Au Soudan, le conseil des ministres a donné son feu vert « à l’unanimité », samedi, à un futur jugement des inculpés à la Cour pénale internationale, la CPI. Cette annonce survient quelques semaines après la visite historique de l’ancienne procureure Fatou Bensouda au Darfour. Il ne s’agit pas encore d’un ordre de transfert des suspects, dont l’ancien président Omar el-Béchir, mais d’une étape vers leur procès à La Haye.

La décision annoncée est avant tout politique. Elle n’est pas détaillée : c’est une décision à portée générale « pour la paix et la stabilité » a dit la ministre des Affaires fédérales, Butheina Dinar. On ne dispose ni d’un calendrier ni des noms des suspects susceptibles d’être transférés à la CPI.

Néanmoins cette décision signifie avant tout que l’une des institutions les plus importantes de l’exécutif soudanais est d’accord — et « à l’unanimité » a précisé la ministre — pour lever tout obstacle à ces transferts. L’« unanimité » recueillie soulignant surtout que l’annonce a reçu l’aval du ministre de la Défense, et donc de l’armée.

Concrètement, si l’on en croit le gouvernement soudanais, tout n’est plus qu’une question de « procédure » et trois anciens dirigeants sont concernés : l’ancien ministre Ahmed Haroun, d’abord, qui pourrait être envoyé avant fin juillet à La Haye pour rejoindre l’ancien commandant janjawid Ali Kushayb dans un procès en cours ; ensuite, l’ancien ministre Abdelrahim Mohamed Hussein. Et surtout l’ancien président Omar el-Béchir, déjà jugé, condamné et emprisonné pour des affaires de corruption au Soudan, et au sujet duquel le gouvernement de Khartoum avait déjà donné son accord pour un jugement par la CPI, l’année dernière, mais une fois les procédures locales épuisées.

Tchadanthropus-tribune avec RFI

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