De sources dignes de foi, le ministre de la Défense ABALI Salah devrait rentrer dimanche soir du Tibesti avec un goût amer. Sur l’ensemble des chefs de cantons

Le ministre de la Défense et à la Sécurité Abali Salah serait rentré ce dimanche du Tibesti avec un goût amer et un sentiment d’objectif inachevé. Sur l’ensemble des chefs des cantons qui devraient venir à sa réunion du 25 octobre 2019, deux simplement se sont présentés. Le ministre de la Défense (ABALI Salah) n’aurait pas informé son homologue de l’administration du territoire (Mahamat Ismaïl Chaïbo) qui aurait à son tour demandé à cesdits chefs de cantons de ne pas se rendre à cette convocation sans l’accord de son ministère.

ABALI Salah se retrouvait le 25 octobre dernier avec deux chefs de cantons et deux préfets qui n’ont pas manqué de dire au ministre de la Défense tout le mal qu’ils pensaient de l’état d’urgence et la situation militaire dans la zone de Miski. De son côté, le ministre de la Défense n’a pas lésiné de tancer son audimat en des termes forts et crus, des fois plus graves comme le révèlent nos confrères de Toubou média. “ « (…) Si quelqu’un menace le gouvernement, il me trouvera en face à 100%. Même si mille militaires meurent, l’Etat s’en fiche complètement, il en verra encore d’autres. Seules les mères de ces militaires pleureront, personne d’autre. Si cent voitures sont détruites, ça nous dit rien, ce n’est pas notre argent, c’est l’argent de l’Etat (…). C’est vous, les populations du Tibesti, qui allez souffrir d’une guerre (…). Des gens qui sont en France, des irresponsables qui n’arrivent pas à prendre la responsabilité de leurs familles crient depuis là bas et vous poussent à mourir ici (…). Ne dites surtout pas que vous êtes des rebelles, même les rebelles se sont ralliés pour avoir la paix “, a mis en garde le Général de corps d’armée Mahamat Abali Salah

Dans l’analyse qui suit, nous observons un manque de solidarité gouvernementale de la part du ministre de l’Administration du territoire, car si ses décisions sont avérées n’aident pas au règlement du conflit au Tibesti. Le ministre de la Défense devrait de son côté associer toutes les parties prenantes (ministère, région, commune, chefferie traditionnelle) pour mener à bien sa mission. Mais lui saper le travail quand cela doit permettre de trouver une issue aux populations du Tibesti n’est point une raison. Il faut des fois savoir mettre son égo de côté pour le bien de tous, mais cela n’entre point dans la philosophie des membres du gouvernement d’Idriss Déby qui foisonne de rivalité et de manque de tact.

Entre ces deux membres du gouvernement de Déby, la bataille aurait commencé très tôt sur d’autres sujets qui n’ont rien à voir avec l’aspect politique qui touchent tous les Tchadiens. Sans doute, fort de ces émotions que l’aspect social a pris le dessus sur l’aspect politique, mais les perdants de cette affaire sont les populations du Tibesti.

Idriss Déby observe depuis ses tanières les faits qui s’y déroulent, et sûrement ne manquera pas de sanctionner le moment venu. Pour l’instant il se délecte des punchlines de ses poulains, lui qui est un orfèvre de la division.

Pendant la rencontre presque avortée de la réunion voulue par le ministre de la Défense à Bardaï, deux préfets se sont illustrés sur le message pendant leurs prises de paroles. Sougui Madou, le préfet de Tibesti Ouest n’a pas manqué de dire ô combien sa frustration face à la situation militaire au Tibesti.

Lors de sa prise du pouvoir, Déby a laissé entendre qu’il n’a amené ni or, ni argent, mais la démocratie. Mais la situation actuelle au Tibesti ne tient pas compte de sa démocratie. Quand il a décidé de rattacher Yébibou et Miski au Borkou, il n’a pas tenu compte de notre avis, et ce même pendant la rencontre des chefs de cantons à Amdjaress. Cela fait 1 an qu’il a fait un blocus militaire complet sur la zone, et cela est inacceptable ni vis-à-vis de Dieu ni envers la population du Tibesti. Je vais abréger mon discours avant que je ne sois amer. Si Déby persiste dans sa logique de guerre, il faudrait qu’il le fasse en me passant dessus avant de continuer “.

Adili Wardougou, le préfet de Tibesti Est avait afflué dans le même sens. C’est sans doute ce qui a poussé ABALI Salah à vouloir par ses termes faire valoir l’autorité de l’État. Sauf que certains de ces propos en langue Gorane et traduits grâce à Toubou média, sont hors contextes et assez graves.

Quoi qu’il en soit, la situation au Tibesti est observée avec intérêt par tous les politico-militaires qui attendent une ouverture de portée nationale avec le comité d’auto-Défense de Miski pour constituer un vrai groupe politico-militaire avec des revendications nationales.

La communauté internationale regarde aussi de près l’évolution de la situation à cause de la proximité de la zone avec la Libye. Le mutisme total du gouvernement tchadien fait comprendre qu’il n’arrive pas encore à bout d’un groupe d’insurgé dans une partie du Tchad, et aussi à cause de plusieurs défaites sur le terrain militaire. Seul un vrai dialogue et une justice équitable permettront d’apaiser les tensions au Tibesti et dans l’ensemble du pays.

Tchadanthropus-tribune

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