d’opposition et de société civile sur le continent africain, comme au Congo-Brazzaville, où il avait soutenu le général Jean-Marie Michel Mokoko, aujourd’hui embastillé, lors de l’élection présidentielle de 2016. Au Niger, il avait également brièvement conseillé l’ancien chef de la diplomatie Ibrahim Yacouba, membre – tout comme Succès Masra – de l’Internationale progressiste africaine, lancée en 2020.

Sur les bords de Seine, Succès Masra est également un familier d’une autre figure du monde militaire : le général Bruno Clément-Bollée, ex-patron de la Force Licorne en Côte d’Ivoire, et de la Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD). Les deux hommes se sont rencontrés pour la première fois à Abidjan au milieu des années 2010, quand le premier était fonctionnaire à la BAD. Depuis, ils communiquent régulièrement et Masra aime à rappeler de son côté qu’il dispose de conseils prodigués par des « généraux français ».

En Marche !

Succès Masra – qui séjourne souvent dans la capitale française où il rencontre diplomates et députés français – a aussi été en contact avec le cabinet de lobbying spécialisé sur l’Afrique, MGH Partners. Dirigé par Hamza Hraoui et Guillaume Chaban-Delmas, il est très connecté avec les formations politiques gravitant autour de la majorité présidentielle. Pour autant, Succès Masra ne s’est pour l’instant jamais engagé de façon contractuelle avec un quelconque cabinet de conseil.

Le leader des Transformateurs aime aussi à revendiquer un réseau constitué à Paris, lui qui fut diplômé de Sciences Po en 2009, dans la même promotion que deux personnalités influentes du premier mandat d’Emmanuel Macron – l’ancien secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi, et surtout l’ancien conseiller à l’Elysée, Ismaël Emelien. Lors du lancement de sa formation Les Transformateurs, il s’était lui-même très librement inspiré du mouvement En Marche ! lancé par Emmanuel Macron en 2016.

#Politique : Les discrets relais français de l’opposant Succès Masra.

Généraux, lobbyistes ou encore diplomates… L’opposant tchadien Succès Masra, ciblé par les autorités de transition le 9 septembre, peut s’appuyer sur un aréopage de personnalités très connectées à Paris.

L’audio a fait le tour des messageries WhatsApp. On y entend Succès Masra, la voix suffocante, appeler « à l’aide » et demander l’intervention du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Le message a été enregistré le vendredi 9 septembre lors de l’assaut, par les forces de l’ordre tchadiennes, du quartier général du parti de Succès Masra, les Transformateurs.

A 5 550 kilomètres de N’Djamena, à Paris, l’appel de l’ancien fonctionnaire de la Banque africaine de développement (BAD) a, lui aussi, circulé sur l’ensemble des réseaux franco-africains. A moins de 40 ans, Succès Masra est en effet l’un des opposants africains les plus connectés à la capitale française. Diplômé de Sciences Po Paris, titulaire d’un doctorat en économie de la Sorbonne, le profil de Succès Masra suscite depuis plusieurs années les sollicitations du Tout-Paris du lobbying dans un pays tenu depuis quarante ans par les gradés zagawas.

Des soutiens issus du monde militaire

Parmi les personnalités actives depuis déjà plusieurs années auprès de Succès Masra, figure Jean-Renaud Fayol, le créateur de la société d’intelligence économique Axis & Co, située à Paris. Depuis plusieurs décennies, cet ancien de Saint-Cyr tente de soutenir plusieurs mouvements d’opposition et de société civile sur le continent africain, comme au Congo-Brazzaville, où il avait soutenu le général Jean-Marie Michel Mokoko, aujourd’hui embastillé, lors de l’élection présidentielle de 2016. Au Niger, il avait également brièvement conseillé l’ancien chef de la diplomatie Ibrahim Yacouba, membre – tout comme Succès Masra – de l’Internationale progressiste africaine, lancée en 2020.

Sur les bords de Seine, Succès Masra est également un familier d’une autre figure du monde militaire : le général Bruno Clément-Bollée, ex-patron de la Force Licorne en Côte d’Ivoire, et de la Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD). Les deux hommes se sont rencontrés pour la première fois à Abidjan au milieu des années 2010, quand le premier était fonctionnaire à la BAD. Depuis, ils communiquent régulièrement et Masra aime à rappeler de son côté qu’il dispose de conseils prodigués par des « généraux français ».

En Marche !

Succès Masra – qui séjourne souvent dans la capitale française où il rencontre diplomates et députés français – a aussi été en contact avec le cabinet de lobbying spécialisé sur l’Afrique, MGH Partners. Dirigé par Hamza Hraoui et Guillaume Chaban-Delmas, il est très connecté avec les formations politiques gravitant autour de la majorité présidentielle. Pour autant, Succès Masra ne s’est pour l’instant jamais engagé de façon contractuelle avec un quelconque cabinet de conseil.

Le leader des Transformateurs aime aussi à revendiquer un réseau constitué à Paris, lui qui fut diplômé de Sciences Po en 2009, dans la même promotion que deux personnalités influentes du premier mandat d’Emmanuel Macron – l’ancien secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi, et surtout l’ancien conseiller à l’Elysée, Ismaël Emelien. Lors du lancement de sa formation Les Transformateurs, il s’était lui-même très librement inspiré du mouvement En Marche ! lancé par Emmanuel Macron en 2016.

Africa intelligence

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