Après une longue période d’éclipse du président Abdéramane BECHIR, élu à la dernière A.G. de décembre 2010, ce qui reste du bureau de R.F.C. vient d’interrompre enfin, l’interminable provisoire qui s’est installé à la tête de son exécutif. En effet, vivement souhaitée et préparée de longue date, l’assemblée générale ordinaire s’est déroulée le samedi 6 juillet 2019 au Centre Almouna à N’Djaména, en présence de plusieurs membres, sympathisants et supporters, sous les auspices d’un fervent et mordu de toujours, Abdéramane KOULAMALLAH.

Même si l’objet premier de l’A.G. fut de redynamiser le club en le dotant d’un nouvel exécutif, il n’en demeure pas moins que l’l’important se trouve également dans cette grande retrouvaille. Celle-ci suscitera à coup sûr chez l’ensemble de la « famille » du club, le réveil de la fibre passionnelle, portée par le slogan toujours actuel de « RFC pour la vie ».

Le toilettage des statuts et règlement intérieur dont l’adoption préalable devrait constituer l’essentiel, a certainement pris en compte les difficultés antérieures et précisé le futur mode de gouvernance. Il aura facilité sans doute, une large consultation des anciens et nouveaux membres, et permis de proposer au conseil d’administration 15 administrateurs, et au bureau exécutif 23 membres, les 2 listes étant approuvées par acclamation.

Toutefois, Il peut être remarqué pour le déplorer que, dans les propositions des 2 organes, il ne figure pas de gent féminine. Pourtant, la présence d’une féminine dans l’exécutif, choisie parmi les nombreuses sympathisantes ou supportrices, aurait constitué une nouveauté qui s’inscrirait dans l’heure du temps actuel, et conforté le conseil national des femmes leader du Tchad (CONAF), que préside madame Mariam Mahamat NOUR. Ce qui démontrerait à suffisance que, au-delà de toute considération, RFC reste le club mythique et phare de N’Djaména et du football tchadien.

L’examen du bilan de la gestion du mandat passé, pour peu qu’il ait été présenté, est à relativiser et doit servir de leçons pour conduire la nouvelle dynamique enclenchée. Car, après les discours et les satisfécits de l’organisation de l’A.G, le temps est aux actions concrètes et immédiates. Surtout que beaucoup d’annonces ont été faites, notamment, financières et même d’un terrain pour l’édification d’un siège. De même, quelques ambitions ont été affichées et des engagements pris. La saison sportive commençant en septembre et, quelle que soit la formule de la compétition qui sera proposée, le club se doit d’être fin prêt.

Des voix se sont élevées aussi pour appuyer ces annonces et proposer une « professionnalisation » du club. Un vœu légitime et gratuit, comme savent lancer certains « connaisseurs ». Mais, ce qui est urgent, c’est la préparation de la saison sportive prochaine, notamment :

  • L’élaboration du projet sportif 2019/2020 (objectifs visés),
  • Le recrutement d’un directeur sportif chargé de l’exécution du projet sportif,
  • La reconduction de l’entraineur ou le recrutement d’un nouveau et d’un adjoint (si possible),
  • Faire le point sur la situation de l’effectif des joueurs, du matériel et équipements existants,
  • Faire le point sur le choix du cadre d’entrainement (terrain),
  • Réfléchir sur la nécessité de mettre en place, s’il n’en existe pas, d’une cellule permanente chargée du suivi médical et social des joueurs.

Ce sont là, quelques éléments constitutifs d’une politique ou d’un programme d’actions à mettre en place, avant d’entamer la prochaine saison footballistique. Ceux-ci pourraient faire l’objet d’une prise en charge par le budget approuvé par l’assemblée générale.

Pour rester dans l’esprit de ceux qui prônent le professionnalisme, le bureau exécutif du club serait prudent de commencer petitement par se doter d’un cadre restreint et fonctionnel comprenant :

  • Un siège d’accès facile et ouvert à tous (membres, sympathisants et supporters),
  • Un secrétariat, confié à un salarié recruté sur la base d’un vrai savoir faire en la matière,
  • Une direction sportive, confiée à un directeur sportif salarié (mêmes critères ci haut).

Pour ce qui concerne les joueurs et leur encadrement technique, leur situation doit faire l’objet d’une étude sérieuse qui tiendrait compte de ce qui se fait actuellement dans les autres clubs de N’djamena. Surtout que, la question de leurs émoluments, primes et autres avantages, qui justifierait du caractère de leur statut de semi ou professionnel, pèserait lourdement sur le budget du club.

Le professionnalisme est un vaste sujet qui ne concerne pas qu’un seul club, mais l’ensemble du football tchadien. Il en était question avec le championnat dit « intégral » mort-né, lancé en grande pompe par la FTFA il y a quelques années. Le problème est délicat et nécessite un cadre juridique approprié et beaucoup de moyens. Les exemples observés ailleurs en Afrique, sont loin d’être des modèles à suivre sans une étude préalable approfondie et sans tenir compte des réalités complexes du pays de Toumaï.

Le défi à relever pour RFC, n’est pas tant celui du professionnalisme. Ce qui importe d’abord et avant tout, est d’asseoir une structure efficiente, solide et efficace dans son organisation administrative et dans la gestion rigoureuse et rationnelle de ses ressources financières. Ce qui doit obliger les nouveaux dirigeants à faire preuve d’ingéniosité afin de susciter et motiver les membres, sympathisants et supporters, à s’acquitter régulièrement de leurs cotisations, seules ressources propres qui éviteraient au club de dépendre uniquement d’un quelconque sponsor ou d’une hypothétique philanthropie. L’équipe dirigeante dispose désormais de 3 ans pour redonner au club ses lettres de noblesse et son rayonnement d’autrefois.

BANGALI DAOUDA Boukar        

Professeur de sport Bureau d’Étude et Conseils en Sport

Email: b.daouda87@yahoo.com

Tel :   +336 13 82 96 26    

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