Confronté à une violente crise politique à Kinshasa avec la coalition des partisans de Joseph Kabila, le président Tshisekedi doit également mettre sur pied en toute hâte sa task force chargée de l’Union africaine.

Alors qu’il prendra pour un an la présidence de l’Union africaine (UA) en janvier 2021, le chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi, se hâte pour nommer une équipe de diplomates et experts en vue de gérer au jour le jour les futures activités à Addis Abeba. Selon nos sources, l’ambassadeur congolais en Ethiopie, Jean-Léon Ngandu Ilunga, est installé depuis la fin septembre à Kinshasa afin de monter une task force qui sera chargée de réussir les douze prochains mois de présidence congolaise de l’UA, lorsque l’Afrique du Sud passera la main.

Nommé en 2018 à Addis Abeba par Joseph Kabila, après avoir été pendant sept ans son ambassadeur itinérant, Ilunga est un familier des organisations internationales, ayant passé toute sa carrière à des postes à responsabilité au sein du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) entre 1975 à 2008. Il a notamment été en fonction en Ethiopie pour le HCR. Cependant, l’ambassade congolaise à Addis Abeba ne dispose pas de diplomates et de personnel en nombre suffisant pour gérer une présidence et l’organisation des sommets.

Qui conseillera Tshisekedi à Kinshasa ?

L’ambassadeur itinérant du chef de l’Etat, Nicolas Kazadi, devrait jouer un rôle de premier plan dans la présidence congolaise de l’UA, tout en restant à Kinshasa. Malgré le mini-scandale qu’il a déclenché en octobre en ne se levant pas à l’arrivée de Tshisekedi dans une salle de la présidence, trop occupé à discuter avec son collègue conseiller investissements Jean-Claude Kabongo, Kazadi devrait tout de même poursuivre ses activités auprès du président.

Kazadi travaillera avec un vice-ministre de la justice de Laurent Désiré KabilaAlphonse Ntumba Luaba, qui pilotera la task force depuis Kinshasa. Le président de la RDC connaît bien Ntumba Luaba : ils sont tous deux d’ethnie luba et natifs de l’ex-province du Kasaï. L’ancien cadre du HCR a également été de 2011 à 2014 le secrétaire exécutif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Il maîtrise donc parfaitement les dossiers de la région au sens large (la compétence de la conférence va du Soudan au nord à l’Angola et la Zambie au sud), qui seront au cœur des priorités de la présidence congolaise de l’UA. Malgré ses fonctions de premier plan exercées sous l’ancien président, Ntumba Luaba a l’immense avantage de ne pas être considéré comme un pro-Joseph Kabila. Dès 2017, il avait annoncé sa candidature à la présidentielle alors même que Kabila entretenait à dessein le flou sur son avenir à la tête de l’Etat.

De la lutte contre le coronavirus à l’UA

Cette task force spéciale UA sera aussi composée de personnalités déjà présentes dans la task force de 24 membres mise en place par le président en mai 2020 pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. C’est le cas de Roger Kamba, le conseiller spécial du président en charge de la couverture maladie universelle, ainsi que du conseiller principal sur l’économie Marcellin Bilomba. L’ancien directeur de cabinet du premier ministre Adolphe Muzito et ministre du budget sous Matata Ponyo fera également partie de la task force. Le point commun entre tous ses membres, dont la liste n’a pas encore été rendue publique, est qu’ils ont quasiment tous obtenu des diplômes de master ou de doctorat à l’étranger et occupé des postes à l’international.

Afin de compléter la liaison entre Kinshasa et Addis Abeba, l’UA a dépêché en septembre 2020 sa toute nouvelle représentante en RDC, la Sénégalaise Michèle Hélène Natou Ndiaye.

Tchadanthropus-tribune avec la Lettre du Continent

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