Idriss Déby est rentré hier soir de Sotchi, et l’heure est venue de faire une analyse sur son déplacement.

De notre point de vue, Idriss Déby est le grand perdant de cette réunion sur l’Afrique qu’avait organisé Poutine, le chef de l’État russe.

Le fonds de commerce sur la Sécurité qu’entretient Idriss Déby pour prolonger la survie de son régime s’en trouve essoufflé et à bout d’arguments. Si ces parrains français lui ont échaudé ce lexique pour le garder au pouvoir et n’avoir que lui comme seul interlocuteur, les Russes eux ont une autre vision de la chose, même si la Sécurité au Sahel les préoccupe aussi.

À Sotchi, Déby a été le plus grand perdant de cette rencontre. En dépit des efforts que le régime Déby déploie dans la lutte contre le terrorisme, Déby n’avait pas eu droit à un tête à tête avec le président russe Vladimir Poutine, alors que ses collègues centrafricains, nigériens, et autres ont eu tous les égards.

Ce manque de considération à Déby est certainement imputable à la diplomatie de son pays qui n’a pas su faire un travail en amont. Sinon, il est impensable que celui qui se définit comme le champion dans la lutte contre le terrorisme au Sahel soit ainsi marginalisé. De prime à bord, comparaison n’étant pas forcément raison, mais une telle déculottée diplomatique ne serait jamais passée sous le règne flamboyant d’un Moussa Faki. Pourtant les choses auraient pu être faciles pour le ministre des Affaires étrangères Mahamat Zène Chérif, d’autant plus qu’il a fait ses études en Russie. Il est temps que Mahamat Zène Cherif s’entoure des vrais diplomates, des hommes chevronnés et d’expérience pour le rayonnement de la diplomatie tchadienne dans le concert des Nations. Le pourrait-il au regard de son égocentrisme, toujours prompt aux critiques même quand ils sont nécessaires ? Telle est la question ?

L’autre réflexion réside dans son discours quand encore dans le domaine de la Sécurité, il fait appel aux russes sachant la complexité géostratégique de la chose. Tout le monde sait que la France tient mordicus à sa position au Tchad qui lui confère une position militaire dominante sur le Sahel. En appelant les Russes quelle place fera-t-il pour ses alliés de toujours ? Où oublie-t-il que seule la présence russe en Centrafrique voisine est perçue de mauvais œil par les stratèges du quai d’Orsay et ceux des renseignements de l’hexagone ?

Tout cela dénote d’une politique bâclée et généralement mal initiée en matière de politique et coopération internationale. Quand il faut aller quémander de l’argent, le régime Déby est capable de vendre même sa peau, mais pour initier une bonne coopération, sa vision devient glauque et sombre.

Tchadanthropus-tribune

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