Beaucoup de Centrafricains et de Tchadiens se demandent la raison du retour du général Baba Laddé au Tchad. Le général Baba Laddé (Mahamat Abdoulkadre pour l’état civil) avait quitté le Tchad en septembre 2013 pour ensuite naviguer entre le Niger et le Nigeria. 
 
Pourquoi IDI a tout fait pour le ramener au bercail ?
 
En janvier 2014 Idriss Deby Itno a dépêché à Niamey le Seleka centrafricain Abakar Sabone et le Toubou Nigerien Goukouni Zen pour convaincre le guerrier Peulh de regagner le bercail. La raison est que de nombreux pays misaient sur Baba Laddé pour se débarrasser d’IDI, le considerant comme le mieux à même de renverser le vieux. En novembre 2013, Baba Laddé avait rencontré à Nairobi, au Kenya, Jean-Francis Bozizé. Le Tchadien négociait avec l’ancien clan présidentiel centrafricain sont ralliement ainsi que celui du Djandjaouid Soudanais Moussa Assimeh pour renverser Djotodia. Quelques jours après, Joachim Kokaté se rendait à Niamey toujours pour négocier avec le général Baba Laddé le ralliement du guerrier Peulh et du guerrier Darfouri.
 
Les négociations echouaient finalement. 
 
Mais à ce moment d’autres entraient en jeu. Les gouvernements du Nigéria et de Libye decidaient de soutenir le rebelle tchadien. D’autres forces misaient sur lui, Baba Laddé allant même à Cotonou au Bénin rencontrer de richissimes financiers. 
 
De plus, les troupes du général se renforçaient.  En plus de ses milliers d’hommes combattant en Centrafrique, il organisait ses troupes au Nigeria, recrutant des combattants de tout le Sahel et le Sahara. Il recevait notamment des hommes de Libye et du Soudan mais aussi des anciens du MUJAO du Mali et des déserteurs de Boko Haram.  Certains Camerounais souhaitant renverser Paul Biya rejoignaient aussi les camps de Baba Laddé au Nigeria et en RCA. 
 
Deby comprenait qu’il ne pourrait pas vaincre le général rebelle si celui ci avait le soutien des gouvernements nigerian et libyen. Il multiplia ainsi ses efforts pour faire revenir Baba Laddé. 
 
Mais que vont devenir tout ses combattants? Que les chefs fassent la paix et rentrent au bercail, c’est habituel depuis 35 ans au Tchad,  où tout le monde fait des vas et viens entre pouvoir et rebellion. Mais à notre époque internationalement troublé il est très dangereux de laisser des combattants armés et affamés. 
 

Abel Goula 

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