Lors d’un point de presse, le président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (Ltdh) Me Maxwell Loalngar et Me Frédéric Nanadjingué ont dénoncé la restriction d’accès aux réseaux sociaux et de coupure d’internet.

Cela fait deux semaines que les réseaux sociaux ont été restreints dans la capitale et l’internet a été complètement coupé dans le reste du pays. Une situation inadmissible pour les défenseurs des droits de l’homme qui dénoncent une violation de trop. « Le Tchad est un pays de non-droit. Un pays où nous sommes dans les ténèbres et où la jeunesse ne peut plus voir au-delà des frontières. Il est d’autant plus inadmissible que cela s’ajoute à une liste des violations flagrantes des libertés publiques », s’indigne le président de la Ligue Tchadienne des droits de l’homme Me Maxwell Loalngar. POur lui, non seulement, les Tchadiens ne peuvent bouger, ni se rassembler mais ils sont privés de cet outil indispensable pour l’éducation en cette période où tout est à l’arrêt. « On ne peut pas rêver d’une jeunesse audacieuse et la priver d’un outil important en ce 21ème siècle. On aurait pu comprendre si le pays ne s’est pas doté d’instruments permettant de réprimer les écarts qui en sont la cause. Mais nous avons un code pénal qui a circonscrit ce phénomène. C’est inadmissible, nous devons communiquer mais en toute responsabilité et ceux qui vont outrepasser doivent tomber sous le coup de la loi. Qu’on lève cet énième qu’on laisse la jeunesse communiquer », déplore-t-il.

Selon Me Frédéric Nanadjingué, il est tout à fait possible d’identifier cette poignée d’individus auteurs des messages de haine, à travers l’Agence nationale de sécurité informatique et de certification électronique (Ansice), tout comme l’agence nationale de sécurité (Ans) dont, regrette l’avocat « ses agents sont très futés quand il s’agit de recueillir des informations sur le citoyen lambda ».

L’avocat déplore qu’en lieu et place de leur identification et de leur poursuite judiciaire, le gouvernement a plutôt décidé de restreindre des réseaux-sociaux. Une mesure hautement impopulaire selon Me Frédéric Nanadjingué. « Dès lors, il est injuste à plus d’un titre, de priver la majorité des Tchadiens de la possibilité de s’exprimer et de communiquer librement grâce aux réseaux sociaux, à cause de quelques individus susceptibles d’être identifiés ou même déjà identifiés, se livrant sans inquiétude à ’’la mauvaise utilisation des réseaux sociaux’’ », ajoute-t-il.

L’avocat dénonce l’attitude des sociétés de téléphonie mobile, qui selon lui brillent par leur promptitude à appliquer les mesures de restriction. « Or, elles sont tenues à l’égard de leurs abonnés par les devoirs d’information et de loyauté. La violation de cette obligation légale les rend complices de cette injustice », s’indigne Me Frédéric Nanadjingué interpelle le gouvernement à prendre ses responsabilités face à la mauvaise utilisation des réseaux sociaux.

Stanyslas Asnan

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