La situation dans la journée de 13 avril 2021.

De source concordante, la situation militaire à l’extrême nord du Tchad est relativement calme en dehors des survols réguliers des avions de reconnaissance de Barkhane. Un accord de coopération militaire lie la France au Tchad depuis 1976, c’est ce qui permet aux avions qui survolent l’espace aérien du Tibesti, d’informer l’état-major d’Idriss Déby sur le nombre d’hommes et de matériels que dispose la rébellion tchadienne du FACT, y compris les diverses formations insurrectionnelles qui sévissent dans la région.

Si hier, juste après le passage des avions de reconnaissance de Barkhane, les hélicoptères de Déby ont ciblé des objectifs logistiques, aujourd’hui par contre il n’y a pas eu de frappes sur la position des rebelles tchadiens. Les avions de reconnaissance continuent d’inonder le ciel du Tibesti sans qu’il y ait d’intervention.

De l’avis des observateurs militaires avisés, l’état-major de Déby muni des renseignements de l’aviation est entrain de se déployer tactiquement autour de la zone libérée par les forces révolutionnaires des FACT, l’armée de Déby attendra le moment opportun pour mener sa contre-offensive.

Barkhane et l’armée française observent sans intervenir directement.

La réponse froide de l’intendance Barkhane à Idriss Déby sur le fait d’attendre l’aval de Paris pour bombarder les hommes du FACT a pris de court Idriss Déby et son état-major. Le dictateur tchadien pensait que juste à sa demande les mirages français allaient entrer dans la danse, mais cette fois-ci la donne est différente, tout comme le discours établi.

Dans le cas l’UFR, le terme « forces terroristes » a été employé directement par l’armée française sachant pertinemment que ce n’est pas le cas.

Dans le cas actuel, la France à travers son communiqué n’a pas suivi bêtement la propagande du régime Déby dans sa véhémence d’index « terroriste ». Donc, Il est clairement défini par l’instance française que c’est une affaire tchado/tchadienne. L’ingérence française n’a pas lieu d’être d’autant plus que même des députés français sont montés au créneau pour demander à Emmanuel Macron de ne pas intervenir en faveur du dictateur Idriss Déby qui vient d’être désavoué dans les urnes.

Idriss Déby suit l’évolution de la situation de près.

La surprise générale vient des hommes de Déby dans certaines garnisons du nord qui refuse de se battre. D’après nos informations, le travail de sape effectué par le staff de Yaya Dilo sur certains officiers aurait prévalu. C’est ce qui inquiète dans un 1er temps Idriss Déby qui a fini par dépêcher très vite une partie des bataillons de sa garde rapprochée vers le nord avec à leur tête son fils et commandant de sa garde rapprochée Mahamat Kaka, suivi de Kerenkeno, son chef d’état-major général des armées.

Dans la journée de lundi 12 avril 2021 jusqu’au soir, 473 véhicules militaires, intendances, logistiques et artilleries ont quitté N’Djamena, direction le nord du Tchad.

Ce lundi et mardi dans la journée, nous assistons à une guerre de communiqué de part et d’autre, mais les informations qui viennent du côté FACT sont à prendre au sérieux sur certains points. Le simple fait que le régime n’a pas pu faire tout de suite une offensive claire pour assoir sa suprématie indique que le régime Déby est en défaveur.

Seul bémol est la zone éloignée de la capitale qui laisse le régime sur son calme et qu’il n’y a pas de panique. Mais les habitants des villes proches des zones investies par le FACT restent très inquiets. 

Si le régime Déby se déploie en hommes et en intendance, le FACT n’est pas de moindre, tactiquement les hommes sont bien en place. Dans leur ensemble ces hommes sont bien armés dans une zone est rocailleuse, et elle n’est pas facilement accessible comme certains le pensent. 

Toutefois, les jours qui vont suivre seront pleins d’enseignements, mais vivement que le changement arrive.

Tchadanthropus-tribune

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