Saleh Kebzabo a été désigné, mercredi 12 octobre, Premier ministre du gouvernement de transition. Un choix stratégique pour le président Mahamat Idriss Déby Itno.

L’annonce aura finalement été plus rapide que prévue. Alors que Mahamat Idriss Déby Itno n’a été investi président de la transition tchadienne que le 10 octobre, Saleh Kebzabo, 75 ans, a donc été nommé Premier ministre seulement deux jours plus tard, ce mercredi 12 octobre.

L’ancien journaliste – il est notamment passé par la rédaction de Jeune Afrique – a été durant ces deux dernières décennies l’un des plus farouches opposants à Idriss Déby Itno, décédé en avril 2021. Quatre fois candidat à l’élection présidentielle, il avait cependant rallié le premier gouvernement de transition de Mahamat Idriss Déby Itno, en mai 2021.

Grand jeu des pronostics

Plusieurs de ses proches occupaient ainsi un poste dans l’équipe sortante, celle du désormais ex-Premier ministre, Albert Pahimi Padacké. Le président de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR) avait lui-même été nommé vice-président du comité d’organisation du Dialogue national inclusif et souverain, qui s’est achevé le 8 octobre dernier.

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Le nom de Saleh Kebzabo était l’un des plus cités ces derniers jours à N’Djamena, où le grand jeu des pronostics battait son plein. Résolu à offrir des gages d’ouverture et d’équilibre régional du pouvoir, Mahamat Idriss Déby Itno avait en effet rapidement choisi de nommer une personnalité issue à la fois de l’opposition et du sud du pays.

« Moins de risques pour les prochaines échéances »

L’hypothèse d’un maintien d’Albert Pahimi Padacké avait été rapidement écartée. Selon des indiscrétions, les partisans de l’actuel chef de la transition ne souhaitaient en effet pas permettre au natif du Mayo-Kebbi Ouest (comme Saleh Kebzabo) de se servir de la primature comme d’un tremplin pour la future élection présidentielle.

Deux autres noms circulaient toutefois avec insistance : ceux de Succès Masra et de Laoukein Médard, tous deux natifs de la Logone. Selon nos sources, le premier représentait toutefois une option trop risquée, au regard de sa capacité de nuisance médiatique et de ses ambitions politiques. « Nommer Masra aurait été fort symboliquement, mais c’était aussi lui donner ce qu’il cherche : une tribune médiatique pour la prochaine présidentielle », analyse un opposant.

Quant à Laoukein Médard, un temps apparu comme un choix moins risqué, il ne bénéficie pas du même poids politique que ses concurrents. « Saleh Kebzabo est celui qui donne le plus de gages. Plus âgé, il présente moins de risques pour les prochaines échéances, mais il est aussi le plus expérimenté et le mieux connecté à l’international », explique un proche de la présidence, contacté par Jeune Afrique. L’intéressé doit désormais former un gouvernement d’union nationale dans les prochains jours.

Jeune Afrique

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