Ce cri du fond du cœur des sympathisants et supporters, devenu le puissant slogan du club, résistera t’il à la lassitude et à l’éloignement que l’on constate aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr, et poser la question autrefois, relèverait de la pure provocation. Crée en 1954, période encore sous domination coloniale, Renaissance Club (RC) regroupa les jeunes de Fort Lamy et ceux venus de divers horizons du pays et d’ailleurs. Ses fondateurs avaient à cœur de créer, non pas un simple club de football, mais surtout une association agrégeant toutes les sensibilités et aspirations d’indépendance qui bouillonnaient à l’époque, au sein de la jeunesse tchadienne et africaine.

Constitué sur la base de la loi française de 1901, RC est un club purement associatif, ne relevant d’aucune corporation. Il ne vit essentiellement que grâce aux cotisations et dons volontaires de ses membres et sympathisants. De part l’aura qu’il dégage, c’est l’équivalent des clubs mythiques du continent comme AL AHLY du Caire (Egypte), ASEC d’Abidjan (Côte d’Ivoire), DJOLIBA de Bamako (Mali), ASANTE KOTKO de Kumasi (Ghana), Tout Puissant MAZEMBE de Kinshasa (RDC), Tonnerre de Yaoundé (Cameroun), etc.

Sa particularité est d’avoir su agréger dès sa création, une adhésion populaire de toutes les couches sociales, sans distinction aucune : cadres des administrations publiques et du privé, commerçants, hommes d’affaires, loueurs de vélo, tailleurs, taximen, marabouts, employés domestiques, ouvriers, etc. Et, si M. Ahmet SENE reste le président emblématique connu, il n’en demeure pas moins que d’autres dirigeants avant lui, comme Bello SADOU, son ami et collègue à la NSCKN, ou Al Badri CHERIF (soudanais), Abdelkrim ABOUL YAMAN (yéménite), tous deux commerçants, et d’autres, ont aussi marqué de leurs empruntes la destinée du club.

Le football, sport inscrit comme discipline dans le programme d’enseignement de l’EPS l’école, au collège et lycée, constituait à cette époque, un loisir de prédilection pour les jeunes et pour les fonctionnaires. C’est ainsi que, sous l’instigation de certains joueurs, sociétaires de l’association sportive du Cercle Culturel de Fort Lamy, comme Moussa TOURE, Mahamat Oumar MADANI Hassane DJABER et d’autres, que fut créer Renaissance Club (RC) qui deviendra par la suite, Renaissance Football Club (RFC). Une appellation voulue sans doute, pour écarter toute suspicion de connivence avec la rébellion du FROLINAT, qui pèse sur certains sympathisants lamyfortains, hauts cadres de l’Etat et surtout, depuis l’arrestation de son président d’honneur, le docteur Outel BONO.

La relève fut assurée par des dirigeants aussi passionnés, convaincus et dévoués : Ali SALIM, Brahim IDRISS, Pierre MODNGARAL, Abba CHERIF KASSER, Guihini KOREI, etc. Ils furent épaulés efficacement dans la gestion quotidienne, par des secrétaires généraux chevronnés et rompus, à l’exemple de : Salim ABDERAMANE TAHA, Achekh HASSANE ou encore Djidda OUTMAN (EZO) etc., et surtout, par Youssouf IDRSS (ancien joueur) qui constitua la cheville ouvrière dont il est difficile de définir aujourd’hui encore le rôle exact, tant son implication est partout, dans toutes les actions essentielles et stratégiques du club.

On citera aussi d’autres membres dirigeants, sympathisants et supporters incontournables : Oumar MALLOUM ; Adoum Ousmane ; Mahamat Brahim ABDELBAGUI ; Doungous AHMAT ; Robert MAYAR ;

Ahmet TOURE ; Brahim BRUNO ; Abbas Ali SETCHI ; Youssouf SAKAL ; Youssouf NAHAR ; Mahamat BOURMA (M.B.), Alhadj ADAM, etc., dont le rôle fut efficace et parfois déterminant. D’autres plus discrets : Adoum MOURSAL, Abba AHMAT « Dumas », Daouda DIARA, Kady TOPAN, Hissein NANGA (Michelin), Orozi FODEIBOU, Abdéramane DADY, Mahamat IDRISS AMANE, Ahmat FADJAK, Brahim MALA, Oumar HISSENE (fils de Cow-boy), Saleh BABA, Dédé ALHADJ, Alhadj DOUDOU, Moukhtar HISSENE BOURMA, Zakaria SEIDOU TALL, Abakar ADAMOU, Bouba BAMOU, Moussa WALIA, Mahamat HISSEN, Moussa DAGO, Mahamat Ahmat DOGO, Charles SYLVESTRE, Mahamat AZIBE, Abdéramane KOULAMALAH, Fatimé (Henriette), Kaltouma ELIE KOUSSOU, Kaltouma FADOUL, Djabba NAMBE, Rachel BOUNDOU, Abaya MANI, Mahamat Ahmat YACOUBA, Joseph MACHATA, Bakary MANA DIALLO, Amougou MOUSSA, Saleh Américain, Saleh MACKY, Younous ABDOULAYE, Dago YACOUBA, Oumar SANDA KIDIK, Imran BRAHIM (Sardou), Faki DJIBRINE, Imam ANNOUR, Mahamat Ali HASSABALLA, Mahamat LOUANI, Oumar GOUDJA, Brahim ABDERAMANE, etc.

Autre époque, autre génération. Après 1990, d’autres jeunes dirigeants ont repris le flambeau : Hamid MAHAMAT DAHALOB, Abderrahmane BECHIR, Mouctar MAMOUD, Alhadj Ali MOUTAYE, MAHAMAT Alhadj, Aouda MAHAMAT BADAOUI, Abakar ZOUGOULOU, Mahamat SEID (MS), Ali BACHAR, Ahmat BARTCHIRE (Raymond) etc. Renaissance Football Club, ce ne sont pas que des dirigeants, des sympathisants et supporters, mais aussi des joueurs, des arbitres et des entraineurs dont les noms restent attachés au club. Ci-dessous quelques uns, pris au hasard des générations :

1)- joueurs : Moussa TOURE, Mahamat Oumar MADANI, Hassane DJABER, Jean ALINGUE, Mahamat EMILE, Ali Service GUEMBER, Doungous ADJOURA, Amady GABRIEL, Mahamat NGARO, Soumaïne GNERMETE (comissaire), etc. – Mahamat TOUNIA, Youssouf IDRISS, Goni ADOUMBO, Djouma ANTOINE, Abakar MADJI, Rakhis DJIMET, Mahamat N’GALBOGUI, Kaïdanoum JOS, Babikir OUMAR KAROM, GODY, Alhadj DELEB, etc. – Amos ASDODJI, Abdoulaye DOUTO, Oumar HASSANE, Sougui DANGAYE, M’BAINADJI Jean, Abba ALKALI (Tintin), Bidjéré BENDJAKI, Daouda COLAS, Baba DABALA, N’DIGUIDJIM Barthélémy, Abba GANA, Joseph YODEIMAN, Doungous MORO, Ousmane GLANBANG, etc.- Tchari MOUSTAPHA, Taguilo IBET, Acheikh HASSANE, NALDJIM Moîse, Adji FERNAN (Riva), Oumar ABDELRASSOUL, Djimta YANTAMADJI, Abdoulaye MAHAMAT, Abba TAHA, Déguitigane TAME, Adamou DIALLO, Oumar BELONGAR, N’GABERE, Saleh DOGO, Badaoui MAHAMAT BADAOUI, Mahamat ABDOULAYE (Bétéga), Claude NODJIAMLAOU, Samba TOURE, Celestin BRAHIM SEID, Mahamat YOTOLOUM, Mongono Mahamat, AKALI, Adoum (Lopez), DOUBA, Mahamat OUMAR (Kouta), Saleh GNAGNA, Moufta ELGONI, Mahamat TAHIR, etc.

2)- arbitres : Abba KOMI, ABDELHAG, Haroun BOUKAR, AKALI, MAHAMAT Alhadj, etc.

3)- entraineurs : Idriss MAHAMAT OUYA, Mahamat TOUNIA, FROMAGEON, Djimassal KEMOBE, Ousmane TIGABE, Mahamat N’GALBOGUI, Moukhtar N’DJOYA, Mahamat OUMAR, etc.

Le palmarès de RFC est l’un des plus éloquents du football tchadien. Il totalise plusieurs titres de champion et coupes du Tchad, des participations aux compétitions de la Confédération Africaine de Football (CAF), et fut le premier pourvoyeur de la fédération en dirigeants, cadres techniques (entraineurs et DTN) et meilleurs joueurs dont le capitaine emblématique Oumar HASSANE, « le BEKANBAUER tchadien ». De plus, il fut le seul à avoir suscité des émules dans 2 grandes villes du pays : RFC Abéché (Ouaddaï) et Soleil à Fort Archambault (Moyen Chari). Il eut aussi des joueurs transfuges qui ont fait le bonheur d’autres clubs de N’Djaména (Rakhis DJIMET, Baba DABALA, IDRIS à l’AS Police) et même un dirigeant à l’instar de Mahamat DIBRINE (Elec Sport).

Les difficultés que connaît le club ces dernières années ne doivent pas faire oublier les moments de solidarité, de partage de fortes émotions, tant dans les victoires, comme dans les défaites. Il est vrai que les résultats actuels ne sont pas de nature à enthousiasmer, ni à encourager. À entendre certains mordus, il y a même un désintérêt à suivre les matches et le parcours de RFC. Ce qui explique peut être, l’indifférence constatée auprès des sympathisants et supporters, voire de certains membres dirigeants.

Pourtant, c’est dans ce club que sont apparus les premiers signes d’appartenance, synonyme du « nationalisme », exprimé dans l’excellent documentaire réalisé par Ismail Ben CHERIF (sympathisant de toujours), à l’occasion de la célébration du cinquantenaire. Renaissance n’occupait pas seulement le loisir des sympathisants, mais rentrait dans leurs préoccupations prioritaires de tous les jours.

Mais, au-delà de tout cela, ce qui rassemble au sein de ce club, considéré comme une seconde famille, est plus important que ce qui divise. RFC représente, comme disent ses membres adhérents, toute une vie pour les uns, toute une jeunesse pour les autres, et un tout pour d’autres encore. Ainsi qualifiée, elle constitue un véritable patrimoine commun qui mérite d’être préservé.

Ce club n’est grand et imbattable que rassemblé. La force qui réside dans le soutien inconditionnel et la disponibilité permanente de ses sympathisants, constitue aussi sa grande faiblesse. Car, le fait que ce soutien n’est pas organisé selon les règles et méthodes de gestion rigoureuse, l’expose à certains aléas et risques, alimentés par les rumeurs sans cesse ventilées ça et là, d’un financement personnel d’un dirigeant ou d’une inféodation à un pouvoir, voire à un pays étranger, comme véhiculé à une certaine époque.

Toutefois, face à ces rumeurs, les dirigeants ont toujours su placer RFC au dessus de ces genres de considérations. Une attitude que résume la déclaration d’un fervent sympathisant, éminent journaliste devenu homme politique, Mahamat HISSENE, quand il dit : « on n’appartient pas à son ethnie, on n’appartient pas à sa région, on appartient à son club ». C’est bien cela « RFC POUR LA VIE », que l’on peut définir fort justement et modestement, de « Tchad en miniature ».

Loin d’être un récit complet de toute l’histoire de ce géant du football tchadien, cet écrit se veut une modeste contribution et un hommage mérité à tous les membres dirigeants, joueurs, entraineurs, arbitres, sympathisants et supporters, disparus (paix à leur âme) ou encore en vie. Il se veut surtout, une invite à tous, et particulièrement au bureau dirigeant actuel, d’ouvrir un cadre de collecte de tout ce qui a attrait à la longue marche de ce club, notamment : trophées, photos, coupures de presse, anecdotes, maillots, écharpes, écussons, etc. Cela permettra de constituer une véritable archive digne du nom, qui restera non seulement pour le club, mais servira de référence pour étudiants, chercheurs et historiens du sport tchadien.

BANGALI DAOUDA Boukar

Professeur de sport
Bureau d’Etude et Conseils en Sport

Email: b.daouda87@yahoo.com
Tel : +336 13 82 96 26

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  • Très bon récit, seul bémol la présence de certains criminels tels que Ghini korey et Mahamat Djibrine eljonto. Par respect à nos disparus vous devez avoir de la retenue en ce sens.

    Commentaire par Fontaine Jean le 1 mai 2019 à 13 h 45 min
  • Omissions : Dieudonné, Yaya Titi, René …
    Pourriez vous compléter avec Kopa Mahamat Tounia.

    Commentaire par Mahamat Moussa Djibrine . le 2 mai 2019 à 19 h 02 min