Nous avions toujours décrié que la Fédération tchadienne de football, les ligues et les clubs sont la cause du déclin du football tchadien. Si le football tchadien se retrouve aujourd’hui dans cette léthargie, c’est bien parce que les gens qui dirigent cette instance ne sont pas à la hauteur de leur tache. Les dirigeants sont arrivés à un état d’indigence très avancé qui ne leur permet plus de diriger les associations sportives en toute bonne conscience puisque n’ayant aucun programme, ils se contentent de suivre la FTFA comme des moutons de panurge.

Le championnat s’est arrêté depuis février 2018. Sans la moindre raison et six mois après, la fédération de football sous la pression des acteurs et des institutions partenaires décide de relancer les compétitions .Il est prouvé que la FIFA constatant l’inactivité des compétitions, a sommé la FTFA de justifier les subventions qu’elle a reçues pour le programme forward 2017-2018.Il vous souviendra que la FTFA s’est engagé à terminer le championnat dans le délai c’est à dire en juin 2018 et produire un rapport de performances des compétitions féminines et d’élite. À ce jour rien n’est fait et donc elle se doit de justifier les financements. En revanche, il faut alors faire quelque chose, organiser un semblant de tournoi pour justifier ce Gap. Or nous savons tous que le championnat national répond à des règles, d’abord le respect du calendrier harmonisé de la FIFA et de la CAF qui exige que toutes les équipes qui doivent prendre part aux compétitions doivent envoyer au préalable leurs softwares techniques (fiches d’affiliations, liste, licences, etc). C’est à l’issu de tous ces aménagements que la FIFA et la CAF évaluent les qualifications. Les softwares du championnat arrêté sont-ils les mêmes pour ce tournoi ? Comment peut-on jouer en saison des pluies et quand on sait que c’est l’hivernage et les clubs manquent de pelouses synthétiques au Tchad. Surtout que le règlement de la FTFA indique clairement que le championnat débute en octobre et prend fin en juin de l’année suivante.

Toujours dans l’amateurisme et sans le moindre discernement, un comité s’est rapidement constitué pour organiser un championnat en lieu et place de la LINAFOOT (ligue nationale de football) pour entériner la décision du comité exécutif de la fédération qui est de jouer les matchs. C’est ainsi que seulement 12 clubs ont accepté d’empocher une subvention de 3 millions chacun pour répondre à cette sollicitation de la FTFA. Mais le Tchad n’a pas que 12 clubs qui sont affiliés à la ligue nationale et même si certains clubs acceptent de jouer tous les matchs à Ndjamena ce n’est plus un championnat national digne de nom. Ce sera simplement un tournoi qui n’aura aucune légitimité vis-à-vis de la CAF ni de la FIFA. Le championnat qui s’est arrêté, a-t-on déjà fait son bilan ? Quelle forme de tournoi serait-il recommandable pour clôturer l’année? Un championnat intégral, même un championnat zonal ou croisé tel recommandé par la FIFA, le temps ne le permet plus, Mais les dirigeants de la FTFA ne sachant quoi faire puisque sont sommés de clôturer l’année sportive 2017-2018, ont finalement et sans réfléchir accepter de jouer des play-offs sur trois semaines à compter du 15 sept au 07 octobre 2018.

De l’analyse du collectif, un championnat de football consiste en une confrontation de plusieurs équipes, sur des terrains différents en aller et retour, sur une période définie, dans un temps limité enfin sur la base d’un cahier de charge assorti d’un budget. Il faut donc penser, en amont, à l’organisation de la compétition afin qu’elle se déroule dans les meilleures conditions. La forme du championnat ou des play-offs (éliminatoires en anglais) proposés par la FTFA ne répond pas aux normes et même si ce tournoi se tient, les équipes qui en sortiront vainqueurs pourront-elles régulièrement participer aux compétitions internationales ? Toutes ces questions méritent une clarification.

Du jamais vu dans le monde du football. Actuellement tous les joueurs n’ont aucune information sur le championnat, s’attèlent aux entrainements matin et soir et n’arrivent pas à manger pour récupérer. Certains joueurs de Moundou mangent seulement de la bouillie de mil. Comment un joueur peut-il récupérer avec de la bouillie ? Des joueurs qui ont arrêté de jouer depuis plus de six mois doivent nécessairement prendre du temps pour s’entrainer et préparer une rentrée sportive.

Mais pourquoi cette précipitation, pourquoi  les  acteurs de   football  (joueurs, entraineurs et dirigeants) ne peuvent pas comprendre que le championnat doit respecter un certain nombre de règles ? Toutes ces équipes qui s’agitent à participer à ce tournoi sont techniquement dirigées par des entraineurs qui ont des licences leur permettant d’exercer en toute indépendance leur métier dans les règles de l’art.

Ces cadres sportifs se doivent de respecter la déontologie footballistique qui consiste à travailler dans le respect des règles et former les joueurs de haut niveau. Mais pourquoi ne disent-ils rien ? C’est incompréhensible.

Au Tchad on fait de l’amalgame au niveau du football. On joue on s’arrête on reprend on arrête et puis on décide de jouer des éliminatoires sans championnat et après on arrête et on attend la FIFA. À ce rythme l’avenir du football tchadien est vraiment en péril et c’est ça ce qu’on appelle du football moribond !

Abakar Hunwanou

Collectif sauvons notre football

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