C’est une décision qui risque d’avoir des répercussions dans tout le golfe Persique et le Moyen-Orient : depuis le 4 mars, c’est l’administration du ministre des finances Jibril Ibrahim qui gère les actifs de la compagnie immobilière soudanaise Al Rawad (les pionniers). Fondée en 2007 à Khartoum, cette société était alimentée par les fonds des différents mouvements de l’islam politique qui avaient fait du Soudan leur base arrière sous le régime d’Omar el-Béchir. Aux premiers rangs de ceux-ci figure le Hamas palestinien.

Plutôt que de déposer cet argent sur des comptes bancaires, toujours susceptibles de saisies, ces mouvements avaient choisi de les réinvestir dans le foncier via Al Rawad. Cette compagnie a ainsi fait construire un important complexe immobilier à l’ouest de Khartoum, dans la zone dite al-Rmaileh, et a investi dans l’hôtel Paradise, toujours dans la capitale.

Le groupe disposait de plusieurs filiales, dont l’une, Al Faïwaq, était active dans l’hawala – un système de transfert d’argent basé sur la parole -, mais ne possédait pas de licence, ce qui a permis aux autorités de saisir ses comptes.

Al Rawad était également active hors du Soudan, dans toute la péninsule arabique. Le Trésor américain, qui avait mis en place des sanctions contre la société, a discrètement épaulé la saisie d’actifs menée par le gouvernement soudanais en alimentant l’enquête soudanaise. Sur ce dossier, la nomination, début février, de Jibril Ibrahim, à la tête du ministère des finances a un peu déstabilisé Washington : le nouveau ministre dirige le Justice and Equality Movement (JEM), un mouvement islamiste très proche des Frères musulmans.

Tchadanthropus-tribune avec la Lettre du Continent

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