Le 1ᵉʳ janvier 2024, Masra Succès a été nommé premier ministre par le président de la transition, Mahamat Idriss Deby Itno. Les journaux de la place ont consacré largement leurs lignes à cette nomination ainsi qu’au nouveau gouvernement de la 5ᵉ République. C’est la revue de presse.

La nomination de Succès Masra à la tête du gouvernement de la 5ᵉ République a causé de l’euphorie et de l’incompréhension. L’éditorialiste de N’Djaména Hebdo d’écrire que si Mahamat Kaka et Masra, emprisonnés par leurs ambitions personnelles et leurs égos, tiennent à être tous deux commandants de bord de la transition, il est fort à craindre que des crises surgissent et que l’avion ne fonce tout droit vers un crash. L’auteur va un peu plus loin pour dire qu’en cette dernière phase de transition, « c’est la France qui a imposé Masra Succès à la Primature ». Le nouveau premier ministre, poursuit l’hebdomadaire, si cela ne dépendait que de lui, ne choisirait pas de se transporter à la Primature, dans son image actuelle dont l’occupant n’est que figuratif, et non seulement, est souvent mis devant les faits accomplis, mais des peaux de banane lui sont souvent glissées.

 

Sur le même sujet, l’hebdomadaire l’Observateur se demande, est-ce la nomination de Masra Succès est un renoncement à sa lutte et de son rêve de devenir président de la République ? Car selon certaines indiscrétions rapportées par le journal, l’arrivée de Masra à la tête du gouvernement fait suite à un « accord secret », passé entre le président de transition et le patron de Les Transformateurs. Il doit conserver la Primature jusqu’à l’organisation du scrutin courant 2024 qu’il doit coordonner. Ce qui l’exclurait de facto de la course à la magistrature suprême du Tchad. Mahamat Kaka sera alors élu président et Succès Masra sera reconduit premier ministre, informe nos confrères de L’Obs. Pour l’hebdomadaire, il est difficile de pronostiquer que les élections à venir soient véritablement libres, transparentes comme beaucoup attendent.

 

Après avoir été nommé premier ministre de transition, Masra Succès a aussitôt formé son gouvernement, le lendemain. Dans ce gouvernement, l’on n’observe pas trop de changement. Ainsi, le journal Abba Garde d’écrire qu’il n’y a aucun changement à opérer avec une équipe gouvernementale remplie de grands zébus tous moulés dans la mauvaise gouvernance et de surcroît réfractaire au changement. Le journal de poursuivre qu’au regard de la composition de l’équipe, tous les instruments d’influence, permettant d’opérer des changements profonds, échapperont complètement au contrôle de l’ambitieux Assyongar Masra Succès. « Il croisera, à ses risques et périls, le fer avec le tout-puissant ministre des Finances chargé d’exécuter le calendrier économique obscur de la dynastie au pouvoir ».

 

De son côté, l’Observateur, dans sa livraison du 03 au 10 janvier 2024, a écrit qu’il y aura un partage de pouvoir entre Succès Masra et Mahamat Idriss Deby Itno, selon les indiscrétions. Mais au vu de la formation du gouvernement, tous les départements ministériels de la souveraineté sont entre les mains des hommes de Mahamat. Alors qu’au début, il était convenu que Succès ait la mainmise sur les finances qui est le nerf de la guerre de Kaka et l’armée. « Mais avec l’aide de ses hommes d’ombre, le président de transition n’a pas cédé à cause de la jurisprudence entre Dr Fidel Moungar et Idriss Deby Itno en 1993 où, le ministre des Finances, proche de Moungar a fait de la misère à Idriss Deby jusqu’au point où sa vie était mis en danger », nous renseigne l’Observateur.

Le Tchadanthropus-tribune avec Ndjampost

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