1 h 30 de voyage par avion pour qu’Idriss Déby rejoigne Khartoum depuis sa bourgade de 3 ânes devenu ville lumière pour les castes de son pré carré.

À Khartoum, le dictateur tchadien est venu apporter sa caution et son soutien à Omar El-Béchir secoué par plusieurs semaines de révolte d’une population qui demande son départ de la tête de l’État.

Entouré de ses sécurocrates et quelques pontes de la diplomatie, Idriss Déby est venu chercher à Khartoum une mobilisation de forces communes pour sécuriser la frontière Tchad/Soudan. L’hostilité de certains membres de sa communauté jadis au sein du clan et aujourd’hui bannis des bancs de la mangeoire, tout comme les dernières tentatives d’infiltration des forces de l’UFR sont là pour lui rappeler que rien ne peut être contrôlé sur certaines zones avec le Soudan. Si dans les échanges sécuritaires le volet brigade mixte à la frontière avait été plus débattu, les soudanais ont la tête ailleurs – le régime d’Omar Al Béchir est beaucoup plus préoccupé par ses problèmes à l’intérieur de son pays que par l’aspect mettre en place une sécurité pour Idriss Déby à la frontière.

Idriss Déby aurait rassuré Omar El-Béchir sur l’éventuelle prise de pouvoir par le général Haftar en Libye sur l’opposant Mini Arkou Minaoui dont ses éléments rebelles au régime soudanais combattent auprès du général libyen – Il intercéderait auprès de Haftar pour que Mini Arkou soit neutralisé. Ce que Déby ne sait pas, ce que les services soudanais sont mieux informés sur le déroulement des événements si la probabilité Haftar arrivait au pouvoir. Le bluff semble être perçu de loin.

C’est qui est sûr, il n’y a pas seulement une branche de l’UFR qui s’y organise au couffin soudanais tellement le Darfour est vaste. D’autres forces sont en gestation avancée et peuvent ressurgir rapidement contre le pouvoir Déby. D’ici là, attendons juste le vent de changement au Soudan.

Tchadanthropus-tribune

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