L’ex-chef des Janjaweed et de facto leader du pays, le général Mohamed Hamdan Dalgo dit Hemiti, conduit un empire financier qu’il a construit depuis le Darfour dans une conjoncture économique délétère. Le président déchu, Omar el-Béchir, a financé sa milice au Darfour, dont il a vendu les services aux marchands de cheptel. En parallèle, les pillages et accaparements de ressources de sa milice lui ont permis de récolter de copieux émoluments. Avec sa tribu vivant à la frontière tchadienne, les Rizeigat Mahariya, il a ainsi créé des comptes bancaires échappant au contrôle de l’Etat. Et avec l’embrasement de la guerre au Darfour, Hemiti est devenu le seul interlocuteur de Béchir dans la région. Le raïs lui avait alloué un budget spécial sans passer par la cour des comptes.

Son affluence de richesses a pris une tout autre ampleur après qu’il a créé les Rapid Support Forces, en août 2013. En septembre 2015, lorsque Béchir a été invité à Riyad, le prince héritier Mohammed bin Salman (MBS) lui a demandé l’envoi au Yémen de 10 000 hommes des RSF pour combattre les Houthis, contre 35 millions $ en espèces réglés en dix versements. C’est en fait Hemiti qui avait finalisé cet accord, ce qui lui a donné l’occasion de construire une solide relation avec MBS, tout en assurant une importante rémunération saoudienne pour ses troupes.

Le chef des RSF a rejoué la même partition auprès du prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed bin Zayed al-Nahyan (MBZ), à qui il a fourni 5 000 hommes pour 25 millions $. Une fois implanté dans les deux pays du Golfe, Hemiti a développé des sociétés de location de limousines et il compte parmi ses clients… MBS et MBZ.

Tchadanthropus-tribune avec la lettre du Continent

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