L’attitude controversée de Moussa Hillal lui a valu l’atrocité des combats qui l’ont défait la semaine dernière. Il faut dire que son attitude reposait sur ses relations taciturnes avec certaines officines qui le conseillaient pour titiller le régime politique de Khartoum, qui était en rupture de banc avec lui. Pire, Hillal jouait avec le feu et ses déclarations va t’en guerre n’auguraient rien de bon. Superbement armé jadis par le régime d’Oumar El Béchir, le chef de tribu Moussa Hillal, ex-beau-père d’Idriss Déby était tout puissant pendant les années où sa milice ravageait le Darfour. Presque 20 000 hommes étaient à sa disposition pour mater toute rébellion contre le régime central de Khartoum. Il est considéré par les États-Unis comme étant l’un des principaux dirigeants des milices djandjaweeds soudanaises accusées de violences au cours de la guerre civile au Darfour.

 

Mais entre-temps l’accalmie est revenue dans la région, et les pressions internationales étaient féroces envers le régime soudanais. On lui demanda de faire profil bas pour ne pas attirer l’attention de la communauté internationale. Petit à petit il fut mené vers la touche avec l’émergence d’une autre organisation sous le contrôle des services de renseignement soudanais. Les forces d’intervention rapide sous le commandement d’un général (Mahamad Hamdan Daglo alias Himiti), cette émergence ne fut pas du goût de Moussa Hillal qui voyait et gobait très mal cette organisation très structurée et trop bien militarisée. Les forces d’intervention rapide sont considérées comme une unité qui garde les frontières. Ce sont ces forces qui font continuellement face aux diverses rébellions contre le pouvoir central soudanais. Les éléments de Minni Arkou Minaoui ont été défaits par elles, les arrestations des brigands à la frontière avec le Tchad c’est encore eux. Selon plusieurs observateurs, ces forces du général Himiti sont très bien équipées et ne font pas dans la dentelle.

 

Toute cette émergence d’une force rivale ne fut pas appréciée par Moussa Hillal. Dès lors, les antagonismes furent figés et Hillal le disait clairement. Quand le gouvernement de Khartoum voulait désarmer les hommes de Hillal, cela ne fut pas facile, mais cela s’est fait par des menaces fortes envers le régime d’Oumar El Béchir qui craignait majestueusement la riposte de l’ogre enfanté par eux. Moussa Hillal l’exprimait et disait clairement qu’il est contre le régime d’El Béchir. Il avait aussi dit qu’il était prêt à accueillir dans sa zone toute insurrection contre le pouvoir central et celui du Tchad avant de se raviser et de taxer Himiti de mercenaire, qu’il n’est pas soudanais, et que 80 % de ses hommes sont d’origine tchadienne, sauf que quand il commença par faire ces affirmations, Moussa Hillal avait déjà un plan. Il était de sources vérifiées, que Hillal est aidé et financé par un pays voisin, qui selon les renseignements soudanais, devait lui servir de base de repli en cas de pépins. Les renseignements soudanais suivaient avec mesures les allées et venues vers la Libye de certains hommes de Hillal. Les armes récupérées par le régime central de Khartoum furent remplacées facilement par ce qu’il avait acheté en Libye.

           

Feu Le commandant Djouma Daglo

 

Un fait singulier a fini par ébranler toute une organisation. Ce jour, un officier des forces d’intervention rapides (le commandant Djouma Daglo et cousin du général Himiti) poursuivait avec deux 4X4 et une dizaine d’hommes quelques brigands qui voulaient traverser la frontière avec le Tchad. L’officier et ses hommes tombèrent dans une embuscade où il fut tué par les hommes de Moussa Hillal. Cet incident se passa non loin du féricks et camp de Moussa Hillal qui recevait en ce jour des convives pour un cas de deuil dans la famille. Après cette embuscade meurtrière, les forces d’intervention rapide reçurent des renforts et attaquèrent le féricks de Moussa Hillal avec presque 200 véhicules de combats. Les combats furent atroces et Moussa Hillal a été capturé avec femmes et enfants, et directement transféré à Khartoum, où il fut mis en résidence surveillée avant son jugement par un tribunal militaire spécial.

          

M.Hillal transféré à Khartoum    Les 2 fils de Moussa Hillal                                               Moussa Hillal à sa descente d’avion

et presenté à la presse

Après l’attaque de camp de Moussa Hillal, les renseignements soudanais affirment dans leur communiqué avoir obtenu des preuves accablantes envers un pays voisin qui aidait financièrement et militairement Moussa Hillal. Des renseignements obtenus sur des téléphones satellitaires (Thuraya) indexent les mêmes sources. Un ressortissant algérien et un Libyen furent aussi arrêtés en même temps que Hillal dans son camp. Des documents terrifiants pour mettre le Darfour à feu et à sang furent aussi trouvés. Le communiqué s’arrête là sans autre précision. De quel pays voisin fait-on allusion ? Tous les observateurs avertis savent exactement des liens qui existent entre Idriss Déby, son clan et Moussa Hillal. C’est dans cette atmosphère que Oumar El Béchir, le président du Soudan s’apprête à faire une visite ce vendredi 1er décembre 2017 à N’Djamena. Idriss Déby ordonne qu’on l’accueille chaleureusement avec tous les honneurs militaires.

Qui a dit que la politique n’a pas ses travées hypocrites ? L’avenir nous le dira très bientôt, qui des deux copains du moment aura la peau de l’autre.

Tchadanthropus-tribune

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