Il n’y a plus d’accord. TOGOÏ Oya décide de rétirer le comité d’auto-Défense de Miski de tout accord.

Le 7 septembre, le comité d’auto-défense de Miski (Tibesti) s’est retiré de l’accord de paix qui le liait au gouvernement depuis novembre 2019. Un nouveau contretemps pour Idriss Déby Itno et sa stratégie minière, dont Jeune Afrique vous dévoile les dessous.

Le bras de fer a repris entre Idriss Déby Itno (« IDI ») et Togoï Oya, le commandant du comité d’auto-défense de Miski. Sous l’impulsion de ce dernier, les notables rebelles du comité du Tibesti ont décidé, lors d’une réunion le 7 septembre à Miski, de se retirer du fragile accord de paix qui les liait au gouvernement depuis novembre 2019.

Selon nos sources, le comité d’auto-défense de Miski reproche avant tout au pouvoir central de N’Djamena de vouloir mettre la main sur la manne aurifère de la région. Depuis plusieurs années, Idriss Déby Itno compte en effet sur le potentiel minier du Tibesti pour combler le déficit budgétaire de son pays lié à la chute des revenus pétroliers.

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Le président a envoyé plusieurs émissaires dans la région : l’ex-président Goukouni Weddeye et le général Oki Dagache, tous deux Toubous, le ministre délégué à la Défense, Mahamat Abali Salah, le directeur général des Douanes (et neveu du chef de l’État), Charfadine Abdelkerim ou encore son fils et directeur de cabinet adjoint Abdelkerim Déby Itno.

IDI a pour objectif d’attirer des « majors » minières, après avoir sécurisé le terrain – et limité les activités des orpailleurs locaux et étrangers – grâce à l’armée et à la Direction générale des services de sécurité des institutions de l’État (DGSSIE), que dirige son fils, Mahamat Idriss Déby. Ce dernier a été envoyé plusieurs fois en mission à Miski, mais ses relations avec les notables Toubous restent mauvaises.

Des sociétés liées à la famille Déby.

Plusieurs des sociétés présentes dans le Tibesti sont intimement liées à la famille du président. Parmi elles, GMIA Minerals, présente dans la région grâce à un permis d’exploration accordé par N’Djamena en juillet 2014. Celle-ci dispose de fonds en provenance d’Afrique du Sud. Elle est d’ailleurs officiellement dirigée par le Sud-Africain Albert Matthews.

Mais, selon nos sources, l’administration de GMIA Minerals compte surtout dans ses rangs l’ancien directeur général des Douanes et ex-patron du Bureau national du fret Osman Oume Dindima. Ce dernier est également le beau-fils de Daoussa Déby Itno, le frère aîné d’IDI, ancien ministre plus connu pour ses activités d’homme d’affaires dans le BTP.

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Très présent dans les mines, il entretient des liens privilégiés avec des investisseurs d’Afrique du Sud (où il a lui-même investi dans l’immobilier). Il avait été reçu, le 14 février 2020 en compagnie d’Albert Matthews, par Idriss Déby Itno pour signer un mémorandum d’entente entre GMIA Minerals et la Société nationale des mines et de la géologie.

Une autre société, ADTM, active sur le site aurifère de Kouri Bougoudi, a pour directeur Bokhit Bahar Mahamat Itno, neveu du président. Selon nos informations, ce dernier a reçu en juin l’appui de la brigade minière du Tibesti, laquelle est chargée de stopper les activités des orpailleurs sur les sites attribués à ADTM. Bokhit Bahar Mahamat Itno est le frère du général Ousmane Bahar Mahamat Itno, commandant de la force mixte Tchad-Soudan.

Tchadanthropus-tribune avec Jeune Afrique

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