En visite à Paris, le Premier ministre tchadien a promis que le gouvernement se donnerait les moyens de « déterminer les responsabilités » dans la mort du président du PSF.

Dans un entretien à Radio France internationale (RFI) le 4 mars, le Premier ministre tchadien, Succès Masra, a promis qu’une « enquête de type international » serait menée par son gouvernement pour « déterminer les responsabilités » dans la mort du principal opposant à la junte, tué dans un assaut de l’armée contre son parti. Le Parti socialiste sans frontières (PSF) a accusé l’armée d’avoir « exécuté » son président Yaya Dillo Djerou.

Le reste de l’opposition a invoqué un « assassinat » pour l’empêcher de se présenter à la présidentielle dans deux mois et Human Rights Watch (HRW) a réclamé une « enquête indépendante » avec « une aide étrangère » sur le « meurtre » du rival et cousin du président de transition, le général Mahamat Idriss Déby Itno. « Le gouvernement s’est engagé à mener une enquête de type international qui permettra de situer les responsabilités à tous les niveaux. Il y a des photos, mais il y a un film, le film des événements », a déclaré le Premier ministre Masra, en visite à Paris.

« Il a été exécuté à bout portant »

Yaya Dillo Djerou a été tué dans l’assaut par l’armée du siège de son parti à N’Djamena « parce qu’il refusait de se rendre » et a « lui-même tiré sur les forces de l’ordre », avait affirmé le ministre de la Communication Abderaman Koulamallah, niant « toute exécution ». « Il a été exécuté », « à bout portant », d’une balle dans la tête, avait auparavant affirmé à l’AFP Robert Gamb, porte-parole du PSF. Koulamallah affirme que l’assaut a fait sept morts : quatre militaires et trois dans le camp de Dillo.

Des photos, que l’AFP a pu consulter, circulent parmi les proches du leader d’opposition, mais non authentifiées, montrant de gros plans sur la tête de la dépouille d’un homme ressemblant trait pour trait à Dillo, un petit orifice net entouré d’un halo noir en plein milieu de la tempe droite. « HRW a examiné plusieurs photos transmises par une source fiable proche de Dillo, montrant celui-ci mort et portant la trace de l’impact d’une seule balle dans la tête », écrivait aussi l’ONG.

« Les circonstances du meurtre de Yaya Dillo ne sont pas claires, mais sa mort violente illustre les dangers auxquels font face les politiciens de l’opposition au Tchad, en particulier à l’approche d’élections », avait conclu HRW à deux mois de la présidentielle du 6 mai pour laquelle Mahamat Idriss Déby Itno a annoncé sa candidature le 2 mars.

AFP

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