Le président l’UNDR estime que le chef de l’Etat n’a nullement l’intention d’appliquer la loi sur le statut de l’opposition

 

Fini le temps des amours entre le président de la République, Idriss Déby Itno et le leader des l’opposition, Saleh Kebzabo. Elle semble très lointaine, cette journée du 28 mars 2012 où Déby et Kebzabo, mains dans la main, se livraient aux objectifs des caméras. C’était à Léré, fief de Kebzabo. Lors de cette envolée entre les deux hommes politiques, il y avait eu des promesses. Des promesses que Kebzabo ne souhaite pas révéler au grand jour. «C’était un certain nombre de problèmes politiques et cela ne nécessite pas une déclaration publique» élude le président de l’UNDR. Cependant, l’on sait que que Déby a promis de recevoir Kebzabo à N’Djaména pour poursuivre la discussion. «Je suis ouvert. Saleh Kebzabo, par exemple, que j’ai reçu à Léré, a demandé à me recevoir. Dès que mon agenda me le permettra, je lui fixerai un rendez-vous. Je suis un homme de dialogue, plus sans doute que la plupart de ceux qui dans ce pays se proclament démocrates» a déclaré le chef de l’Etat à nos confrères de JeuneAfrique. Des propos qui ont fait bondir Kebzabo. Le président de l’UNDR a fait parvenir à nos confrères de JeuneAfrique un texte au vitriol où il pointe le manque d’ouverture du président Déby.

 

 
© La Voix 
Qui a raison et qui a tort?

En vérité, le chef de l’Etat n’a nullement l’intention de mettre en œuvre la loi de 2009 relative au statut de l’opposition dont je suis chef de file. A ce titre, des rencontres de concertation et d’information devraient être organisées entre le chef de l’exécution et celui de l’opposition. Il n’en est rien. D’ailleurs, cette loi souffre toujours de l’absence d’un contrat d’application. M. Idriss Déby Itno, qui se proclame «homme de dialogue», prouve ainsi son manque d’ouverture».

Statut de l’opposition
Si le président de l’UNDR souhaite rencontre le chef de l’Etat, c’est d’abord pour revendiquer l’application de la loi de 2009sur le statut de l’opposition. «Cette loi précise les conditions d’existence des partis politiques et leurs avantages, leur statut tout en précisant que quel est le parti qui est de l’opposition et comment est-ce qu’on désigne le chef de l’opposition» précise Kebzabo. Il appelle le président à signer le décret d’application sur le statut de l’opposition qui a été votée en 2009. Pour Kebzabo, le fait que le décret d’application ne soit pas signé, trois ans après, l’amène à penser que le pouvoir actuel ne veut pas de ce statut. C’est une situation, pense le président de l’UNDR, qui va s’imposer au président Déby à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Sur les avantages à accorder à l’opposition, Kebzabo laisse au chef de l’Etat le soin de les déterminer. «C’est lui le chef de l’exécutif qui doit mettre en œuvre cette loi (…) Cela peut être un bâtiment consistant à abriter le personnel, les moyens de travail ainsi de suite». Cependant, Kebzabo tient à préciser qu’il ne fait pas de la rencontre avec Déby, un préalable. «Je ne suis pas spécialement demandeur. C’est une question de régulation politique prévue par la loi» conclut-il

 

 

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