Ils sont dix candidats en lice pour la magistrature suprême. Parmi eux, quatre se présentent pour la première fois. En revanche, six ont déjà participé à une élection présidentielle. Qui sont-ils ?

 

Nasra Djimasngar, actuel président du Cadre national de concertation des partis politiques (CNCP) et Secrétaire national du parti Un Nouveau Jour, se présente pour la première fois. Opposant farouche sous le régime du défunt président Idriss Deby Itno, ce dernier est aujourd’hui qualifié de proche du pouvoir de transition. Certains de ses pairs lui reprochent d’avoir adouci sa position. Il n’est pas le seul novice pour cette élection prévue le 6 mai. Il y a également le président du parti Réformiste, Yacine Abdramane Sakine. Originaire du Grand Nord, il espère devenir le premier président élu démocratiquement après la transition.

Pour y parvenir, il doit principalement battre le candidat de la coalition « pour un Tchad Uni » Mahamat Idriss Deby Itno. Ce dernier, poussé par l’ex-parti au pouvoir, le Mouvement Patriotique du Salut, est aussi un novice en matière électorale. Militaire de formation, resté dans l’ombre jusqu’à sa prise de pouvoir en avril lors du décès de son père, Idriss Deby Itno, le président de transition peut s’appuyer sur l’expérience du parti qui le soutient. Cette structure politique est habituée à ces élections avec six participations : (1996, 2001, 2006, 2011, 2016, 2021).

 

La liste comprend également Masra Succès, actuel Premier ministre de transition. Disqualifié en 2021 en raison d’une disposition constitutionnelle relative à son âge, le leader des Transformateurs est enfin éligible. Il est pressenti comme l’un des favoris de ce scrutin post-transition. Outre les autres challengers, il devra affronter son ancien farouche adversaire, Mahamat Idriss Deby Itno, dont il est son actuel Premier ministre. Parmi ceux qui se présentent pour la première fois, on note également Mansiri Lopsikreo. Ingénieur de formation, ce dernier a quitté le parti Al Wassat pour fonder son propre parti, Les Élites.

 

Les vétérans

Au deuxième rang du tableau, Théophile Bongoro se dresse. En 2021, il était le choix de seize partis politiques de l’opposition pour défier le président Idriss Deby Itno. Préféré à l’époque à Saleh Kebzabo par ses pairs, sous la bannière de la coalition « Alliance victoire », le notaire a finalement renoncé à la suite de la tentative d’interpellation du défunt Yaya Dillo, lui également candidat, qui s’est soldé par la mort de sa mère.  Malgré son retrait, il a obtenu un score de 0,75% à cette élection. Cette fois-ci, il se lance seul et tentera de gagner les voix des Tchadiens.

Comme lui, le président d’ASTRE, Baltazar Alladoum, faisait partie des six candidats enregistrés à la présidentielle de 2021. À l’issue du scrutin, le candidat du parti Action socialiste tchadien pour le Renouveau a recueilli 1,30 % des voix. Aujourd’hui, il se présente pour la deuxième fois. De même, le Parti pour la Démocratie et l’Indépendance Intégrales de Lydie Beassemda, qui avait obtenu 3,16 % lors de cette même élection, se présente à nouveau. L’unique femme de cette échéance, qui défend ardemment le fédéralisme pour le Tchad, pourra néanmoins compter sur les partis partageant son idéologie.

En cinquième position en 2021, Brice Mbaimon a recueilli 1,40 % des voix à cette dernière présidentielle. Il est l’un des vétérans de cet exercice, avec au moins deux participations à son actif. Il se présente pour la troisième fois. Mais il n’est pas le plus ancien de tous.

 

Ce titre revient à Pahimi Padacké Albert. Le président du Rassemblement National des Démocrates Tchadiens était candidat à la présidentielle de 2006, où il a terminé troisième (7,82 % des voix). L’ancien Premier ministre ne renonce pas. Lors de la présidentielle de 2011, il s’est présenté à nouveau. Cette fois-ci, il a fait mieux et a terminé deuxième derrière le candidat du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), Idriss Deby Itno, avec 6,03 % des suffrages. Originaire de Torrock, il affronte à nouveau le président sortant Idriss Deby Itno en 2021. À l’issue du scrutin, Pahimi Padacké Albert a amélioré son score en conservant sa deuxième place avec 10,3 % des voix, juste derrière le maréchal Idriss Deby Itno. Parmi les dix candidats en lice, il est le plus expérimenté sur le terrain, ce qui constitue un atout majeur pour lui, qui a toujours terminé sur le podium.

Le Tchadanthropus-tribune avec Tchad info

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