Les confréries soufies, piliers de la survie du président, ne l’abandonnent pas encore à son propre sort. Mais les choses semblent prendre une autre tournure.

Depuis le début de la déferlante protestataire dans les rues soudanaises, l’armée et les confréries soufies sont les bouées de sauvetage du régime du président Omar el-Béchir. Alors que les soufis représentent 75% de la population soudanaise, Béchir a multiplié les tournées dans leurs bastions, telle la région du Nil bleu. Ainsi, à la mi-janvier, le raïs de Khartoum a fait une apparition remarquée lorsqu’il a convoqué des prédicateurs, ulémas et cheikhs de tarîqa soufies dans la capitale, où il a fait leur éloge. Il a ensuite reçu une délégation au siège du National Congress Party (NCP), à laquelle il a promis de lutter contre les Frères musulmans et les salafistes. Pourtant, il n’avait pas hésité à incarcérer une des figures soufies au Soudan, le leader du parti Oumma et ex-premier ministre, Sadeq al-Mahdi (LOI nº1447). Malgré cela, Béchir avait obtenu des soufis un soutien à sa candidature pour la présidentielle de 2020. Le principal opposant, Sadeq al-Mahdi, bien que sa fille eût été emprisonnée par le National Intelligence and Security Service, s’y est, lui, opposé. L’autre parti soufi est le Democratic Unionist Party (DUP) de Mohamed Osman al-Mirghani. Dans l’opposition avant de conclure un deal avec Béchir, le DUP garde le silence depuis l’éclatement des protestations, du fait des dissensions entre pro et anti-Béchir. Le bloc hétéroclite des soufis n’a donc pas pris fait et cause pour ou contre le régime. Il sait qu’il ne fait pas le poids face à l’armée et les zélateurs qui profitent de ses dons…

Tchadanthropus-tribune avec la Lettre du Continent

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