19 janvier 2026 #TCHAD #Tension à Korbol : les autorités locales appellent au dialogue
Le département de Korbol, dans la province du Moyen-Chari, est secoué par des affrontements opposant un groupe armé à l’Armée nationale tchadienne. Face à cette situation sécuritaire préoccupante, le Délégué général du gouvernement auprès de la province du Moyen-Chari, Abdramane Ahmat Bargou, a fait ce samedi 17 janvier 2026 un point de presse afin d’informer l’opinion nationale et internationale des actions entreprises par les plus hautes autorités du pays pour rétablir la paix et préserver le vivre-ensemble.
Selon le Délégué général du gouvernement, les tensions dans la zone ne sont pas nouvelles. Elles remontent au mois de mars 2024, à la suite de violents incidents ayant opposé des eléments rebelles à des membres d’une communauté arabe dans la sous-préfecture de Baltobaye. Une mission gouvernementale avait alors été dépêchée sur le terrain pour apaiser les tensions et procéder au désarmement des civils et des combattants. « Plus de 200 armes ont été retirées des mains des civils lors de cette opération », a rappelé Abdramane Ahmat Bargou.
Un dialogue non concluant
Concernant les éléments rebelles, Abdramane Ahmat Bargou explique que plusieurs cadres originaires de Korbol, ainsi que des chefs de canton, avaient sollicité un délai de deux mois afin d’entrer en contact avec ces hommes armés en vue de les convaincre d’adhérer au processus de désarmement. « Le chef de l’État, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, nous a toujours instruits de privilégier la négociation. Il ne souhaite plus voir le sang couler au Tchad », a fait savoir le Délégué général.
Il ajoute que plusieurs tentatives de dialogue ont été engagées, notamment à travers une mission conduite par le chef d’état-major général des armées, ainsi qu’une autre menée par la Médiature nationale. Mais selon les autorités, ces initiatives se sont heurtées à de nombreuses difficultés.
Abdramane Ahmat Bargou indique également qu’une proposition de négociation a été faite au chef rebelle, un certain Ramadan, afin qu’il accepte des discussions directes avec le chef d’état-major de l’armée nationale tchadienne, à l’image du processus engagé à Miski. « Dans un premier temps, il s’était montré favorable aux pourparlers », a-t-il expliqué. Cette ouverture avait conduit le chef d’état-major a se rendre personnellement à Korbol pour engager les discussions.
Ramadan avait alors désigné le chef de canton de Korbol, le sous-préfet de Korbol et celui de Wamssaou comme intermédiaires. Leur mission était de trouver une issue pacifique aux violences qui compromettent la quiétude des populations et freinent le développement local. Toutefois, la situation a rapidement dégénéré. « Dès le deuxieme jour, il a fait arrêter les émissaires et les a retenus comme prisonniers. Il a clairement fait savoir qu’il n’était plus disposé à négocier, mais prêt à faire la guerre », a regretté le Délégué général, qui affirme lui avoir personnellement rappelé que la violence n’est pas une solution.
Pour Abdramane Ahmat Bargou, la présence actuelle de l’armée nationale tchadienne à Korbol vise avant tout à assurer la protection des personnes et de leurs biens, afin de permettre un retour au calme. Il estime par ailleurs que ce groupe armé bénéficie de soutien extérieurs. « Ce genre de comportement ne mène à rien. Seul le dialogue peut garantir la paix et la stabilité », a-t-il conclu.( TI)
Tchadanthropus-tribune
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