La réussite, si le baccalauréat en est une, fait prendre la grosse tête. Déné (nom d’emprunt) est devenue totalement prétentieuse dès qu’elle a reçu le message d’Airtel la félicitant pour avoir réussi au baccalauréat, série A4 ce samedi 16 juillet. Hâtivement, elle s’accoutre dans une tenue de ville, hèle un mototaxi, éteint son téléphone et disparaît dans un bistrot de la bruyantissime avenue Mathias Ngarteri (le fameux Axe CA7). Au petit matin, elle rentre complètement ivre, la coiffure défaite, renforçant les soupçons d’infidélité.

« J’AI DÉJÀ RÉUSSI, JE M’EN FOUS D’UN MARI », PROCLAME-T-ELLE.

L’époux qui l’a cherchée et appelée en vain toute la nuit pour allaiter son nourrisson, monte sur ses grands chevaux et convoque d’urgence une réunion de famille. La nouvelle bachelière, titubant sur ses jambes flageolantes, rentre enfin autour de 7 heures, fend sans le moindre respect le cercle formé par la dizaine des parents au quartier, s’enferme dans la chambre conjugale.

Forcée à se justifier sur le fait qu’elle ait découché, sa réponse est sans ambages. « Je m’en fous, j’ai déjà réussi ! D’ailleurs à combien s’élève la dot qu’il a payée ? Mettez mes effets dehors tout de suite si vous voulez ». Sans le moindre remords, son époux exécute sa volonté. Haillons, ustensiles, paperasse, tout atterrit violemment hors de la chambre conjugale. La nouvelle bachelière, imperturbable, les range soigneusement. À la fin, elle n’a d’oreilles que pour entendre son époux, licencié en droit devenu vigile, vociférer : « On verra bien ce que tu feras de ton bac. Même moi licencié, je garde la maison des gens ».

Masrambaye Blaise

Tchadanthropus-tribune avec Alwihda info

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