« Hemetti » brandit la dissolution de la force mixte après une incursion armée

De sources concordantes, des hommes armés partis du Tchad ont fait une incursion au Darfour le 04 août dernier, massacrant des civils et volant des biens, affirme le gouvernement soudanais.

Les individus, à bord de quatre véhicules, ont attaqué et tué 18 personnes avant d’emporter leur bétail. Selon des informations constatées par des sources indépendantes. Il pourrait s’agir des faits quotidiens entre voleurs de bétails ou d’un règlement de comptes. Face à ce problème, le gouvernement tchadien a fait plus tard une déclaration officielle sur cet évènement en s’expliquant sur les mesures conservatoires, fermant provisoirement la frontière, pour calmer les ardeurs des uns et des autres.

Ce drame suscite une vive colère au Soudan. Mardi dernier, Arkou Minni Minnaw, le gouverneur de la province du Darfour a été dépêché au Tchad pour rencontrer le président de la transition Mahamat Idriss Deby.

Deux jours plus tard, le vice-président du Conseil souverain de transition du Soudan, le général Mahamat Hamdane Dagalo, accompagné des principaux chefs des services de renseignement soudanais, est arrivé à N’Djamena pour s’entretenir à huis clos, pendant deux heures, avec Mahamat Idriss Deby, et présentant les preuves de l’agression. À Khartoum se tiendrait la 8e conférence d’évaluation annuelle des activités de la force mixte Tchad-Soudan. Le ministre tchadien en charge de la défense, le gouverneur de la province du Ouaddaï et le chef d’état-major général des armées y ont pris part.

Les autorités soudanaises se disent préoccupées par la situation à la frontière et estiment que ces faits récurrents doivent cesser.

Malgré cet avertissement, Hemiti (2e vice-président) a affirmé à ses « frères de la communauté arabe » la prudence et la patience. Pour lui c’est plutôt une agression contre le Soudan, mais non contre les tribus arabes même si c’est cette tribu qui est tuée et ses bétails volés.

Plus loin, ce sont ses sorties musclées sur les chaînes de télévisions arabes et la menace de dissolution des forces mixes Tchad/Soudan qui inquiète côté Tchad jusqu’à pousser les autorités à répliquer par un communiqué. « Il a promis d’évaluer le rôle des forces mixtes Tchad-Soudan, ajoutant que s’il n’y a pas d’intérêt de la maintenir, le Soudan demandera sa dissolution ».

«Le Tchad est un pays frère et ami, mais le Soudan regrette que ce ne soit pas la première fois que le territoire soudanais soit victime d’incursions des hommes armés en provenance du Tchad qui tuent et pillent les biens des Soudanais avant de se replier au Tchad », a déploré le général Mahamat Hamdane Dagalo».

Une réunion d’urgence du conseil de sécurité et de défense a eu lieu au cours de la soirée, autour du président de la transition, le général Abdel-Fattah Al-Burhan. Le Soudan exige l’arrestation des auteurs de ces massacres et la restitution des biens volés.

Le gouverneur du Wadi-Fira limogé.

Le président du PCMT Mahamat Idriss Deby a limogé vendredi dernier le gouverneur de Wadi-Fira, région frontalière avec le Soudan. Un haut officier, Adoum Abdallah Tounissi, cède sa place au général Ayoub Abdelkerim Abdoulaye.

De son côté, le ministère de la Défense a fait une mise au point sur la fermeture annoncée de la frontière Tchad-Soudan.

« Nous n’avons pas fermé la frontière à proprement dite, mais nous avons pris toutes les dispositions pour éviter les attroupements de part et d’autre afin d’éviter le conflit intercommunautaire », a indiqué le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Daoud Yaya Brahim.

Le bilan des affrontements du 04 août dernier s’établit comme suit : 18 personnes et 14 blessés côté soudanais et 9 morts et 22 blessés côté tchadien.

De son côté, le porte-parole de la force mixte indexé dans ce problème affirme que l’affrontement est parti d’une tentative d’enlèvement des chameaux par des Soudanais sur le territoire tchadien.

Le Soudan demande au Tchad d’agir

Le Conseil a pris un certain nombre de résolutions pour prévenir le développement des événements. Il s’est engagé à poursuivre les efforts politiques et diplomatiques pour contenir la situation et le calme, et a exhorté la partie tchadienne à poursuivre les criminels et à récupérer l’argent volé dès que possible, en plus de travailler sur le renforcement des capacités et le rôle des forces mixtes, tout en ajustant les mouvements sur les frontières entre les deux pays, y compris les mouvements de bergers.

Le Soudan entend surveiller davantage les différents mouvements frontaliers à l’instar du Tchad. Le Conseil a réaffirmé sa préoccupation pour la sécurité des citoyens, la protection de leurs biens et la préservation des territoires du pays. Il a souligné la profondeur des relations bilatérales entre le Soudan et le Tchad et la nécessité de les préserver.

De tout ce qui précède, à qui profite ces conflits perpétuellement entretenus.

Il faut rapidement diagnostiquer l’épicentre de ces conflits et chercher des solutions pour ne pas mettre en mal les populations qui vivent de part et d’autre les frontières entre les deux pays (Tchad/Soudan), élucider définitivement les problèmes de société.

Le pillage systématique des bétails ne peut continuer de cette manière, car tôt ou tard cette braise risque d’embraser les populations des frontières, et cela sera trop tard.

Les provocations qui sont faites à ce niveau sont exprès, il y a une gent qui désire voir que la situation dérape, et qu’il y ait un conflit ouvert entre les deux pays, tout cela en toile de fond, il y a une ambition politique. Ce qui interroge, c’est ce timing en plein processus de pré-dialogue à Doha, et de dialogue national inclusif et souverain au Tchad. Qui cherche à ce que tous ces efforts volent en éclats ?

Alors, à qui profite ce conflit ? La question reste posée.

Tchadanthropus-tribune

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