N’DJAMENA 24 vous donne le pouvoir de partager vos projets et vos ambitions avec le monde entier. Nous soutenons les femmes, les jeunes porteurs de projets et les chefs d’entreprise en quête des talents et collaborations. Pour cette édition, nous sommes allés à la rencontre de Fatimé Boukar Kossei, présidente-fondatrice de l’Action pour la Solidarité et le Soutien aux Couches Vulnérables (ASOSCOV).
N’DJAMENA 24 : Bonjour Mme Fatimé Boukar Kossei, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de N’Djamena 24 ?
Fatimé Boukar Kossei: Bonjour et je vous remercie pour l’honneur que vous m’avez fait en m’accordant cet entretien. En effet, je me nomme Fatimé Boukar, connue sur le pseudonyme d’Emtifa Boukar sur les réseaux sociaux, présidente-fondatrice de l’Action pour la Solidarité et le Soutien aux Couches Vulnérables (ASOSCOV) et membre de plusieurs organisations de la société civile. De ce fait, je me définis comme une universaliste, une militante de bonnes causes. Et, je monte au créneau chaque fois que la dignité humaine est atteinte.
NDJ 24 : Vous êtes la fondatrice de l’Action pour la Solidarité et le Soutien aux Couches Vulnérables (ASOSCOV), dites-nous comment êtes-vous arrivée à créer cette association ?
FBK: Par pures expériences dans ce domaine associatif, nous avions réfléchi avec quelques personnes soucieuses du devenir de l’humanité sur le fait d’aider nos frères et sœurs qui souffrent quelque part. Ils ont besoin de notre soutien et notre solidarité. C’est pourquoi nous avons décidé d’assister cette couche vulnérable par nos petites idées et nos moyens de bord, nous avions jugé utile et salvateur de créer une association afin de secourir cette couche vulnérable abandonnée à son sort que je crois alarmant et inquiétant. Alors, l’action a vite vu le jour pour ces causes nobles.
NDJ 24 : Parlez-nous un peu de vos objectifs ?
FBK: L’ASOSCOV a, dès sa création, fixé plusieurs objectifs dont certains sont plus grands et nous comptons les réaliser à long terme. En fait, nos objectifs ont une grande importance à nos yeux à cette ère de la mondialisation : aider les femmes et les enfants vulnérables matériellement, financièrement et surtout moralement car beaucoup de nos membres sont des jeunes élèves et étudiants qui ne travaillent pas, participer activement à l’éducation des enfants vulnérables (vous savez bien que l’accès à l’éducation est un droit, mais en Afrique et partout dans le monde, beaucoup d’enfants sont privés de ce droit). Nelson Mandela disait : « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ». Ça c’est une évidence. Nous voulons aussi faire des plaidoyers auprès des instances nationales compétentes et des organisations qui ont une voix écoutée. L’ASOSCOV est devenue, en quelque sorte un espace de liberté et d’expression par lequel toutes les personnes vulnérables peuvent s’exprimer et faire entendre leur voix. C’est dans ce sens que nous avons écouté des filles-mères, des enfants de la rue, des retournés de la Centrafrique, des personnes handicapées, des veuves et des orphelins. Nous avons pu recueillir toutes ces voix et cela va nous servir dans nos prochaines réalisations. C’est pour vous dire que nous sommes ouverts à tout le monde et nous écoutons tout le monde.
NDJ 24 : Pouvez-nous décrire vos actions menées à l’égard des personnes vulnérables ?
FBK: Depuis le lancement de nos activités en janvier 2017, nous avons pu mener beaucoup des activités parmi lesquelles nous avions fait remise de dons composé des blousons, des habits et des fournitures scolaires aux enfants réfugiés du site de Gaoui, des kits aux enfants des filles-mères du ‘’marché Mokolo’’ que nous voulons éradiquer peu à peu, des orientations, des conseils et d’assistance morale… Nous avons aussi mené des campagnes de sensibilisation en collaboration avec une association sœur dans les écoles portant sur l’impact des médias sur l’éducation et la formation des enfants au Tchad, des visites dans les orphelinats et les centres d’accueil d’enfants pour partager des moments de joie avec ces enfants, etc. Et, à présent, nous sommes débordés d’idées et nous rédigeons d’autres projets qui vont dans le même sens.
NDJ 24 : Le chômage est un défi majeur au Tchad, plusieurs étudiants rentrent avec des diplômes importants, cependant la plupart d’entre eux sont déçus et abandonnés à leur propre sort. Impliquez-vous ces jeunes dans votre association ? Sur quels critères vous vous basez pour le recrutement ?
FBK: Notre association est purement humanitaire et est non lucrative. Comme toute autre association, on ne recrute pas les membres, mais nos portes d’adhésion sont ouvertes à toute personne partageant nos objectifs et les seuls critères d’adhésion sont la volonté et l’engagement de l’intéressé(e). On n’exige rien de toute personne qui souhaite adhérer à notre combat. La rémunération par contre est la satisfaction de contribuer à une cause noble.
NDJ 24 : Quelles sont les sources de financement de votre association ? L’État tchadien vous soutient-il ?
FBK: Actuellement, nous ne comptons uniquement que sur les cotisations de nos membres. On aimerait mieux voir des mécènes et des personnes de bonne volonté associer à nos actions. Jusqu’à présent, nous n’avons pas reçu un soutien de l’État tchadien.
NDJ 24 : Être fondatrice d’une association nécessite sûrement beaucoup d’attention et des nuits blanches. Votre vie professionnelle est probablement bouleversée. Comment faites-vous pour jongler vos responsabilités familiales et professionnelles ?
FBK: De toute évidence, il faut une bonne gestion du temps, c’est-à-dire un emploi du temps raisonnable, pour parvenir à remplir ponctuellement mes tâches. Non, non, ma vie n’est pas bouleversée, rassurez-vous ; par contre, je suis heureuse chaque fois que nous avons pu rendre heureuse une femme, faire sourire un enfant (ou un orphelin), redonner goût et assister des personnes vulnérables, répandre l’espoir dans le cœur de toutes les couches faibles. Oui, il m’est parfois difficile de gérer foyer, profession et association. Mais je suis prête à aller jusqu’au bout.
NDJ 24 : Tout début est difficile et beaucoup d’entrepreneurs ont du mal à faire avancer leurs projets pour diverses raisons. Quelles sont alors les difficultés que vous avez surmontées ?
FBK: Nous avons rencontré des difficultés, nous en rencontrons actuellement et nous en rencontrerons encore dans l’avenir, car c’est naturel pour tout entrepreneur d’avoir des obstacles à entreprendre. Nos difficultés sont d’ordre financier. Nous avons d’excellents projets, mais nous manquons les moyens de réalisation. Mais cela ne nous fait pas perdre la foi que nous avons en nous et aux actes que nous posons pour le bien-être de tous. Je profite de l’occasion pour lancer un appel aux partenaires au développement d’aider les organisations de jeunes.
NDJ 24 : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs et entrepreneuses qui hésitent de se lancer ?
FBK: Je les conseille de se lancer, car rien ne peut se faire sans une entrée dans ce monde d’entreprenariat et le reste viendra naturellement. Tout jeune doit apprendre de ses échecs. Et, les difficultés sont toujours à surmonter. Il faut qu’ils inscrivent la patience, la confiance, le courage et la dépense dans le vocabulaire de leurs actes. « La jeunesse est l’âge de l’impossible », cette belle assertion a tout son sens dans l’univers où nous sommes.
NDJ 24 : Comment voyez-vous l’avenir de votre association ?
FBK: Notre association est jeune, composée de jeunes bien motivés, volontaires et dévoués pour les causes que nous défendons. Je suis donc certaine qu’ASOSCOV sera dans l’avenir plus grande encore et plus meilleure dans ses objections. Notre avenir est prometteur et prodigieux. Et, pour finir, je tiens à préciser que notre association entreprend de s’étendre dans toutes les régions du pays dans les années à venir avec des visites, des festivals, des manifestations culturelles et sportives, des conférences et bien d’autres événements que nous comptons inscrire dans notre agenda.
NDJ 24 : Mme Fatimé Boukar Kossei, N’DJAMENA 24 vous remercie de votre temps et l’opportunité de partager votre expérience avec nos lecteurs. Nous vous souhaitons le meilleur dans vos projets.
Propos recueillis par Abdraman Kore.
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  • c’est ça l’humanisme, du courage et bon vent pour la suite.

    Commentaire par Mahamat Alhafis Tidjani Ali le 20 juin 2017 à 9 h 58 min