Qui est Abdallah Banda, le responsable de l’attaque du site aurifère de Kouri Bouguidi et par ricochet les positions avancées du #CCMSR ? Quelle est la mission du MJE au Tchad ?

Première partie.

 

Le “Général” Abdallah Abakar Nourain dit “Banda” est l’un des commandants en chef de la rébellion du Mouvement pour la Justice et l’Égalité, il est de l’ethnie Zaghawa et a été un très proche de l’ancien patron des renseignements extérieurs tchadiens, le général Mahamat Ismaïl Chaïbo dit “Vita”. Leur rapprochement date de 2006, au plus fort de la rébellion tchadienne installée au Soudan. À l’époque, le #MJE du Dr Khalil Ibrahim était soutenu par le régime du Tchad en raison de la composition ethnique de ce mouvement en majorité Zaghawa contrairement au Mouvement pour la Libération du Soudan (MLS) de M. Abdelwahid Nour composé de Four. Le MJE aura pendant des années un accès illimité à l’est du Tchad où les actes de pillages et de viols de leurs membres ont créé une grande psychose avec notamment des crimes de guerre lors de soutien à des éleveurs Zaghawas en conflit avec des agriculteurs Tamas.

 

Le #MJE sous la houlette de Abdallah “Banda” aura surtout affronté à plusieurs reprises l’UFDD du Général Mahamat Nouri, notamment le 02 février 2008 où ils étaient venus en renfort à N’Djamena, soutien décisif qui avait permis à Deby encerclé de souffler. C’est de ces années que les Tchadiens apprendront l’existence des “Toroboros”, sobriquet pour désigner les membres du MJE. À N’Djamena même les scènes de pillages, de viols et de meurtres perpétrés par les Toroboros ont été légion. Les hommes de “Banda” se comportaient en terrain conquis au Tchad. En échange de ce soutien, le gouvernement tchadien offrira dix milliards de FCFA au #MJE et de centaines de jeunes Zaghawas soudanais seront intégrés dans la fonction publique, la police, l’armée et surtout l’Agence Nationale de Sécurité où ils dominent. Abdallah Banda et les chefs du MJE se verront offrir chacun une villa à Ndjamena et un passeport diplomatique tchadien avec lequel ils sillonnent l’Afrique et l’Europe.

 

Mais le rapprochement entre le régime d’Al-Béchir et de Deby et la visite de ce dernier à Khartoum le 08 février 2010 aura raison de cette alliance communautaire de circonstance et le #MJE sera prié de quitter le Tchad avec hommes et bagages. Leur chef, le Dr Khalil Ibrahim, mis en écoute par les renseignements tchadiens, verra sa position transmise aux services secrets soudanais qui l’élimineront lors d’un raid aérien le 25 décembre 2011 au Kordofan.

 

Cet épisode a profondément divisé les Zaghawas d’habitude soudés dans la préservation du pouvoir, c’est de cette époque que datent les rumeurs d’empoisonnement du Général Mahamat Ali Abdallah Nassour, très proche du Dr Khalil Ibrahim. Beaucoup de Zaghawas y ont vu une énième humiliation et trahison de l’élite Bideyat-Borogate originaire du BET au pouvoir contre la masse majoritairement de Kobé du Ouaddaï Géographique, ces derniers, utilisés comme chair à canon dans toutes les guerres, n’ont pas oublié les assassinats de Bichara Digui et du Général Abbas Koty.

Nous reviendrons sur la suite lors d’un prochain article.

Tchadanthropus-tribune avec Toubou Média.

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