Alors que l’opération tricolore Barkhane a entamé la fermeture de plusieurs de ses bases dans le nord du Mali, l’armée française s’apprête à passer commande d’une dizaine de ballons de surveillance pour protéger encore davantage ses installations dans le pays.

La réduction de format de Barkhane entamée mi-septembre pourrait encore accroître un peu plus la pression sur les bases françaises au Sahel. C’est en tout cas un risque pris très au sérieux à l’état-major des armées. L’armée française doit ainsi prochainement passer un appel d’offres pour acquérir un peu moins d’une dizaine de ballons de surveillance afin de protéger ses installations au Mali. Parmi les sites jugés prioritaires figurent notamment Gossi, Gao et Ménaka.

Boules optroniques et radars

Les deux principaux industriels français du secteur – CNIM Air Space et A-NSE – devraient tenter de se positionner sur ce marché estimé à plusieurs millions d’euros. Jusqu’à présent, c’était l’armée de terre qui fournissait Barkhane avec des engins développés en interne. Ces derniers présentent néanmoins d’importantes lacunes techniques, notamment en matière de capteurs.

Pour cet appel d’offres, Barkhane pourrait ainsi porter son choix sur des engins bien plus puissants, permettant d’embarquer des boules optroniques et des radars. CNIM a déjà fourni à Barkhane plusieurs accessoires pour ses ballons captifs et travaille actuellement avec l’Etat grec dans le cadre de la lutte contre l’immigration illégale en Méditerranée. De son côté, A-NSE a vendu ses systèmes à la Minusma, et plus récemment en Côte d’Ivoire (AI du 11/10/21). Le groupe français va aussi appuyer les forces allemandes de la Bundeswehr à Tillia, au Niger.

Les faiblesses des ballons de surveillance

Si les ballons de surveillance se sont montrés particulièrement efficaces au Sahel ces dernières années, ils présentent néanmoins plusieurs faiblesses. Ainsi, ils disposent d’une très faible résistance au vent pourtant puissant en altitude au Sahel – un ballon français a même été emporté par une rafale – et constituent des cibles vulnérables pour les groupes djihadistes. Ces derniers ont par ailleurs largement adapté leurs modes opératoires à leur présence. Afin de les contourner, ils ont ainsi mené plusieurs attaques avec des véhicules capturés sur les stocks des Forces armées maliennes (FAMA).

Tchadanthropus-tribune avec Africa Intelligence

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