La poursuite des combats à Khartoum, qui opposent l’armée soudanaise et les Rapid Support Forces, contraint certaines chancelleries à trouver des alternatives pour reprendre leurs activités. Port-Soudan et Addis-Abeba, en Ethiopie, comptent parmi les options privilégiées.

Après l’évacuation de Khartoum, effectuée à partir des 22 et 23 avril, quelques jours après le début des combats entre les Sudanese Armed Forces (SAF, l’armée régulière) et les Rapid Support Forces(RSF), l’heure est désormais à la réinstallation pour nombre de chancelleries. Alors que le Foreign, Commonwealth & Development Office(FCDO) britannique a annoncé le premier, dès le 27 avril, le déploiement de son ambassadeur, Giles Lever, à Addis-Abeba, plusieurs autres Etats occidentaux n’ont pas encore tranché cette épineuse question.

Côté français, la direction Afrique du ministère des affaires étrangères tient à emboîter le pas au Royaume-Uni, ainsi qu’à l’Italie, dont l’ambassadeur, Michele Tommasi, a également déménagé avec une poignée de collaborateurs en Ethiopie fin mai. L’ambassadrice en poste à Khartoum, Raja Rabia, ainsi que son homologue en Ethiopie, Rémi Maréchaux, se montrent, quant à eux, réticents à la mise en place d’un tel scénario.

Cette relocalisation à Addis-Abeba, où siège l’Union africaine (UA), aurait un avantage dans l’hypothèse où des négociations entre le général Abdel Fattah al-Burhan, à la tête des SAF, et le leader des RSF, le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemeti« , auraient lieu sous l’égide de l’organisation panafricaine.

Washington dans l’expectative

La diplomatie américaine scrute l’évolution de cette initiative pilotée par l’UA pour se décider à relocaliser dans la capitale éthiopienne son ambassadeur au Soudan, John Godfrey. Pour l’heure, le staff diplomatique précédemment en poste à Khartoum est réparti entre Le Caire (Egypte) et Nairobi. Godfrey fait également la navette avec un nombre restreint de négociateurs et de diplomates américains vers Djeddah, où se déroulaient jusqu’à il y a peu des négociations entre les émissaires des SAF et des RSF, sous l’égide des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite. Concernant la section consulaire de l’ambassade des Etats-Unis, une réouverture à Port-Soudan, ville tenue par les SAF depuis le début du conflit, est actuellement à l’étude. La Turquie et surtout l’Egypte, qui comptait un très grand nombre de ressortissants sur le sol soudanais au début du conflit, y ont déjà réinstallé leurs ambassades.

L’Union européenne (UE) avait également envisagé de déménager sa représentation à Port-Soudan, mais l’hypothèse est de plus en plus écartée, comme celle d’une installation à Addis-Abeba. Une partie du personnel diplomatique évacué se trouve toujours au Caire, tandis que le siège de la délégation doit rester à Bruxelles. La Mission intégrée des Nations unies pour l’assistance à la transition au Soudan (MINUATS), ainsi que l’ambassade de Norvège, ont pour leur part migré à Nairobi.

Africa intelligence

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