Près de quatre mois après le début du pré-dialogue de Doha pour des négociations qui doivent ouvrir la voie à une participation des groupes politico-militaires tchadiens, la cinquantaine de groupes semble s’entredéchirer. Après avoir affichée une forme d’unité en parlant d’une seule voix, le projet d’accord de la médiation a semé la discorde, alors qu’ils devaient y répondre par un document unique dimanche 10 juillet. Des divisions sont apparues jusqu’au sein des trois groupes constitués.

C’est le cas sans le groupe Doha, qui regroupait jusqu’ici 23 petits groupes politico-militaires, certains ayant une existence réelle sur le terrain et d’autres en provenance de Ndjamena.

Le groupe s’est désormais scindé en deux, entre ceux qui veulent signer le projet d’accord en l’état et ceux qui se présentent comme les véritables politico-militaires. Le président du groupe Doha, Bachar Assed Aguid : « Sont sortis, je crois, une douzaine d’éléments infiltrés du régime, venus de Ndjamena, qui ont senti des positions beaucoup plus fermes et ont voulu casser ces mouvements-là. Donc on est restés à neuf. »

Le groupe Qatar est en proie aux mêmes divisions. Seul le groupe Rome qui est constitué des principaux groupes rebelles tchadiens a été épargné jusqu’ici.

Mais d’autres problèmes s’ajoutent. Les politico-militaires tchadiens ont écrit à plusieurs reprises à la médiation pour dénoncer des conditions d’accueil « précaires », sans jamais recevoir de réponse : pas de per diem, difficultés de se faire soigner, perte de leur travail, refus de donner des visas d’entrée à plusieurs délégués rebelles, comme pour le porte-parole de Doha Abakar Assileck Halata.

Le groupe Rome et ce qui reste de Doha ont décidé de produire une réponse commune au projet d’accord de paix proposé par la médiation qatarie, mais ils assurent aujourd’hui qu’ils ne la remettront pas avant d’avoir reçu une réaction à leurs doléances :

« Nous avons adressé une lettre et nous attendons la réponse d’abord, avant de remettre nos amendements, explique Bachar Assed Aguid. Si demain ils résolvent nos problèmes, nous sommes prêts à les remettre. »

« Qui a intérêt à ce que le pré-dialogue de Doha prenne l’eau comme c’est le cas aujourd’hui ? » s’est demandé amèrement un des politico-militaire présents au Qatar, sans donner de réponse.

RFI

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