La prison de Klessoum est un établissement pénitentiaire qui a coûté aux contribuables tchadiens plus de 4 milliards de FCFA. Les autorités de l’époque voulaient une prison qui répond aux normes d’un service pénitentiaire, et aux droits de l’homme. Mais ce qui se passe depuis un moment dépasse tout entendement, et cela interpelle le 1er du département de la Justice Mr Mahamat Ahamat Alhabbo.

En écrivant cette publication et y adjoindre les images choquantes qui l’illustrent, nous avions trop réfléchi, à savoir publier ces images rapportées de l’intérieur de la prison de Klessoum. Faut-il les publier ou juste faire une dénonciation. Nous avions opté pour le 1er choix à savoir restituer dans les faits ce qui se passe dans cette prison et respecter la volonté des victimes qui crient au secours.

En nommant Mr Mahamat Ahamat Alhabbo à la tête de ce ministère régalien, la majorité de nos compatriotes ont vu l’arrivée d’un homme ayant critiqué les mesures de l’injustice en étant dans l’opposition. Combien de nos compatriotes ont vu en l’homme un régulateur des instruments permettant d’asseoir une justice pérenne au service des citoyens. Mais aujourd’hui le doute est permis. Rien n’a été fait pour nettoyer les conditions des prisonniers que les services pénitentiaires sont en train de tuer à petit feu.

Le ministre de la Justice doit expliquer aux Tchadiens pourquoi depuis sa venue au département, rien n’a été fait pour nettoyer de l’intérieur les mafias existantes, des régisseurs, de chefs de département alimentation, des chefs de département hygiène, des fournisseurs corrompus, et des passe-droits attribués à certains prisonniers au détriment des autres ? Est-ce que la loi est à géométrie variable ?

L’information que nous publions aujourd’hui a été recoupée avec nos sources à l’intérieur de la prison et à l’extérieur auprès des fournisseurs cupides et corrompus.

Il est très dommage de constater que les prisonniers qui vivent à l’intérieur de Klessoum sont considérés comme du bétail, au gré et aux humeurs des régisseurs qui s’enrichissent sur leurs dos. Tout est devenu un business, tant pis si les conséquences sont fâcheuses.

Le ministre de la Justice devrait être interpellé par le CNT après enquête par cette instance, et l’amener répondre devant ladite Assemblée sur le pourquoi de tels actes sont permis, et pourquoi aucun mécanisme n’a été mis en place pour faire respecter le droit de ces compatriotes en prison ? Étant dans l’opposition Mr Alhabbo fut des premiers à dénoncer ces diverses formes d’injustices, pourquoi maintenant sous sa responsabilité comme 1er responsable de la Justice, de tels actes se passent ?

Les détenus de Klessoum n’ont aucun accès aux soins. Il faut noter que cette prison est en surpopulation, il faut se souvenir de la visite furtive de feu Idriss Déby dans l’enceinte d’une prison à N’Djamena, ladite visite qui l’a amené à sanctionner les responsables.

Au-delà des facteurs inexistants des soins, il faut noter l’alimentation distribuée aux prisonniers.

39 millions de FCFA par mois pour une nourriture infecte distribuée aux 2747 prisonniers.

2747 prisonniers devraient se partager 400 plats infects comme l’image ci-dessus. Les prisonniers sont repartis par un nombre de 10 à 15 hommes sur un plateau (Souffra en dialecte local), une fois par jour. Tandis que dans les 10 quartiers VIP qui existent, 2 repas par jour sont distribués différemment que l’alimentation infecte de l’image observée. Les prisonniers des quartiers VIP ont en plus le droit d’avoir les repas préparés par leurs familles. Ces repas sont acheminés depuis l’extérieur avec la complicité des régisseurs qui touchent au passage des sommes d’argent. Pourquoi un poids deux mesures pour des citoyens régis par les mêmes lois ?

Conditions de détention qui ne répondent aux critères des droits de l’homme.

Selon nos sources, entre 82 à 93 détenus sont logés par cellule. Tout le monde sait le pic de chaleur au Tchad, a-t-on pensé aux conditions de détention de ces hommes et femmes, que la chaleur affaiblit et déshydrate en permanence. Même si par définition on sait qu’une prison n’est pas un hôtel, il doit y avoir un facteur d’humanité, d’abord parce que le prisonnier a un droit d’égard de dignité, et qu’en étant en prison il est en train de payer sa dette à la société. Ce n’est ni un animal ni moins qu’un sous-homme. Mettre 82 à 93 détenus par cellule reste un cas inhumain et irresponsable.

Condition d’hygiène inexistante en prison.

On fait semblant, mais en vérité c’est le dernier des soucis de ceux qui sont en charge des prisonniers malades. La plupart font recours à leurs familles pour avoir la possibilité de se soigner. Là encore, au-delà des frais de soins, il faut régler une ardoise aux régisseurs qui doivent vous remettre les médicaments.

Il est constaté par malheur une épidémie génitale sur plusieurs prisonniers depuis quelques semaines. Cela serait dû à la nature de l’alimentation et aux conditions de vie. Des images choquantes des sexes d’hommes atteints par cette épidémie font un ravage terrible. Pour certaines des plaies qui gangrènent les parties génitales, pour d’autres des boutons sur le corps et les fesses. Il faut vite venir en aide à ces compatriotes, quitte à diligenter une mission du ministère de la Santé qui vient ausculter ces prisonniers.

L’État doit prendre ses responsabilités.

Il est important que l’État à travers le CMT prenne ses responsabilités et aille rétablir les faits, et asseoir la justice, la soi-disant vraie justice qui opprime en silence ses propres enfants.

L’État doit aussi punir les responsables de prison qui s’enrichissent sur le dos des prisonniers. Il doit démanteler les passe-droits des quartiers VIP. Il ne peut exister un prisonnier au-dessus de la même loi pour tous. Ce sont ces genres de faits qui frustrent l’ensemble de nos compatriotes.

Ensuite, le ministère doit expliquer comment et de quelle manière les budgets alloués aux prisons sont repartis ? Rien que la prison de Klessoum ingurgite 39 millions de FCFA par mois, pour ce malheureux constat. Un autre budget de 18 millions par prison est alloué aux deux prisons fictives à chaque fin de mois. Nos sources expliquent que l’existence de deux prisons serait répertoriée. 18 millions par mois pour chaque prison qui n’existe pas, il faut expliquer à l’Assemblée où va cet argent ? L’IGE doit aller fouiner pour savoir qui fait quoi, et où va cet argent.

Le ministre de la Justice est le premier responsable de ce département, et son éclairage doit vite être fait. Aucun arrimage avec les droits de l’homme ne sera convaincant.

En étant au gouvernement, Mr Mahamat Ahamat Alhabbo a-t-il changé ?

Tchadanthropus-tribune

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