Somdiaa, dirigé par Alexandre Vilgrain, a annoncé récemment des investissements de 320 millions d'euros dans le sucre africain. © Bruno Levy/J.A.

Alexandre Vilgrain, PDG de Somdiaa, s’est rendu le 9 juillet au Tchad pour officialiser la construction d’une nouvelle usine sucrière. L’objectif est notamment de mieux satisfaire un marché inondé par les productions des pays voisins.

 Lundi 9 juillet, sur le perron de la présidence tchadienne, Alexandre Vilgrain a confirmé la construction prochaine d’une nouvelle usine de production de sucre dans le sud du Tchad. Pour le groupe agro-industriel Somdiaa, propriétaire de la seule entreprise sucrière du Tchad (la Compagnie sucrière du Tchad – CST), c’est l’occasion de gagner des parts de marché dans un pays où sa production est déficitaire et subit une rude concurrence venue de l’extérieur. L’usine de Banda, dans le sud du pays, construite dans les années 1970, a en effet atteint ses limites. « Les capacités de l’actuelle usine ne suffisent plus. Il est aussi temps de renouveler l’outil », a souligné Alexandre Vilgrain, PDG du groupe Somdiaa.

L’usine sera donc remplacée par un nouveau complexe industriel qui sera également doté d’une unité de production d’électricité avec des capacités dépassant les besoins de l’entreprise. « Nous pourrons redistribuer l’électricité », a ajouté le patron français. L’opération devrait permettre d’augmenter la production de la CST de 10 700 tonnes.

Concurrence libyenne, soudanaise et même nigériane

Pour la filiale tchadienne de Somdiaa, dont la capacité de production restait faible, cette construction est une aubaine pour mieux servir un marché devenu de fait très concurrentiel du fait des importations frauduleuses. En effet, explique un cadre de la direction commerciale, « le nord du pays dépendait du sucre libyen qui est beaucoup moins cher. L’est du pays se nourrit du sucre soudanais et N’Djaména et le reste du pays sont inondés de sucre nigérian. » Malgré l’appui institutionnel renouvelé de l’État à la CST et la lutte sans merci contre la fraude, celle-ci est toujours largement présente au Tchad.

Toutefois, la CST devra également s’attaquer aux prix de vente pour augmenter sa part de marché. Jusqu’en 2010, le sucre tchadien était le moins cher de la région avant que les prix ne s’alignent progressivement sur les cours mondiaux, notamment parce que Somdiaa écoule le surplus de production de ses autres pays d’implantation dans la sous région (Cameroun et Congo) sur le marché tchadien. L’objectif ne sera donc pas « uniquement de produire davantage mais de revoir des prix qui ne résistent pas à la concurrence », poursuit le cadre commercial.

 

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