La situation politique reste tendue depuis le 20 octobre au Tchad. En plus des 50 morts et 300 blessés, des dizaines de personnes ont été par la suite arrêtées et les membres du parti les Transformateurs, à la tête de la contestation, se disent traqués et accusent les autorités d’essayer d’affaiblir le parti en débauchant leurs membres. Cela grâce à d’anciens comme l’ex-vice-président du parti, Moustapha Masri, qui avait démissionné après les violences.

Moustapha Masri avait claqué la porte en disant que les Transformateurs s’étaient radicalisés. Certains l’ont suivi, comme Roméo Djerakoula Miankain qui estime aujourd’hui craindre pour sa vie :

Notre lutte était d’être pacifiques. Face aux transformateurs trop radicaux, j’ai fait mon choix et c’est mon droit d’être avec [Moustapha Masri]. J’avais eu des menaces de camarades qui m’insultent, qui me maudissent, qui me disent que je profite du sang des Tchadiens pour me faire de l’argent. Je m’inscris en faux contre cela.

Des Transformateurs encore fidèles accusent Mustapha Masri d’être un outil du pouvoir pour affaiblir la formation d’opposition. Serge Ngardji, un responsable des Transformateurs, a pu être joint alors qu’il fuyait le Tchad en bus vers le Cameroun. Il affirme avoir reçu des appels pour le faire quitter son parti :

Ce n’est pas la première fois que je reçois ce type de tentations. Ils m’ont aussi dit qu’ils allaient garantir ma sécurité et qu’ils allaient me donner ce que je veux. Dès lors que nous avons refusé l’offre, on vit de cachette en cachette, car la chasse à l’homme est devenue vraiment compliquée.

La maison de Moustapha Masri, elle, est désormais gardée par des soldats. Lui se dit menacé par les Transformateurs et nie les accusations lancées contre lui :

Je suis écœuré que cette violence puisse venir de mon ex-parti, je suis menacé. Si je dois être acheté ou vendu quelque part, je l’aurais été depuis bien longtemps. Je ne suis pas dans l’achat des consciences, je ne suis pas dans les fausses promesses, et pendant mon message j’avais dit qu’on assurera leur sécurité, surtout venant de leur propre camp. Donc c’est de la manipulation.

Mustapha Masri affirme néanmoins que les partis doivent continuer à dialoguer, car ils ne sont pas ennemis, mais complémentaires.

RFI

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