Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle commence mal avec la disqualification inattendue des SAO football version U 17, aux préliminaires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2023), organisées par l’Union des Fédérations de Football d’Afrique centrale (UNIFFAC), à Limbé, au Cameroun.  Elle est notifiée par le communiqué n° 004, signé le 11 janvier 2023 par le directeur exécutif : M. Martin ETONGE. La délégation tchadienne a reçu cet acte le même jour à 23 h, veille du match qui doit opposer les SAO du TCHAD aux Diables Rouges du CONGO. On peut croire que c’est par pur hasard que cette notification tombe un 11 janvier, une date qui rappelle celle de 1961 célébrant la 1ère fête de l’indépendance du Tchad.

Cette disqualification qui a surpris les jeunes joueurs et tous les Tchadiens, est contestée aussitôt par un courrier du vice-président du Comité de Normalisation (CONOR), présent sur place. Mrs. NAÏR Abakar et Mahamat OUMAR, directeur technique national (DTN), ont expliqué en long et en large, les efforts consentis et les difficultés rencontrées pour la préparation, dans l’émission du « Réseau des Citoyens », animée par le jeune Oumar Adjib KOULAMALLAH. Ces explications sont-elles suffisantes et convaincantes ? A chacun et chacune son appréciation, mais toujours est-il que l’indignation créée, suscita de vives réactions et commentaires divers.

L’année 2022, proclamée par le Président du Conseil Militaire de Transition (PCMT) comme celle du sport au Tchad, s’est terminée sans donner de véritables résultats sportifs tangibles, annonçant l’amorce d’une relance du sport tchadien. Les performances réalisées dans les compétitions internationales, notamment en : football, basket-ball, hand-ball et aux jeux islamiques en Turquie, sont en dessous des attentes, même s’il faut louer les efforts fournis par l’Etat tchadien pour la participation. Le bilan presque complet de toute l’année sportive 2022, dressé par Roy MOUSSA dans Ndjamena bi-hebdo n° 1966 du 9 au 15 janvier 2023, le prouve amplement.

Toutefois, la déclaration du PCMT à la clôture du forum de la jeunesse du 29/12/2021, fut couronnée par la semaine de l’excellence sportive, organisée opportunément par le Comité Olympique et Sportif Tchadien (COST). L’événement de cette semaine qui a regroupé plus d’une dizaine de fédérations sportives, est présidé par le 1er ministre du Gouvernement d’Union National, représentant le Président de la Transition. Une présence qui indique à la jeunesse et au mouvement sportif, que le Président du PCMT a tenu parole en réalisant cette année du sport.

Mais, l’ancien acteur sportif averti, M. Saleh KEBZABO, n’ignore pas les difficultés du sport tchadien. Il sait que la stratégie des annonces et des promesses n’a jamais produit des résultats satisfaisants et qu’aucune performance n’est réalisable sans soutien effectif et sacrifices. Il serait donc plus réaliste de s’en tenir à l’exécution des points relatifs aux sports et aux loisirs, tirés des résolutions du Dialogue National Inclusif (DNI), et inscrits dans le programme de politique générale du gouvernement, adopté par le Conseil National de Transition (CNT).

Pour 2023, que peut réserver l’année au sport tchadien ? Sans doute encore, des annonces et des promesses. Une stratégie dans laquelle semble déjà s’inscrire le ministre des sports et des loisirs. En effet, M. PATALET Géo annonce tout de go aux sportifs, que le Président Mahamat Idriss DEBY ITINO a promis de débloquer 30 milliards de FCFA pour répondre au manque des infrastructures répondant aux normes de grandes compétitions. De plus, il assure et rassure les présidents des fédérations sportives réunis, que le chef de l’Etat a instruit le ministre des finances et des comptes publics, de mettre à la disposition de son département un budget conséquent, pour relancer les chantiers des stades arrêtés, et voir la possibilité de construire d’autres nouveaux.

Le mouvement sportif et les acteurs du sport tchadien voudront bien croire aux affirmations du ministre. Mais, celui-ci sait-il que depuis toujours, le budget voté de son ministère n’avoisine pas les 10 milliards et qu’il sera tenu de rester dans le programme de politique générale du gouvernement. Quelles que soient les annonces et les assurances, la réalité est qu’il manque cruellement des espaces de pratique sportive et de loisir : stade Idriss OUYA encore en chantier ; l’hippodrome de Ndjamena toujours fermé ; et le stade omnisport de Mandjafa, peine à avancer.

La conséquence de tous ces manques s’est traduite par cette gifle qui vient d’être administrée au football tchadienne par l’UNIFFAC. Peu importe les raisons invoquées, c’est un échec  de plus, qui ne peut être banalisé ou mis sur le compte des micmacs, vrais ou supposés, pratiqués dans le football africain. Cette disqualification peut être imputable à un manque de vigilance et surtout, à cette l’impression que se donnent certains membres du CONOR, de connaitre le football tchadien et le football international. Mais en réalité, ils cachent leurs limites et celles de cette normalisation. Car, gérer seul l’ensemble de ces affaires courantes qui relèvent du  programme d’actions de l’ancienne Fédération Tchadienne de Football Association (FTFA), n’est pas si simple.

Bien qu’appuyé dans ses missions par le secrétaire général et le DTN de la FTFA, le CONOR semble décider seul des choix stratégiques. Ainsi, il ne s’est focalisé tout le long de son 1er mandat, que sur la participation aux compétitions. Son vice-président justifie ce choix comme le souhait de la FIFA de voir le ballon roulé au Tchad. Soit. Mais, faute de bilan connu, les résultats enregistrés par les SAO (toutes catégories confondues) et les clubs tchadiens dans les compétitions africaines, laissent perplexe les amoureux du football tchadien sur la réussite attendue de cette normalisation.

D’ailleurs, la mission FIFA/CAF, effectuée au Tchad du 04 au 07/09/2022, pour faire le point sur les réalisations et relancer les étapes clés de cette normalisation, s’est bien rendue compte de cette situation. Ce qui explique peut-être, qu’elle ait jugé nécessaire malgré tout, d’accorder une rallonge de 6 mois au CONOR. Mais, pour ne pas laisser le football tchadien dans une normalisation qui ne semble en prendre le chemin, il est de la responsabilité de la FIFA/CAF et du devoir des autorités tchadiennes, de veiller à la réalisation des étapes restant du cahier des charges, et au respect strict du délai accordé. L’organisation de l’assemblée générale élective devient impérative, et reste la seule alternative qui consacrera le retour à l’ordre fédéral du football tchadien.                                                                                                                

                                                                                                                    BANGALI DAOUDA Boukar

                                                                                                                    Bureau d’études et conseils en sport

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