Dix jours après le premier tour de l’élection, le Conseil constitutionnel a proclamé les résultats définitifs de la présidentielle, donnant Mahamat Idriss Déby Itno vainqueur avec 61 % des suffrages. Le recours de Succès Masra, qui demandait l’annulation du scrutin, a été rejeté.

Il n’y aura donc pas eu de surprise. Ce 16 mai, le Conseil constitutionnel a validé la victoire de Mahamat Idriss Déby Itno dès le premier tour de l’élection présidentielle au Tchad. Le chef de l’État, candidat à un premier mandat de plein exercice après avoir dirigé la transition depuis le décès en 2021 de son père, Idriss Déby Itno, a été crédité de 61 % des voix, selon les résultats définitifs proclamés par l’institution présidée par Jean-Bernard Padaré.

Succès Masra, est annoncé en deuxième position, avec 18,54 % des voix, devançant un ancien titulaire de la primature, Albert Pahimi Padacké, qui totalise 16,93 % des suffrages. La participation au premier tour de l’élection a été de 75,78 % des inscrits, selon les chiffres lus ce 16 mai par le Conseil constitutionnel.

Ce dernier, dont l’indépendance a été mise en doute par l’opposition, a décidé de rejeter les recours déposés par Succès Masra, qui demandait l’annulation du scrutin, et par Albert Pahimi Padacké, qui en avait réclamé l’annulation partielle. Si quelques irrégularités ont été constatées par le Conseil, ce dernier a affirmé que celles-ci n’avaient pas été « de nature à entacher la régularité de l’ensemble » de l’élection.

Un gouvernement à former et des législatives à organiser

L’opposant et Premier ministre Succès Masra, dont la démission est attendue prochainement, avait annoncé dès le 9 mai au soir, quelques heures avant la proclamation des résultats provisoires par l’Agence nationale de gestion des élections (ANGE), sa « victoire au premier tour », s’appuyant sur la compilation des voix réalisée par ses militants à travers le pays. Il a ensuite affirmé avoir transmis au Conseil constitutionnel des preuves de « bourrage d’urnes, de vols » ou encore « de menaces ».

En amont de la proclamation des résultats, Mahamat Idriss Déby Itno avait ordonné un déploiement des forces de sécurité à N’Djamena et dans les grandes villes du pays, afin de dissuader toute contestation postélectorale. De nombreux observateurs avaient annoncé craindre des débordements et des manifestations, à l’instar de celles qui s’étaient déroulées en octobre 2022 et qui avaient fait, selon un bilan officiel mais contesté, 73 victimes à travers le pays.

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Le 9 mai, Mahamat Idriss Déby Itno s’était déjà félicité de sa victoire, affirmant être « désormais le président élu de tous les Tchadiens » dans un très bref discours télévisé. Le chef de l’État devrait rapidement s’atteler à la formation de son nouveau gouvernement. Celui-ci devra tenir compte des rapports de force nés de la campagne électorale, durant laquelle l’ancien parti au pouvoir, le Mouvement patriotique du salut (MPS), a été particulièrement présent.

L’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR) de l’ancien Premier ministre Saleh Kebzabo, aujourd’hui médiateur de la République, devrait également vouloir tirer profit de son soutien à Mahamat Idriss Déby Itno pour l’élection présidentielle, à laquelle le parti n’avait pas présenté de candidat. Les formations politiques de N’Djamena ont en outre déjà les yeux rivés sur les législatives prévues avant la fin de 2024.

Tchadanthropus-tribune

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