Le docteur Succès MASRA, tout nouveau 1er ministre de la 5ème république, présenta le 18/01/2024 son programme politique du gouvernement de transition du Tchad. Un programme vaste et ambitieux, conforme, indique-t-il, à l’article 101 de la nouvelle constitution adoptée par référendum en décembre 2023. Un document de 32 pages qui a retenu pendant plus de 2h30 l’attention du Conseil National de Transition (CNT) et suscité de nombreuses interventions.

Pour justifier son programme, le 1er ministre brandit une chemise dans laquelle figurent les contributions de tous les ministères. De plus, il indiqua avoir eu recours à une plateforme en ligne dont un échantillon informatif lui donna des résultats utiles des priorités. C’est donc, l’ensemble de ces contributions et résultats utiles des priorités qui sont déclinés, in fine, en 4 axes stratégiques d’intervention ci-après :

1)- faire de l’école la cause sacrée de la république et la santé de la population le ressort de la productivité de notre pays ;

2)- garantir la santé économique de notre pays grâce à des actions fortes dans les secteurs clés dont l’énergie, économie numérique, le transport, l’agro-pastoral, l’eau… ;

3)- renforcer les mesures de justice sociale et d’option préférentielle pour les vulnérables et les oubliés de la république ;

4)- promouvoir des mesures transversales d’accélération de l’efficacité et l’équilibre de l’action gouvernementale.

 

Ainsi, ce sont ces axes stratégiques d’intervention qui sont prioritaires et mobiliseront les énergies qui conduiront aux élections et au retour à l’ordre constitutionnel, tant attendu par tout le pays.

Cependant, au regard de ces priorités, on peut se demander où est la place du sport tchadien qui vit aujourd’hui dans un état de dénuement total. L’Etat étant une continuité comme on entend souvent dire, continuera-t-il à occuper un strapontin de figurant, comme d’habitude, dans le gouvernement ?

Les acteurs du sports tchadien se sont toujours posés la question de savoir si l’Etat à une politique nationale sportive. Nous avions répondu dans un article précédant que oui. Il suffisait de se reporter aux déclarations du défunt maréchal et du président de la transition, et de jeter un coup d’œil dans les programmes politiques des précédents premiers ministres de la 4èmes républiques. Il y eut beaucoup de promesses et peu de réalisations concrètes.

Le point 50 du programme du 1er gouvernement de la 5ème république indique que :

– le sport est une affaire de santé, pour les jeunes et les personnes âgées, et une affaire économique pour le pays ;

– une société qui pratique le sport à tous les niveaux est une société en meilleure santé ;

– le gouvernement rapprochera le sport des citoyens en développant des aires et complexes multisports dans les quartiers, aussi bien des jeunes que des séniors ;

– des états généraux du sport seront organisés pour identifier de façon structurée, les goulots d’étranglement qui minent notre système sportif et empêchent aux tchadiens d’être au rendez-vous du sport de haut niveau qui est un réel levier économique pour notre pays ;

– nous rêvons tous de la participation de notre pays à la coupe d’Afrique des nations et à la coupe du monde dans les sports rois.

Une déclaration qui sonne et ressemble à du déjà vu et entendu. Il est dommage que les contributions du ministère des sports se soient contentées de reprendre les déclarations, discours et autres promesses qui ne sont pas tenus et traduits par des résultats concrets. Le docteur Succès

MASRA qui est aussi jeune et entouré de ceux de sa génération. Il aurait pu écouter ces 70% de jeunes moins de 35 ans. Car, les urgences du sport aujourd’hui ne sont pas dans ces propositions faites par les techniciens et hauts cadres du ministère. Il serait plus judicieux et urgent de se pencher sur un ensemble des points ci-dessous qui plombent actuellement le sport tchadien, notamment :

– reprendre et finaliser les travaux du stade OUYA, afin de permettre aux jeunes, une pratique de qualité (la photo illustrant l’article montre à suffisance cette urgence) ; – se pencher sur la participation du Tchad aux prochains jeux olympiques 2024 en France et sur la préparation des prochains matchs des SA, encore en course dans les éliminatoires de la coupe du monde football 2026 ;

– reprendre les contacts avec la mairie de Ndjamena et l’ambassade de Turquie dont l’agence de développement TIKA, serait, semble-t-elle, acquéreuse du terrain de l’hippodrome depuis 2020. Il est urgent de libérer cet espace qui pourrait être utilisé par les clubs de football, les établissements scolaires pour l’EPS et pour la pratique de sport santé ; – prendre en main la situation à l’arrêt du football tchadien, suspendue à une décision du Conseil de Bureau de la FIFA. L’absence d’une fédération handicape l’évolution de ce sport ; – se pencher sur la part réservée au sport dans le budget de l’ONAJES.

La transition est limitée dans le temps. Mais, si et seulement si, ce gouvernement de missions arrivait à solutionner quelques-uns de ces points, le sport tchadien applaudirait et reprendrait de l’espoir.

L’ensemble du mouvement sportif, les acteurs et amoureux du sport seraient grandement reconnaissant à la transition. Cela est possible. La balle est dans le camp cette équipe de jeunes dirigeants hissés au sommet de l’Etat, à qui il faut souhaiter courage et réussite pour desserrer cet étau autour du sport tchadien.

BANGALI DAOUDA Boukar

Bureau d’études et conseils en sport

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