Le président sénégalais et de l’Union africaine devrait tenter de trouver les moyens de réintégrer le principal groupe politico-militaire dans le dialogue inclusif en cours à N’Djamena.

Alors qu’une prolongation de quelques mois de la transition au Tchad devrait être annoncée dans les prochains jours, une délégation de mouvements non signataires de l’accord de Doha du 8 août devrait se rendre rapidement à Dakar à l’invitation du président Macky Sall. Cette demande de médiation du dirigeant de la Teranga émane de Mahamat Mahdi Ali, le patron du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), via un courrier daté du 13 août adressé au président sénégalais, en sa qualité de chef de l’Union africaine (UA).

Sur une cinquantaine de groupes politico-militaires partis négocier au Qatar entre le 13 mars et le 8 août (AI du 05/07/22), 18 n’ont pas signé, dont le FACT – accusé d’être derrière la mort du maréchal Idriss Déby en avril 2021, conduisant à l’arrivée au pouvoir de son fils Mahamat Idriss Déby, surnommé « Kaka« . La possibilité pour ces mouvements de signer l’accord de Doha a été laissée ouverte par la présidence tchadienne. Elle n’est pas opposée au fait que le président sénégalais s’implique directement afin de réaliser cet objectif compliqué.

Une délégation de sept personnes, dont les identités ont été transmises le 22 août aux autorités sénégalaises, devrait représenter une partie des non-signataires. Deux du FACT – Brahim Ahmat Ibrahim et Issa Kouroundou – ainsi que l’ancien patron du groupe de Rome à Doha, Adoum Yacoub Kougou (FPRN), seront parmi les envoyés à Dakar. Ces sept personnalités doivent trouver les moyens de se raccorder au dialogue national inclusif souverain débuté le week-end dernier à N’Djamena, en compagnie de la quarantaine de groupes signataires des accords de Doha ainsi que de l’opposition traditionnelle et société civile tchadienne. L’objectif de cette discussion dans la capitale tchadienne est de trouver les moyens d’un partage du pouvoir pendant la transition et d’éventuels changements constitutionnels. Certains craignent que « Kaka » tente d’utiliser le dialogue inclusif pour faire passer une future candidature à l’issue de l’extension de la transition, qui arrive à échéance en octobre.

L’OIF en première ligne

Après avoir informé son homologue « Kaka » et les Qataris de sa volonté de tenter une médiation avec les groupes non signataires de l’accord de Doha, Macky Sall a confié à ses deux conseillers diplomatiques – l’insubmersible Oumar Demba Ba, déjà à ce poste sous la présidence d’Abdoulaye Wade 2000-2012), ainsi que son nouveau numéro deux Sonar Ngom – le soin de s’entretenir avec ses futurs invités. Il attendrait encore une demande signée des 18 groupes n’ayant pas conclu à Doha avant de les inviter formellement à Dakar.

L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) pourrait aussi faciliter les rounds de négociation à Dakar. L’un des experts de l’OIF sur le Tchad, qui a assisté aux négociations de Doha et est présent à N’Djamena depuis l’été 2021, est le Sénégalais Thierno Ba Demba Diallo. Ce dernier pourrait jouer un rôle clé dans le pilotage des débats dans la capitale.

Africa Intelligence

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