Sogea-Satom, filiale du groupe Vinci, s’est mobilisé au plus haut niveau pour tenter d’apaiser les tensions avec le ministre des infrastructures. L’entreprise de BTP, dans le viseur des autorités depuis le mois d’août, n’est pas parvenue à empêcher l’expulsion du directeur de sa filiale tchadienne.

Le président de Sogea-SatomFrédéric Bernadet, s’est récemment emparé d’un dossier problématique pour la filiale du groupe Vinci. Le ministre des infrastructures et du désenclavement, Idriss Saleh Bachar, a réclamé et obtenu le remplacement du patron de la filiale tchadienne de Sogea-Satom, Amadou Gaye, qui a été contraint de quitter le pays le mois dernier (AI du 27/09/23).

Pourtant, dès le 1er septembre, et dans une lettre remise en main propre au ministre, le dirigeant français a tenté de calmer les tensions. À la demande ministérielle de changer d’interlocuteur, Frédéric Bernadet a répondu que « le remplacement immédiat de notre directeur d’agence pourrait avoir un effet contre-productif sur la bonne poursuite de nos actions […] sur le terrain ». Pour tenter de trouver un consensus, le président du groupe a toutefois proposé au ministre de rencontrer dans les meilleurs délais le directeur régional de Sogea-Satom, Pierre-Etienne Latour.

Argumentaire détaillé

Dans sa lettre, Frédéric Bernadet a également défendu le bilan de l’entreprise dans le pays en répondant point par point aux récriminations concernant les trois chantiers visés par le gouvernement. Pour les travaux de la route Gassi-Dourbali, Frédéric Bernadet explique ainsi qu’une réunion « s’est tenue vendredi 25 août en présence de votre secrétaire général. Une nouvelle rencontre est programmée pour le 5 septembre prochain afin de permettre la poursuite des travaux à la satisfaction de l’ensemble des parties« .

Au sujet des voiries de N’Djamena et de la pénétrante Nord, il a précisé que « les premières études techniques de sol et de trafic ont été réalisées » ajoutant que la « saison des pluies » serait propice « pour finaliser nos installations et les projets d’exécution, l’hivernage étant effectivement peu favorable à la réalisation de travaux de terrassement et d’assainissement ».

Les impayés sur la table

Enfin, sur les travaux de la route Kelo-Pala, le dirigeant français a rappelé qu’un solde « d’impayés à hauteur de 7,7 milliards de francs CFA pour la part BDAC (la Banque de développement des États de l’Afrique centraleet de 2,8 milliards de francs CFA pour la part nationale » compromettait pour l’heure la suite du chantier.

La missive de Frédéric Bernadet a été précédée d’au moins deux autres lettres envoyées début août par Amadou Gaye à Idriss Saleh Bachar. Le plaidoyer du groupe français n’a eu pour le moment que très peu d’effets auprès des autorités tchadiennes. Soutenu en coulisses par Idriss Youssouf Boy, le tout-puissant directeur de cabinet du président de la transition, Mahamat Idriss Déby, le ministre des infrastructures reste partisan d’une position ferme à l’égard de Sogea-Satom.

Tchadanthropus-tribune avec Africa intelligence

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