D’un ton chaleureux et feutré, madame Raymonne Fatimé Habré aborde sans réserve avec la rédaction de Tchadanthropus Web radio les questions partant de la libération de son époux la semaine dernière jusqu’aux diverses difficultés des problèmes encourus.

Elle revient aussi sur ce qui a constitué sa lutte face à l’armada internationale mise en place contre son illustre époux. Dans ces moments difficiles avoue-t-elle, je ne me suis jamais senti vaincu. Quelle mère, quelle épouse, qui laissera sa famille au moment difficile !

Son combat n’est hélas pas encore fini !

Écouter, analyser…

Question 1 : Mme Habré, après 7 années de prison, le Président Hissein Habré vient de fouler pour la 1ère fois, le portail de sa résidence. Quel sentiment ressentez-vous, et quelle est la réaction de la famille ? Et qu’avez-vous retenu tout au long de cette période faite de stress et de lutte pour votre époux ?

Réponse :

Salam Mahamat, je rends grâce à Dieu et je dis Amine ! Cette sortie de prison du Président est une nouvelle extraordinaire pour moi et pour la famille. Beaucoup d’émotions, de joies.  Ces 7 années de prison, je les ai portées sur ma tête dans tous les sens. Ce qui est important à comprendre, c’est que l’Affaire Hissein Habré n’était pas une affaire de justice ; les procédures judiciaires étaient simplement une couverture, un prétexte. L’enjeu véritable était de trouver un moyen pour le détruire politiquement, moralement et physiquement. Alors mon combat a été sur tous ces fronts pour construire les stratégies de défense avec notre équipe d’avocats, organiser une riposte médiatique contre ses ennemis de tous bords, rassemblés, intéressés par des moyens financiers quasiment intarissables sur de très longues années. Mais aussi veiller sur lui, sur sa santé, sur ses conditions de vie sur tous les plans dans cette prison. Cela été très dur, difficile, éprouvant, épuisant. Alhamdoulilahi !

Question 2 : Dans ce combat, on a constaté votre solitude ?

Réponse : Oui et non.

L’affaire Hissein Habré a montré que quand vous perdez le pouvoir, mais aussi quand le pouvoir qui vous a remplacé, affiche ostensiblement son investissement démentiel sur le plan financier, politique, médiatique pour vous nuire à travers une affaire pseudo-judiciaire; les conséquences sont très importantes et vous touchent, de manière forte, aussi bien dans votre famille, dans votre communauté, qu’au sein des acteurs politico-militaires qui ont vécu les événements qui ont servi de trame à ce complot.

La chape de plomb du pouvoir en place, sa brutalité, sa férocité expliquent certaines choses mais pas certaines démissions pour ne pas dire plus. La peine de prison à perpétuité dévoilait la folie des ennemis et leur détermination mais cette peine a eu aussi pour effet de mettre à nu les esprits négatifs ; ceux qui pensaient que tout était fini pour nous et qui ont oublié que seul Dieu détermine le destin de chacun d’entre nous.

Des journalistes sénégalais échangeant avec moi, m’ont dit : « Mme, on ne vous a jamais senti désespérée ! » Non ! J’ai été désespérée plus d’une fois. Comment ne pas l’être ? Tant ce combat était à armes inégales, disproportionné, épuisant, sans fin sur plus de 19 années. Pour faire face à toutes les ignominies, j’ai puisé sur mes fortes convictions à savoir que le Président Habré qui a tant fait pour son pays, qui a sacrifié sa personne en s’engageant corps et âme pour défendre sa patrie, ne méritait pas cela et sa place n’était pas en prison. Et puis, si on ne défend pas sa propre famille, ceux qu’on aime, vous allez défendre qui ? Vos petits intérêts personnels ? Personnellement, cela ne m’a jamais effleuré l’esprit. C’est le sens de mon combat.

Je tiens à remercier ceux qui ont été à mes côtés, ceux qui m’ont permis de tenir et d’organiser la défense du Président au niveau de la communication, par la diffusion de nos communiqués, par des prises de position que ce soit à Paris, aux États Unis, à Dakar et ailleurs. Merci aussi à ceux qui n’ont cessé par leurs Douas de prier, dans de nombreux pays, pour le Président ; c’était un soutien moral important et sincère d’autant plus que, même en prison, tant d’événements sont venus nous faire souffrir davantage.

A l’annonce de la sortie de prison du Président Habré, les manifestations de joie spontanées qui ont traversé le Tchad mais aussi partout où les communautés tchadiennes vivent à l’étranger ; elles démontrent que de nombreux Tchadiens portent le Président Habré dans leur cœur. Je n’en ai jamais douté et je leur dis aussi merci.

Question 3 : Comment se porte le Président, du point de vue de sa santé ?

Il est fatigué et récupère au repos depuis sa sortie de prison. Il a besoin de décompresser totalement. L’absence de soins pour son bras cassé pendant 3 mois, de douleurs et d’insomnies, a aggravé son état. Inch’Allah ! Il va récupérer.

Question 4 : Aujourd’hui, chez lui, les médias occidentaux parlent de conditions très dures de sa résidence surveillée ?

Vous savez que l’un des plus grands marqueurs de l’affaire Habré, c’est le mensonge. Un mensonge construit de manière élaborée et véhiculé dans tous ces médias de la haine et de l’intox. Je vais vous citer deux exemples que tout le monde a pu vérifier récemment. D’abord, c’était la prison qui aurait coûté des centaines de millions, qu’elle était aux normes internationales, équipée de bibliothèque, digne de son rang de Chef d’État, Bla Bla Bla. Cela, c’était le discours des ennemis, diffusé dans leurs radios et même dans les livres commandités pour leur cause et cela depuis 7 années. Alors, quand j’ai levé le voile sur une partie seulement de la réalité de cette prison et ce que je gérais depuis 7 ans. Leur silence a été assourdissant.

Ensuite, ces mêmes médias ont dit que le bras du Président n’était pas cassé, et que, je les cite : « Mme Habré a lancé une campagne médiatique pour faire croire que le Président Habré est malade ». Ce camp a pesé de tout son poids pour empêcher les soins au Président. Nous avons publié la radiographie du bras cassé pour édifier l’opinion publique. Ils ont manœuvré 3 mois durant et nous avons continué notre alerte médiatique. Et finalement, la réalité du bras cassé s’est imposée et les soins ont été acceptés et prodigués.

C’est pour dire que : quand vous êtes une cible pour eux, comme l’est le Président Habré, écouter ce qu’ils diffusent sur le sujet, c’est s’abrutir inutilement. Je voudrai simplement qu’ils soient en adéquation avec leur ligne éditoriale haineuse envers le Président Habré et qu’ils cessent de me solliciter pour des interviews.

Question 5 : Est-ce la fin de votre combat avec cette libération ?

Non pas du tout. Vous avez, comme moi, constaté l’hystérie collective des ennemis du Président Habré.  Mais, Allah Karim et Rahim.

Tchadanthropus-tribune

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